Sirāt a reçu de nombreuses récompenses suite à sa présentation au Festival de Cannes. Il est notamment reparti de la Croisette avec le Prix du jury (obtenu ex-aequo avec Sound of Falling de la réalisatrice Mascha Schilinski), le Prix Cannes Soundtrack et le Grand Prix de la Palm Dog. En outre, il a également obtenu une mention spéciale des cinémas art et essai.
Le titre du film est à comprendre de deux manières. D’un côté, il peut se traduire par "chemin" ou "voie", en arabe. Dans le film, ce chemin à deux dimensions (physique et spirituelle). D’un autre côté, le terme désigne également le pont qui relie symboliquement l’enfer et le paradis.
Pour Sirāt, Oliver Laxe s’est notamment inspiré de la manière dont le réalisateur iranien Abbas Kiarostami a abordé la question de la mort dans Le Goût de la cerise. Une approche qui finissait par être, paradoxalement, une ode à la vie. Cette dialectique a été la sienne sur Sirāt, qui peut à la fois être vu comme un film sur la mort mais également comme une œuvre sur la vie.
La réalisation de Sirāt s’est révélée être un voyage extrême pour Oliver Laxe. Plus que les conditions de tournage en plein désert, ce qui a finalement été le plus compliqué pour le réalisateur a été la mise en relation avec sa propre fêlure, à laquelle il a dû se confronter.
À l’exception de Sergi Lopez, le cinéaste a surtout dirigé ici des comédiens non professionnels. Ce qu’il a particulièrement apprécié puisqu’ils correspondaient parfaitement à l’état de vulnérabilité qu’ils avaient en tête pour ses différents personnages. Des émotions qui, d’après lui, sont difficiles à obtenir lorsque l’on dirige un acteur chevronné.
Tous les films précédents d’Oliver Laxe ont été distingués au Festival de Cannes. Son premier long-métrage, Vous êtes tous des capitaines, a reçu le Prix Fipresci à la Quinzaine des Cinéastes en 2010. Son film suivant, Mimosas, a reçu le Grand Prix de la Semaine de la Critique en 2016. Enfin, son troisième long-métrage, Viendra le feu, a été couronné du Prix du Jury Un Certain Regard en 2019.
Le film a été tourné au Maroc, plus précisément dans le massif désertique du Saghro, à l’est d’Ouarzazate.
Parmi les différents producteurs du film, il y a notamment Pedro Almodovar et son frère Agustin avec leur société de production, El Deseo.
Sirāt est le premier film d’Oliver Laxe sur lequel parie une chaîne espagnole, en l’occurrence Movistar Plus+. Un soutien de taille qui a très tôt saisi ce que le réalisateur souhaitait faire.
Une fois n’est pas coutume, Oliver Laxe a travaillé avec ses fidèles collaborateurs, parmi lesquels son coscénariste Santiago Fillol, son directeur de la photographie Mauro Herce, sa costumière Nadia Acimi ou encore ses producteurs Xavi Font, Mani Mortazavi et Andrea Queralt.
Sirāt marque la collaboration d’Oliver Laxe avec David Lettelier, alias Kangding Ray qui signe la musique. Une collaboration qui a été importante pour le cinéaste, qui ne s’était jamais exprimé musicalement avec une telle précision. Son idée de départ était de faire un voyage sonore en partant d’une techno brute et viscérale pour aller progressivement vers quelque chose de plus épuré et immatérielle, comme si le son venait se désagréger.
Oliver Laxe voit Sirāt comme son film le plus ouvert mais également comme le plus radical. Au moment de la préparation, il souhaitait que ce soit un grand spectacle tout en étant une véritable expérience venant érafler intimement le public au cours de la projection.
Avec Sirāt, Oliver Laxe a souhaité évoquer le goût du crépuscule de manière assez originale. En effet, dans le film, le crépuscule peut également être source de lumière. Les protagonistes sont amenés à regarder à l’intérieur d’eux-mêmes pour faire un travail d’introspection. L’une des idées principales du cinéaste était que de l’obscurité pouvait jaillir un flot de lumière.