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Arthur Brondy
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3,0
Publiée le 2 juin 2025
En Sicile, au début des années 2000, un ancien homme politique corrompu sort de prison. Toute sa vie, il s’est mêlé aux combines, et dès sa sortie, il va être au milieu d’une quête d’un mafieux en cavale. Le scénario est efficace, c’est haletant. Un bon film.
Sur l'affiche de " lettres siciliennes" une phrase tirée d'une critique professionnelle invoque " une farce" pour définir rapidement le ton de ce film de mafia. Il n'en est absolument rien et c'est même ( de mon point de vue ) un contresens total.
En réalité on a surtout affaire à une tragédie et elle est de taille : celle d'une région dirigée par une apparence de démocratie, en vérité gangrenée de la tête aux pieds par des forces illégales et criminelles.
Le sujet n'est pas récent et à été traité de façon récurrente par le cinéma italien et notamment par le maître du genre, tout au long de sa filmographie, le regretté Francesco Rosi.
Si " lettres siciliennes" n'est pas dénué de qualités ( photo, sens de la mise en scène et de la direction d'acteurs ), il comporte un défaut majeur, son scénario.
Il faudra au spectateur est particulièrement attentif aux dialogues de certaines scènes afin de ne pas quitter la salle en ayant le sentiment d'avoir perdu quelque chose en route ( un peu comme les personnages)
Précisons aussi que les scènes d'actions, figures imposées, traditionnelles dans l'exploration de ce genre cinématographique, sont ici presque totalement absentes.
On a finalement affaire à un film psychologique aux contours criminels, ou la symbolique du puzzle ( le spectateur qui le verra comprendra) n' est qu'une métaphore d'un contexte manipulateur et paranoïaque ou même celui qui pense avoir le pouvoir, n'a jamais entre les mains toutes les pièces et surtout pas l'ultime.
Film que je suis allé voir sur une opportunité horaire et que j'adoré. Photographie, scénario, montage et interprétation tout est ciselé et assemblé avec soin et une pointe d'humour. Car pour ne pas verser dans le film de sang, le regard du réalisateur sur le milieu de la mafia sicilienne est emprunt d'humour et même de burlesque. C'est ce bel équilibre qui fonctionne à l'écran
Un très bon film sur le pouvoir de la mafia en Sicile et très bien mis en scène ! Une œuvre cinématographique complexe et particulièrement bien filmée , naturellement. Des bons comédiens qui excellent de manière positive........ Cordialement. Gérard Michel
Lettres siciliennes n'est pas une histoire de mafia mais un bras de fer épistolaire. Plus qu'un face à face, c'est 2 équipes dont chaque membre joue sa propre partition. L'ambiance pesante est créée par quelques angles de vue singuliers, ou des plans fixes d'attente sur des objets, ainsi qu'une musique tirant sur l'oppressant. Les jeux de Elio Germano (Matteo) et Toni Servillo (Catello) sont parfaits. Le scénario est assez convenu, certes mais la richesse de ce film est dans les personnages et surtout il jouit d'une très belle esthétique.
Une pellicule au rythme enlevé, sans temps mort mais au contraire plein de rebondissements et qui nous met au coeur de la lutte contre les familles mafieuses. Ce qui ne gâte rien, il n'est pas dénué d'humour. Un bon moment assurément.
Voilà un film qui oscille sans cesse entre dérision, voire grotesque, et sérieux. Soit une histoire de mafieux et de rédemption dans la Sicile du début des années 2000 largement contée sous forme de flashback. Le tout se passant dans l’ombre pendant la quasi totalité du film. Les acteurs sont tous très bons (mention spéciale à Toni Servillo). On aurait adoré aimer Lettres Siciliennes, la déception est à l’aune de l’attente suscitée par la BA.
Film vu en avant-première dans la magnifique salle des trois Pierrots de Saint Cloud, j’ai bien aimé le scénario, les dialogues, et surtout ce remarquables comédien qu’est Toni Servillo !
On le sait, dès que l’on approche la mafia, le monde devient lourd, menaçant. La loi du silence. Parler, écrire, sont des actes dangereux qui engagent. Un puzzle où il manque une pièce se transforme en affaire d’état cristallisant les passions humaines. Un enfant oublié devient un traquenard. Un regard, un mot, une tension érotique ou mortelle. Le film décrit une Sicile figée, terrassée par la peur, qu’incarne le gendre pusillanime. Toni Servillo en patriarche corrompu, repenti, déchu, est parfait en politicien veule qui veut retrouver sa superbe. Son intelligence et son talent épistolaire sont réels, ils vont être utilisés par les services secrets pour traquer le gros poisson mafieux. Le visage d’Elio Germano est glaçant comme un serpent. Daniela Marra, la fliquette garçon manqué serait presque le seul et maigre espoir de retour à la vie.
Entre tragédie intime et réflexion politique, le film est intéressant par ses partis pris esthétiques et son atmosphère singulière. Toutefois, cette richesse formelle et thématique finit parfois par diluer sa puissance, donnant une œuvre aussi fascinante qu’imparfaitement maîtrisée.
Une manière de filmée incroyable , avec des paysages et des acteurs mis en valeur, une histoire très prenante. Et surtout des dialogues d’une finesse incroyable. Un très bon film.