Tous les autres s'appellent Ali
Note moyenne
4,0
388 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

45 critiques spectateurs

5
3 critiques
4
19 critiques
3
17 critiques
2
4 critiques
1
0 critique
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mai 2019
Cinéaste hautement subversif, Rainer Werner Fassbinder le prouve une fois de plus avec "Tous les autres s'appellent Ali", film mettant en scène l'histoire d'amour entre un marocain et une allemande ayant environ trente ans de plus que lui. En ajoutant un écart d'âge conséquent à la différence d'origines, la subversion est double et le regard de la communauté environnante en devient inévitablement altéré. De femme discrète et respectable, Emmi devient le déchet qui se souille auprès du mâle noir, cette espèce qui ne se lave pas et qui baragouine l'allemand comme elle peut. La cruauté du regard des autres est mise en scène avec une froideur qui d'abord rebute mais qui très vite nous fait prendre conscience de la pensée du cinéaste : cette Allemagne des années 70 n'a pas oublié le régime hitlérien, elle en est au contraire imprégnée et n'est pas prête de s'en débarrasser. L'horreur est cliniquement décrite et l'amour entre Emmi et Ali, s'il vacille du fait du fort sentiment d'appartenance de l'homme à sa culture et de la difficulté de sa femme à l'assimiler totalement, tient par le seul sentiment de considération qu'ils se portent mutuellement. Plus mélodramatique dans son dernier mouvement et donc un peu moins fort, "Tous les autres s'appellent Ali" n'en demeure pas moins un très beau film explorant avec acuité l'opposition entre la bonté et la cruauté humaines.
fooker95
fooker95

10 abonnés 87 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 septembre 2018
Ce film d’une humanité extraordinaire décrit l’une des plus belles histoires d’amour racontées au cinéma, grâce au génie de simplicité de RW Fassbinder. Les silences en disent plus long que les mots, quelle réalisation subtile, quels dialogues justes, et les regards si vrais à travers la caméra de Fassbinder.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 août 2017
Un film qui a un poil vieilli, mais qui traite avec intérêt du racisme dans l'Allemagne des années 70. Une allemande d'une certain âge, veuve, accueille chez elle un Marocain puis l'épouse.
Aymeric Defosse
Aymeric Defosse

12 abonnés 138 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 octobre 2015
Un chef-d'oeuvre mémorable du cinéma ouest-allemand (…) qui émeut par l'universalité de son sujet (l'intolérance) et la qualité de son interprétation.
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 juillet 2015
19ème film pour Rainer Werner Fassbinder après « Le Monde sur Le fil », « Tous les autres s'appellent Ali » raconte une histoire de conflit racial dans une Allemagne des années 70 vraisemblablement ravagée, comme si l’amour se limitait à ses propres frontières.

C’est l’histoire d' Emi Kurowski, vieille veuve seule et femme de ménage, qui rencontre Ali, un immigré Marocain de facilement vingt ans de moins qu'elle et qui travaille dans un garage. Ils se lient de liens intimes, mais Emi, qui était déjà très seule avant, s’attire les foudres du voisinage et Ali se renferme sur lui même. C’est probablement le film de Fassbinder le plus touchant, toujours très sobre mais paradoxalement diablement inspiré. Le réalisateur allemand semble plus que jamais jouer avec les couleurs, aime toujours les reflets, distille l’émotion et narre une absolue beauté se transmettant dans l’élégance de l’écriture qui elle est totale, faisant parfaitement abstraction du tire larme pour emporter dans une sublime spirale qui s’étire tout le long.

Ode à l’ouverture, à la tolérance, le film semble particulièrement s’inspirer du « Tout ce que le ciel permet » de Douglas Sirk, mais tout en le remettant dans un contexte particulier qui est celui de son époque : l’Allemagne des années 70, hautement raciste. Ce qui explique en parti les personnages caricaturaux mais facilement identifiables. « Tous les autres l’appellent Ali » montre ainsi des hommes principalement égaux dans leur manière d’être, comme ces voisines jalouses, mais paradoxalement hypocrites. Mais également nappé de couleurs, à l'image de cette vieille de dame et son petit accoutrement rose qui se conjugue aux chaises, ou bien à tous ces dégradés qui offre un réel plaisir aux yeux et un décalage avec la réalité.

Le film perturbe, il est beau, heureux un instant, mais son ambiance est d’une radicale tristesse. Il exhibe le fait que l’être humain est enfermé, qu’il a peur de tout sans rien connaître, qu’il ne tolère rien si ce n’est sa propre intégrité. Et le tout entre dans un système assez manichéen, rendant au tout une allure réaliste et identifiable.

Bref, un film fort et attachant, RWS aiguise les tabous dans une grande puissance émotionnelle. Brisant les barrières de l’âge et de la nationalité, explorant les séquelles de l’Allemagne brisée.
christophe117
christophe117

9 abonnés 252 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 juin 2015
Le calme des plans et les bons dialogues permettent à ce film de prendre réellement de l'ampleur sans sacrifier (de trop) la mise en scène. L'interprétation d'"Ali" ne fera certainement pas mémoire tant elle est médiocre. C'est un beau drame qui met en perspective les commérages, le racisme et l'amour entre deux personnes qui n'ont pas grand chose en commun. Voir en 2015 cette vieille Allemagne donne un effet quelque peu sur-réaliste. C'est en tout cas certainement un des premiers films, d'une longue série (qui continue toujours, malheureusement), pour l'expiation de l'Allemagne. La pauvre Allemagne post-45, tellement raciste et mauvaise...
Mephiless s.
Mephiless s.

72 abonnés 697 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juin 2015
La traduction française du titre est vraiment mauvaise et ne traduit pas du tout la qualité du titre d'origine.
Outre le titre mal traduit, le film n'en est pas moins excellent et touchant. Malgré un début plutôt cliché, le film se définit vite comme une oeuvre dénonçant la xénophobie et le communautarisme. Fassbinder montre que non seulement l'amour n'a pas d'âge mais triomphe en plus des stéréotypes. De plus le film n'est pas du tout manichéen, parce que chaque personnage à quelque chose à se reprocher. spoiler: Ali va tromper Emmi, Emmi va ignorer la suppléante d'une de ses anciennes "amies"...
La réalisation est aussi soignée, des beaux travellings, un cadrage sobre mais efficace et aussi un montage qui enlève tout ennui
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 mai 2015
Un excellent film sur la tolérance, le racisme, mais surtout l'amour. L'amour au delà de tout, du regard des autres et de ses convictions. La première partie est magnifique, assez clichée aujourd'hui, mais celle ci est contrebalancée par une seconde partie plus nuancée dans les réactions des personnages, qui apporte au film une sorte d'ambivalence et l'empêche de rentrer dans un système manichéen. Personne n'est tout blanc (sans mauvais jeu de mot) et le film le souligne à travers une mise en scène sobre mais inspirée, composée de nombreux surcadrages, de travellings maîtrisées et d'une ambiance sonore continue, chose que je n'avais jamais encore entendu dans un film, qui procure l'impression que celui ci ne s'arrête jamais et ne possède aucun temps mort. Les deux acteurs principaux sont très bons et l'on s'attache à eux des les premières minutes tant leur personnage, dans le contraste que compose leur couple, sont forts.

En clair, un film que je conseille vivement, très touchant.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2014
Un beau film sur la tolérance et l'isolement. Le couple formé est tendre et leur rencontre l'est aussi. Des clichés peut-être mais une image positive renvoyée sur le bonheur au-delà de tout et de tous.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 juin 2014
Comment sortir du cauchemar absolu, comment pardonner tant de crimes injustement commis, avons-nous seulement fait une erreur, ou sommes tous coupables, enfin peut-on guérir de telles cruautés, ne sommes-nous pas à jamais condamnés? Rarement un film n'aura traité avec autant d'humilité et de profondeur d'un mal du XXe siècle, sans même osé l'avouer, celui du totalitarisme. C'est pourtant dans une société pourtant dénazifiée que Fassbinder réalise ce chef d'oeuvre, directement inspiré de "Tout ce que le ciel permet" de Douglas Sirk, lui-même un allemand exilé aux Etats-Unis. Voilà où l'amour est détruit, est impossible, torturé par la haine de l'autre, par les résidus de darwinisme social, l'idéologie des races, la peur de la contamination. L'amour est incompris, il est attaqué de toutes parts jusqu'à ce que le mouvement le plus beau en devienne le plus destructeur, et tel est, comme chez Douglas Sirk, le sens de cet amour impossible que d'être amené à disparaître le plus tôt possible, parce que tout le monde s'y oppose, parce que l'on refuse d'aimer ceux qui aiment, ceux que l'on aime. C'est ainsi que le dialogue s'opère, lui répondant presque, entre deux chefs d'oeuvre qui semblent ici se compléter l'un et l'autre, à la douceur de l'image de Sirk, celle de la tradition coupable, des mœurs impassibles, se colle celle de Fassbinder, l'agressivité exténuée sous la couleur vibrante, le jeu provocant, la nudité assumée, le nazisme en arrière fond, la division, la haine, la société malade d'un totalitarisme qu'elle n'est pas encore parvenue à effacer, parce qu'elle avait cru à ses principes destructeurs, parce que personne n'a encore vraiment (et peut-être ne doit-il pas) pardonner. Mais l'oeuvre prend une dimension nouvelle et inattendue dans le pardon, dans l’accommodement, c'est l'homme qui renaît ici. Le nazisme n'était plus qu'une pulsion, la raison peut agir, elle est là en tout cas, proche, accessible; et quelle émotion que de voir s'écrouler peu à peu la haine au profit de l'amour, l'amour oublié mais désormais retrouvé. Ce serait trop simple si l'on devait en rester là. Le grand mérite de Fassbinder est de nous faire ressentir cette complexité, cette situation impossible. Naïf celui qui aurait omis que l'on devient aussi ce que l'on fait de nous. Et l'immigré détesté, traité en monstre, ne peut que haïr lui-même, au point que la question de la réconciliation se pose encore. De nouveau le préjugé détruit. Aussi bien chez Douglas Sirk que chez Fassbinder, nous est rappelée l'importance de la tolérance, que le bien advient du bien, et que le mal fera toujours naître le mal. N'oublions jamais que le triomphe de l'amour est notre salut.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 2 juin 2014
D'un point de vue artistique, c'est une très bonne réalisation, MAIS...
d'un point de vue idéologique ça vaut 0 : film ultra raciste envers les blancs. Ce film se veut de dénoncer le racisme mais à coup de clichés stéréotypés et sans nuances sur les blancs (ici les allemands) donc ce film utilise exactement la méthode du racisme qu'il veut dénoncer. C'est tout simplement le film le plus raciste que je n'ai jamais vu.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 janvier 2014
Avec "Tous les autres s'appellent Ali", Fassbinder livre un film réquisitoire contre les préjugés et stéréotypes de la population allemande à l'égard des travailleurs immigrés. Une charge que le titre français résume très bien, assignant à tous les autres, tous ces étrangers, une même identité. Le titre original "La peur ronge l'âme" ("Angst essen Seele auf") se veut plus corrosif, désignant ceux qui alimentent les phantasmes racistes comme responsables de leurs propres malheurs. Moins anodin qu'il n'y paraît au regard de l'histoire, dans une Allemagne dont la jeunesse se confrontait aux horreurs commise par la génération précédente. Cette animosité qui anime parfois l'autochtone envers celui qui vient d'ailleurs (et qui l'anime même souvent à voir la montée des populismes de droite en France et en Europe) est montrée brutalement, presque caricaturalement. Pas de la caricature pour rire mais pour appuyer, là où ça fait mal, accentuer la grossièreté et la bêtise auxquelles doit faire face Ali comme étranger et Emmi qui, bien qu'allemande, est sa compagne. Ils se confrontent à la famille, aux collègues, aux commerçants et voisins, c'est tout leur entourage social qui leur tombe dessus, éperdu d'insultes et de violences mal refoulées. Et après avoir noirci un tableau de nature déjà fort sombre, Fassbinder décide de secouer le cocotier et mise sur l'intelligence des protagonistes. Ali ne dit rien, il fait et donne à voir. Et les aigris de tout poil de voir et d'assimiler. Non,'"Ils ne sont pas tous comme ça", ce premier pas vers "Nous sommes tous des êtres humains. Certains sont mauvais.". "Si c'est un homme".... La brèche est ouverte, les sourires reviennent et chacun y retrouve un peu de son humanité. Un parti pris optimiste qui en demande (de l'optimisme) pour y croire mais qui fait du bien après toute cette violence.
S M.
S M.

40 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 décembre 2013
"Tous les autres s'appellent Ali" est un véritable hymne à la tolérance, qui traite de la relation difficile entre une sexagénaire allemande et un immigré marocain, mais aussi de leur grande différence d'âge. Les acteurs sont comme très souvent chez Fassbinder, très bons et crédibles. Une histoire touchante et qui fait réfléchir. Formidable.
LucienLaurent
LucienLaurent

8 abonnés 392 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juillet 2012
Hymne à la tolérance, cet excellent film de Fassbinder traite du racisme et des préjugés liés à l"origine, mais aussi à l''âge. Cette histoire d'amour improbable entre une sexagénaire et un ouvrier marocain est prenante et émouvante. Un bon film qui fait réfléchir ...
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juillet 2012
Un film convaincant sur le thème de la tolérance, formidablement interprété et mis en scène avec brio. Le tout reste sobre, comme Fassbinder semble en avoir fait une marque de fabrique, mais cela n'atténue pas la force de son message, bien au contraire. A voir.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse