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Naram
2 abonnés
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3,5
Publiée le 6 septembre 2026
Ce film est une romance présentant un amour impossible entre Ali, un immigré, et Emmi, une femme âgée. Le film nous montre leur quotidien de manière naturelle, presque documentaire, face aux regards méprisants de tout le monde et au racisme exacerbé qu'ils subissent.
Emmi se rend compte que toutes ses relations sont artificielles et se coupe peu à peu du monde, plongeant dans la solitude et la tristesse. Malgré cela, elle tient tête et se marie quand même avec Ali. Ils décident de partir en voyage et, bizarrement, lorsqu'ils reviennent, tout a changé, les gens reviennent vers eux.
Cependant, le couple présenté comme idyllique devient toxique. Ali est traité comme une bête de foire devant les copines d'Emmi, tandis qu'elle aussi s'enferme dans les préjugés, et Ali va voir ailleurs, reniant Emmi. C'est donc un tableau aussi contrasté où chacun a sa part d'ombre, d'où le titre original, montrant que la peur de l'autre nous ronge.
spoiler: La fin montre la réconciliation, concluant sur le fait de profiter de chaque moment, avant un brutal choc final rappelant la dure réalité et évitant le happy ending classique.
Scénario : adaptation revisitée Réalisation : bien Rythme : bien Acting : bien Ressenti final : fait réfléchir sur l’altérité
À mi-chemin entre Misery et Tout ce que le ciel permet, cette adaptation de Fassbinder s’ancre dans l’Allemagne de l’après-guerre, refermée sur elle-même, qui a peur des étrangers. Le scénario se tient et l’évolution des personnages est cohérente, toutefois le personnage d’Emmi, pour lequel nous avons au début de l’empathie, finit par s’absenter, laissant la place d’un protagoniste vacante puisque Ali ne prend pas plus qu’elle cette place. Une fin décevante, donc, sans pouvoir s’attacher, ou se rattacher, à quiconque ; sommes-nous également perdus dans la masse ? À noter, toutefois, que jusqu’à la moitié du film où l’effacement d’Emmi survient, son personnage représente une femme qui se bat pour ses convictions malgré les réflexions qu’elle essuie, bien plus avant-gardiste que Cary Scott de Douglas Sirk.