Ce film est présenté en sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2024.
Halfdan Ullmann Tøndel est le petit-fils de l’actrice Liv Ullmann et du réalisateur Ingmar Bergman.
Si Halfdan Ullmann Tøndel a travaillé pendant plusieurs années dans une école primaire, il a surtout eu le déclic pour son film en entendant parler d’un professeur de primaire ayant été faire du camping avec sa classe. Deux garçons de six ans se sont alors disputés, en tenant des propos que seuls des adultes pouvaient proférer. Devant la manière dont la société assimile souvent les enfants à leurs parents, le cinéaste a trouvé peu à peu le sujet de son long-métrage, et a sondé notre manière de gérer les conflits.
Le sujet de La Convocation oscille toujours entre deux entités opposées, comme le réalisateur le raconte : "La plupart des scènes du film concernent des situations dont les limites sont floues et des zones grises dans lesquelles on a du mal à se repérer : vérité ou mensonge ? Victime ou agresseur ? Coupable ou innocent ? Jeu ou violence réelle ? La frontière entre bien et mal n’a jamais été aussi brouillée."
Le film se déroule dans une école dans son entièreté, afin d’accroître "la claustrophobie du spectateur" selon Halfdan Ullmann Tøndel. Le cinéaste avait dès l’écriture une vision très précise de cette école, mais a dû se détacher progressivement de son imaginaire pour se focaliser davantage sur l’école choisie en guise de décors. Chaque salle est différente, afin que le spectateur perde ses repères. Le réalisateur voulait même tourner dans des toilettes différentes à chaque fois, mais comme les contraintes étaient trop importantes, il s’est résolu à n’utiliser qu’un seul espace, construit spécialement pour le film.
Halfdan Ullmann Tøndel a voulu que le spectateur soit actif en regardant La Convocation. Ainsi, il a volontairement étiré certaines scènes, comme celle où le personnage d’Elizabeth se met à rire, afin de provoquer une réaction dans le public, même si c’est l’humour ou la gêne.
Au départ, la scène au cours de laquelle Elizabeth danse avec Emmanuel, l’agent d’entretien, devait seulement durer 30 secondes. Mais sur le plateau, les deux acteurs campant les personnages et le chorégraphe Sigyn Åsa Sætereng ont créé une véritable chorégraphie qui a plu au réalisateur, et qui fait que la scène a été allongée. C’est également l’unique séquence du film qui n’a pas changé depuis le premier montage.
La comédienne Renate Reinsve a immédiatement cru au projet dès 2016, avant même qu’il ne porte un titre ni de connaître l’univers dans lequel il se passerait. Elle a ensuite été emballée par la première version du scénario, mais à plusieurs reprises, Halfdan Ullmann Tøndel a fait face aux réticences du Norwegian Film Institute qui ne voulait pas lui accorder de financement. C’est alors que Renate Reinsve a reçu le Prix d’interprétation féminine à Cannes en 2021 pour Julie en 12 Chapitres. Le soir-même, l’actrice a envoyé un SMS à Halfdan Ullmann Tøndel pour lui dire, enthousiaste, que cette récompense allait pouvoir booster les financements de son film, ce qui s’est avéré juste.
Halfdan Ullmann Tøndel a puisé dans sa cinéphilie pour élaborer La Convocation. Il s’est inspiré de Luis Buñuel pour sa manière de construire une intrigue satirique, mais aussi de son film L'Ange Exterminateur pour créer des murs invisibles qui enferment les personnages. Par ailleurs, les interruptions constantes dans La Convocation (saignement de nez, alarme incendie) font références au diner interrompu dans le Charme discret de la bourgeoisie. Enfin, il a puisé dan le travail de Pina Bausch pour élaborer sa dernière séquence chorégraphiée.
Outre Renate Reinsve, le réalisateur a travaillé avec le directeur de casting Jannicke Stendal et a auditionné de nombreux acteurs, tous très différents.
Une fois le casting arrêté, les acteurs choisis ont longuement répété ensemble en amont. Une étape cruciale pour Halfdan Ullmann Tøndel, qui s’est même servi de certaines répétitions pour réécrire des scènes en fonction des acteurs. En outre, il a beaucoup discuté avec chacun d’entre eux afin de savoir comment ils abordaient les personnages.