J'aurais dû me méfier : j'avais terminé ma courte "critique" de "Ajami", le premier long métrage de Scandar Conti, réalisé en 2010 avec Yaron Shani, par "on est en droit de penser qu'un scénario et un montage plus simples auraient donné un film plus intéressant et plus fort". Des termes que je pourrais utiliser à nouveau pour ces "chroniques d'Haïfa". C'est long, très long, trop long. C'est bavard, très bavard, trop bavard. Certes, on comprend que le réalisateur a voulu montrer que la cohabitation à Haïfa entre populations arabes et populations juives n'est pas particulièrement facile, mais c'est à peu près la seule chose qu'on arrive à comprendre tellement le montage rend le film particulièrement confus.
En suivant le parcours d'une famille arabe (palestinienne ) israélienne, installée à Haïfa dans le nord du pays, mais aussi celui du portrait d'Israëliennes en contact avec eux, ce film propose le portrait de deux communautés corsetée par la tradition, ou la notion d'individus affranchis du poids de ces dernières, semble impossible.
La psychologie des personnages est adroitement présentée, dans ce film passionnant, ou tout repose sur les dialogues.
Au final, c'est beaucoup plus fort que ce que certaines critiques professionnelles que j'avais pu lire en disait. Présenté au festival de Venise (2024) , il repartira sans récompense.
Un très bon film qui immerge le spectateur dans une ville où juifs et Arabes vivent côte-à-côte mais pas ensemble et où celui qui s'avise de franchir l'invisible ligne de démarcation encourt de très gros risques. Le ton n'est jamais caricatural. Au contraire, tout est dit avec beaucoup de subtilité. La séquence qui m'a le plus marqué est celle où Fifi, l'étudiante arabe, travaille dans un jardin d'enfants juif et écoute sans broncher les réflexions des enfants et les chants qu'on leur passe. On se dit que la haine a encore de beaux jours devant elle et que la paix n'est pas pour demain...
Je ne pensais pas pouvoir voir un film tourné avant la guerre épouvantable déclenchée depuis octobre 2023 et les témoignages et images rappelant auschwitz avec ces milliers d' innocents squelettiques et agonisants, tragédie que ce film ne pouvait qu'ignorer. Cela me semblait indécent ou trop décalé.
Or grâce au talent du réalisateur on oublie peu à peu cette actualité et on la comprend même un peu mieux en partie. Deux mondes juxtaposés, l'un israëlien juif et l'autre musulman, ponctuellement en contact restent bien séparés. A l'intérieur de chacun de ces deux mondes, majorité israëlite et minorité musulmane apparaissent aussi des tensions et la quasi incommunicabilité : musulmans conservateurs contre les plus jeunes émancipés comme Fifi, israëlites suprémacistes contre d'autres plus ouverts comme la jeune hôtesse de l'air. De très beaux portraits de femmes, beaucoup plus nuancés que pourrait le faire penser leur traitement fugace ou sans dialogues. Le montage savant du film révèle progressivement le contenu des multiples intrigues qui s'entrecroisent.
Dommage d’avoir fait ces gros plans, ce n’est vraiment pas beau ça terni l’image. Encore un film décevant depuis trois mois c’est la série .l’histoire aurait pu être passionnante vu le contexte d’aujourd’hui c’est très fouillis on a du mal à suivre les problématiques. Manque de rigueur, je vous le déconseille..
"Chroniques d'Haifa - Histoires Palestiniennes" est un film passionnant, les acteurs non-professionnels (en perpétuelle improvisation, n'ayant jamais eu accès au scénario) sont d'une intense vérité ..... Mention spéciale à Scandar Copti le scénariste, réalisateur, monteur qui a su si brillamment les diriger et à ses deux frères Tony et Jiries Copti qui ont tenu les rênes de la production. Nous apprenons de ce film, nous sortons touchés et émus par ces histoires palestiniennes . A ne pas manquer comme nous souffle la critique du Monde.
Chroniques d’Haïfa est un film d’une rare intensité. Scandar Copti réussit à capter l’essence d’Haïfa et de ses contradictions à travers une fresque familiale bouleversante. Les acteurs, pour beaucoup non-professionnels, livrent des performances d’une sincérité saisissante : chaque regard, chaque silence sonne juste et nous rapproche des personnages. Le scénario, d’une intelligence remarquable, évite les facilités narratives pour embrasser toute la complexité des liens familiaux, sociaux et politiques. Copti fait confiance à son public, ne surligne jamais ses intentions et laisse au spectateur le soin de recoller les fragments et d’interpréter les zones d’ombre. Ce choix rend l’expérience encore plus riche et immersive. On en ressort touché par l’authenticité, impressionné par la finesse de la mise en scène et convaincu d’avoir vu une œuvre majeure du cinéma palestinien contemporain. Un film nécessaire, qui émeut autant qu’il fait réfléchir.
Film plutôt intéressant, sous forme de chapitres, avec un point de vue différent des protagonistes. Il faut remettre ensuite l'histoire dans l'ordre. Film qui montre et dénonce une fois de plus les dictats familiaux et les conventions sociales d'Israël et de la Palestine sur fond de relations politiques tendues entre les 2 pays.
Une narration déconstruite avec talent pour éclairer par un amusant jeu de facettes les déboires d’une famille palestinienne aisée de Haïfa écartelée entre tradition et modernité
Le titre peut induire en erreur. Il ne s'agit pas vraiment d'histoires palestiniennes mais de récits croisés de deux familles, dont une composée d'Arabes israéliens. Une subtile dénonciation de l'intolérance et des préjugés ethniques et de genre.
Les acteurs sont magnifiques ; la caméra filme les visages de manière intimiste et les lumieres sont vraiment reussies. Des vies dans le mensonge sous le poids des traditions : n reste sans voix sur la fîn. Le montage en sequences temporelles n'est pas si dérangeant que cela. En revanche je reste sur ma faim avec Rami qui disparaît assez rapidement.
Si le film est pour le moins compliqué à suivre, il a l'énorme avantage de montrer la lourdeur pour le moins étouffante de ces sociétés complètement sclérosées par le poids des hommes, de traditions et de principes absurdes. Pauvres femmes, pauvres familles et pauvre société qui a un réel besoin d'un grand ballon d'oxygène. Pour cela, bravo aux concepteurs et acteurs de cette chronique. Par contre, mon dieu que le film est indigeste à suivre, on voit là qu'il s'agit d'une première oeuvre, il reste au réalisateur beaucoup de travail pour arriver à faire des films fluides, légers, captivants.