389 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
45 critiques spectateurs
5
3 critiques
4
19 critiques
3
17 critiques
2
4 critiques
1
0 critique
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
lucyinthesky4
283 abonnés
102 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 24 juillet 2010
Un remake avoué du mélo de Sirk, "Tout ce que le ciel permet" (relation entre une femme âgée et un homme beaucoup plus jeune, et la façon dont réagit leur entourage), mais transposé en Allemagne dans un milieu social modeste, et auquel Fassbinder ajoute la problématique du racisme puisque le jeune homme est Marocain. Un film d'une immense pudeur et d'une grande intelligence, histoire d'amour dramatique autant que chronique sociale acérée. Très émouvant.
D'un point de vue artistique, c'est une très bonne réalisation, MAIS... d'un point de vue idéologique ça vaut 0 : film ultra raciste envers les blancs. Ce film se veut de dénoncer le racisme mais à coup de clichés stéréotypés et sans nuances sur les blancs (ici les allemands) donc ce film utilise exactement la méthode du racisme qu'il veut dénoncer. C'est tout simplement le film le plus raciste que je n'ai jamais vu.
Un beau film sur la tolérance et l'isolement. Le couple formé est tendre et leur rencontre l'est aussi. Des clichés peut-être mais une image positive renvoyée sur le bonheur au-delà de tout et de tous.
La rencontre entre un immigré marocain et une veuve plus âgée dans l’Allemagne des années 70. Un mélodrame social puissant et touchant qui illustre le racisme ordinaire d’une société intolérante et pleine de préjugés.
Fassbinder est ici plus que jamais subversif. La provocation a certes perdue un peu de sa force avec le recul, mais le thème abordé, l'incongruité de cet amour incorrect socialement restent un témoignage incisif de la remise en cause d'une Allemagne bien pensante, située à dessein en Bavière. La mise en scène est théâtrale, les personnages sont figés dans leurs certitudes et le quant dira-t-on. Le rouge estampille l'image et les couleurs vives n'offrent pas de nuances, les acteurs sont souvent filmés entre deux portes verticales, coincés dans des cases. "Le bonheur n'est pas gai" dit le préambule du film. Ali (Mohamed etc…) parle par onomatopées mais lit les âmes comme un devin. Y compris celle de sa nouvelle femme, dont il verra à son tour les limites. Il n'y a pas de place pour des nuances chez Fassbinder, écorché vif du nouveau cinéma allemand. TV vo- juin 2022
En 1974, Rainer Werner Fassbinder imaginait ce film dans lequel une femme de ménage allemande d’une soixantaine d’années, veuve, et un garagiste marocain de vingt ans son cadet (incarné par El Hedi ben Salem, l’un des amants du cinéaste) tombaient amoureux. Volontairement théâtral et outrancier, le long métrage est un moyen pour Fassbinder de décrire une société allemande littéralement rongée par le racisme et la jalousie : il dresse le portrait de petites gens fort peu sympathiques, à l’aigreur systémique. Tous les autres s’appellent Ali prend une tournure plus intéressante dans une dernière partie qui voit ce couple improbable se fissurer, rattrapé par des réalités intimes et collectives auxquelles il lui est difficile se soustraire. Un belle parabole humaniste.
Jolie surprise cette histoire d'amour impossible et pourtant passionnelle entre deux êtres qui a la base tout oppose. Fassbinder filme avec pudeur et cruauté en même temps la difficulté de s'aimer malgré ce qu'en pense la société, la famille, les amis, les collègues. Peut être parfois un chouille stéréotypé, le film reste un beau plaidoyer de l'amour et du droit à la différence. À voir
Deux ans après la prise d’otages d’athlètes israéliens, au cours des jeux olympiques d’été de Munich, par le commando terroriste palestinien Septembre noir, le réalisateur dénonce le racisme vis-à-vis des Arabes en Allemagne, à travers l’histoire d’amour, à Munich, entre une femme âgée, veuve d’un mari polonais, mort en 1955, femme de ménage, Emmi Kurowski [Brigitte Mira, 64 ans, dont c’est la 1ère collaboration sur 8 avec le réalisateur et qui interprètera le rôle-titre dans « Maman Küster s’en va au ciel » (1975)] et un travailleur émigré (depuis 2 ans) marocain, plus jeune, se faisant appelé Ali (El Hedi ben Salem, 38 ans, amant, à l’époque, du cinéaste). Le titre original (incorrect grammaticalement, en référence à la difficulté d’Ali de parler bien allemand), la peur ronge l’âme, est beaucoup plus juste et explicite que le titre français. C’est aussi, d’une part, un film sur l’égoïsme, des 3 enfants d’Emmi (dont l’un joué par le réalisateur), des voisins, des collègues et des commerçants, ainsi que sur la solitude (d’Ali et d’Emmi). Le film est très éloigné de celui de Douglas Sirk, « Tout ce que le ciel permet » (1955) où il n’est pas question de racisme mais de préjugés de classe (une veuve s’éprend de son jardinier). Ironie du sort, l’acteur jouant Ali aura aussi une triste fin : il meurt à 40 ans, en prison (à la suite d’une rixe en France), d’un infarctus du myocarde. Le nazisme et l’Allemagne post-,nazie qui feront l’objet de films ultérieurs, sont évoqués brièvement spoiler: lors du repas d’Emmi et d’Ali, juste après leur mariage, à l’Osteria Bavaria, fréquenté par Hitler de 1929 à 1933.
Tous les autres s'appellent Ali est un film plutôt sympathique. Ce n'est pas le film le plus marquant abordant la question du racisme ; mais peut-être parmi les premiers (le film date de 1974). Il l'aborde simplement, sans trop de surprise (surtout aux yeux des spectateurs d'aujourd'hui, plus familier avec le traitement de ces questions au cinéma) mais sans en faire des tonnes. Les deux acteurs principaux (El Hedi Ben Salem et Brigitte Mira) jouent très correctement. Ce n'est pas le film de l'année, mais il est plutôt bon.
Et c’est parti pour un tour du cinéma ouest-allemand, après avoir découvert avec émerveillement la réalisation de Despair, respectueusement une histoire des temps anciens de virtuosité après querelle assommante, s’attelant de suite voir Ali, dont tous les autres l'appellent en français. C’est très bien comme ça, parle pas l’allemand, permettant d’apprendre quelque mot scolaire, rendant grâce aux sous-titres sans besoin de révéler, un secret jalousement bien gardé, Rainer Werner Fassbinder, du nom d’artiste de cinéma bourgeois, ne s’adresse pas qu’aux bourgeois associés au malin et à l’intelligence.
Libre d’esprit non du corps possédé par les êtres enlacés rendez-vous cafétéria déjeuner dîner en amoureux, à interpréter en cameo ce scénario et décrire en réflexion personnelle sans foi derrière, comme l’ethnie représentative du personnage principal au cœur d’une intrigue romantique contrariée. Il ne peut aimer tranquillement une veuve solitaire beaucoup plus âgée que lui, en tant que cadet et elle l’aînée, l’écart est distant au millimètre, sans avoir ce mauvais regard inquisiteur qui ne les lâche d’une semelle, venant de ses compatriotes encore marqués par la guerre.
Une douleur des plus atroces à l’intérieur ventral, l’hyperstress bactériologique contaminant des travailleurs de même situation, une condition sociale que vivra l’étranger, accueilli par un pays hostile à sa couleur de peau provoque ulcère. S’adaptant à la linguistique parfaite comme il pourra, origine migratoire entre les deux nations inconnue, chevauchant le Maroc vers l’Allemagne, on ne voit pas aussi les coutumes philosophiques, juste de la musique folklorique culturelle.
Les amants sont très liés dans ce film mis à nu, c’est calme de trouver une partie de jeu bruyante au rappel à la loi, alors qu’en faite, on sait pourquoi que la raison reviendra au même constat, l’animosité des habitants scandalisés envers cette relation inédite anti-conventionnelle extraordinaire. Toute une mise en scène délicate, laissant planer l’ombre d’Hitler n’était pas loin, où ils mangèrent ensemble au restaurant national germanisé dans l’histoire blessure, la cicatrisation du temps comptant, le racisme ordinaire s’installe doucement dans les années 70, un amour que fera barrière la famille.
En deuil perpétuel paternaliste complètement dépaysée par la venue subite de ce choc culturel, on ne comprend pas ce voisinage et ces commerçants au passé sombre, finissant en conclusion critique avec les sublimes films d’exilés confrères germaniques, Douglas Sirk, le jeune homme et la vielle femme comme inspiration mère afin de mieux connaître ce film fils.
Angst essen Seele auf : la peur dévore l’âme. Un titre magnifique qui a malheureusement bénéficié d’une traduction foireuse des distributeurs français (une fois n’est pas coutume) mais qui illustre à merveille ce que veut véhiculer le film. Il s’agissait là de mon premier Fassbinder et certainement pas du dernier vu la qualité de cette œuvre. Cette histoire d’amour interdit entre une allemande d’une soixantaine d’années et d’un immigré marocain qui pourrait avoir l’âge de ses enfants m’a plutôt touché. Fassbinder signe une œuvre intimiste et tout en pudeur où l’amour ne naît pas de l’apparence mais du plus profond de l’âme. Les deux protagonistes se sentent bien ensemble mais la peur des personnes les entourant constituera un lot d’obstacles. Le film a le mérite de posséder une bonne écriture au niveau des personnages et du scenario mais si il règne des imperfections que j’aborderais après. Tout d’abord le film s’éloigne des clichés manichéens, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les personnages sont un bon point, en fin de compte il n’y a ni bon, ni méchant, de quelque côté que ce soit. Là où ça coince pour ma part c’est la démonstration un peu trop caricaturale. Comme je l’ai sous-entendu avant on évite le « l’arabe il est gentil, le boche il est méchant » mais par contre à un moment du film tout change, cet « élément déclencheur » manque d’authenticité à mon sens alors que l’œuvre reste ancrée dans une logique de réalisme social. Tout le monde retourne sa veste, pas innocemment certes, mais ça me paraît un peu gros. Bon si on omet ceci le film reste intelligent et pertinent dans sa manière d’aborder son sujet et se révèle même touchant par instants et certaines scènes sont d’une grande beauté. Je pense à ces travellings dans le bar, la scène où Ali va chez la blonde, l’immigrée tchèque cachée derrière les barreaux de rampe d’escalier… Globalement c’est vraiment très bien mis en scène et jamais gratuit, il y a un vrai travail derrière et Fassbinder se permet d’y introduire des scènes symboliques qui évitent toute lourdeur. Une bonne surprise, vu le titre VF je ne m’attendais franchement pas à grand-chose mais ce film se révèle juste beau et émouvant. Une œuvre sincère.
Très bon film, faux remake d'un classique de Douglas Sirk mais ici on est plus dans la veine du film social que dans le mélodrame amoureux. Un des meilleurs films sur le racisme ambiant (parfois Fassbinder est même un peu trop démonstratif il en fait un peu beaucoup). Des situations et dialogues très dures (on veut claquer les personnages secondaires) mais aussi beaucoup de scènes de tendresse intense (entre les deux protagonistes principaux), un couple vraiment atypique.
Un très bon film sur le racisme avec cette histoire de couple improbable,des scènes d'une intense complexité psychologique,des acteurs fascinants surtout el hedi ben salem qui a un charisme énorme.Un film qui traite d'un sujet toujours brûlant et d'actualité dans notre société.
Le sujet de ce film ne plaira sans doute pas à tout le monde, et pour cause : il traite de la rencontre entre Ali, un immigré marocain d'âge moyen, et une femme allemande d'un certain âge. Ces deux personnages que tout oppose s'aiment et décident de vivre ensemble dans une Allemagne encore très raciste. Il ne faut pas oublier que ce film date de 1974, et à l'époque le racisme était monnaie courante, tout comme les idées reçues sur les immigrés maghrébins. On en a un bel aperçu dans le film, car tout est montré. On se dit qu'aujourd'hui, même si les choses ont évolué, ce racisme primaire est toujours présent chez certains. Le film est vraiment intéressant à suivre, les acteurs jouent bien sans en faire trop. Les immigrés maghrébins masculins sont présentés comme étant des hommes dignes, bien habillés et propres, qui tentent de s'intégrer là où ils vivent. Ce long métrage est très humain, avec des passages touchants et tristes, et d'autres plus joyeux. À sa sortie en 1974, il a dû choquer une partie du public. Même aujourd'hui, il en choquerait encore certains.
Un film convaincant sur le thème de la tolérance, formidablement interprété et mis en scène avec brio. Le tout reste sobre, comme Fassbinder semble en avoir fait une marque de fabrique, mais cela n'atténue pas la force de son message, bien au contraire. A voir.