Etrange film que ce Summoning, the spirit, métrage qui tout en étant à priori horrifique fait le choix bizarre d’être davantage un film sociétal. A croire que c’est la mode de doper les films d’horreur d’un gros fond psychologique et sociétal, comme si ce n’était plus la norme d’offrir ce genre de film pour du spectacle gore, des accès de violence, de la tension et plus simplement, du divertissement sans prise de tête. Ok, pourquoi pas, mais alors il faut trouver un juste milieu, car ici, on se coltine quand même un métrage d’1 heure 40 pour exactement 2 minutes vaguement horrifiques à la fin ! Le film se concentre en effet essentiellement sur une histoire de secte et les contacts de cette secte avec un couple ayant perdu un enfant. On explore les difficultés de ce couple, la vie dans la secte et leur inévitable rapprochement ou tension. En soi il y a du contenu, des idées, ça aurait pu être appréciable pour ce que c’est si l’affiche ne mettait pas en énorme un Yéti, si on ne voyait pas le yéti régulièrement dans le film en train de se balader en forêt et de s’emmerder royalement comme le spectateur en fait ! On nous promet un film de monstre, donnez nous du monstre ! Ou alors assumez d’être juste un film de secte et pourquoi pas, c’était suffisant. Cela dit cette partie du métrage ne convainc pas complètement non plus. La mise en scène s’avère souvent limitée et par exemple il y a une séquence de danse au ralenti à la manière du clip Dégénération de Mylène Farmer qui prête à sourire, comme pas mal d’autres scènes. Cette secte hippie baba cool pas si cool apparaît parfois comme risible, et c’est également le cas de la fin, franchement grotesque. La séquence gore est terriblement mal filmée, et les plans de conclusion, c’est débile ! Quel dommage !
C’est dommage car sinon il y a de beaux décors forestiers, une photographie soignée, une ambiance légèrement onirique qui fonctionne bien, et l’interprétation est également très convaincante. L’interprète de Carla est brillante, mais de manière générale les deux acteurs du couple rendent bien les émotions de leurs personnages qui sont souvent contradictoires et complexes. Les seconds rôles sont plutôt bien campés aussi, et je dirais que le film est surtout porté par son interprétation.
Summoning, the spirit est donc un film bizarre, qui semble se vêtir d’une couleur fantastique horrifique pour des raisons marketing, mais en semble finalement très encombré vu qu’il se fiche de son yéti et de l’horreur. Avant tout dérive d’un couple aux prises avec une secte, on sent de l’influence de King Kong dans cette histoire, mais où le Kong serait une sorte d’entité errante durant tout le film avant d’apparaître 2 mn avant la fin histoire de justifier le titre. Pas mal fichu dans sa globalité, malgré une mise en scène aux fraises dès qu’il y a de l’action ou des séquences un peu hors du commun à réaliser, le film reste cependant un assemblage Frankenstein pas réellement convaincant. Dommage. 2.5