2028 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
195 critiques spectateurs
5
16 critiques
4
60 critiques
3
41 critiques
2
47 critiques
1
20 critiques
0
11 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Dora M.
79 abonnés
548 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 13 avril 2025
Un projet de construction d’un glamping (camping glamour) dans un village du Japon met en émoi les habitants qui craignent que cela viennent troubler leur quiétude et leur quotidien en harmonie avec la nature et les animaux sauvages. Le film montre la réaction des habitants face à ce projet, les peurs que cela peut générer. Le personnage principal est “l’homme à tout faire” du village, Takumi (Hitoshi Omika) qui vit avec sa fille Hana (Ryo Nishikawa). Il est charismatique, le village l’écoute et les personnes en charge de la construction ont décidé d’essayer de se rapprocher de lui pour porter le projet. Il faut dire que le film est d’une lenteur extrême, ce n’est pas inintéressant même si j’ai trouvé le tout un peu trop lent. Les images sont même belles, c’est contemplatif et poétique. A l’inverse, la fin a lieu en quelques minutes seulement, sans qu’on comprenne grand chose de ce qui arrive. C’est un parti pris qui m’a laissé sur ma faim.
Pas évident de rentrer dans les films de Ryusuke Hamaguchi : si j’apprécie les fragments que j’en parviens à en percevoir, la vue d’ensemble persiste souvent à m’échapper mais cet écueil a le mérite de me stimuler et je suis certain qu’une fois que j’aurai accepté et assimilé leur rythme, leur humeur et leur volonté, ils me raviront autant que ceux de Hirokazu Kore Eda. ‘Drive my car’ et les “contes du hasard’ étaient extraordinairement bavards : ‘Le mal n’existe pas’ est tout le contraire, du moins dans un premier temps, avec cet interminable travelling sur la cime des arbres sur fond de symphonie minimaliste, suivi d’une autre séquence à rallonge observant les gestes lents et maîtrisés d’un homme de la campagne. Plus tard, on comprend qu’il y a tout de même des enjeux: des cadres tokyoïtes viennent présenter un projet de camping de luxe, dont les locaux perçoivent les dangers sans que les citadins puissent leur apporter de solutions à leurs craintes. À travers ces scènes précises et millimétrées, qu’il s’agisse de la présentation du projet ou de celle dans laquelle le cadre propose d’aider un villageois à couper du bois et s’émerveille de ce qu’il ressent pour cette activité, j’ai pu repérer des éléments comme la déconnexion de ceux qui réfléchissent en termes de retombées économiques et de stratégies win-win et de ceux qui ne perçoivent pas en quoi ces considérations peuvent améliorer le cours de leurs existences apaisées…ou le fossé, encore plus grand, entre les mêmes qui ont appréhendé intuitivement l’incompréhension mutuelle et qui font face à des donneurs d’ordre encore plus déconnectés. ‘Le mal n’existe pas’ fonctionne comme un puzzle, où l’agencement de nombreuses pièces aboutit à l’incident disruptif, la petite fille qui en sera la cause surgissant au gré de l’absence d’événements saillants du film, presque mutique, pareille à une entité surnaturelle du folklore japonais. Mais à ce moment crucial, je dois bien admettre que l’état de résolution de mon propre puzzle était encore très, très loin de permettre qu’on devine l’image générale.
spoiler: (Plus proche d'une analyse ayant vu pas mal de gens perdus)
Ryusuke Hamaguchi, merci.
Dans son dernier long métrage, le réalisateur nous expose ingénieusement et magnifiquement que Le Mal n'existe pas.
L'introduction fait preuve d'une grande simplicité et pourtant, elle est totalement envoûtante couplé à cette mélodie paradoxalement apaisante et angoissante, donnant le ton d'un équilibre à atteindre.
Un grand calme qui pourtant procure un certain sentiment d'inconfort, comme si un drame pouvait frapper à n'importe quel moment dans ce silence étonnement vivifiant.
Visuellement sublime, faisant preuve d'une netteté ahurissante, Hamaguchi présente une vision parfaitement neutre, une harmonie édifiante.
Tout du long, tout sera gris.
D'abord cette forêt, si le film est tourné en hiver ce n'est pas le fruit du hasard mais bien toute l'intelligence du réalisateur.
Comment mieux représenté une harmonie qu'avec la nature qui se régénère, pour nous offrir une parfaite communion avec celle-ci.
Il y a tellement d'approches différentes à travers la caméra, nous transportant sans cesse avec inventivité.
Si le personnage principal du film et sans aucun doute la nature, le point de vue de Hana est parfait pour avancé les propos du film.
Faisant preuve de pureté, elle incarne l'innocence mais aussi la curiosité et est une source constante de savoir.
La découverte de ce lac gelé est éblouissante...
On sent constamment le respect infini qu'à Hamaguchi pour la nature et ses habitants, nous offrant même des images magnifiques de cerfs en captivité.
Si respectueux, qu'il utilise un procédé furtif quitte à perdre de la qualité visuelle pour nous procurer un instant de bonheur intense, sans brusquer ces animaux sublimes.
Pour revenir à cette mise en scène qui nuance absolument tout, je peux extrapoler (non) en disant que si on a une conversation autour du piano ce n'est pas un hasard (couleurs des touches).
Dans les transitions aussi, que ce soit d'une nuit profonde à un soleil radieux, ou alors un projet extravagant et irréaliste face à la pureté même. C'est apaisant, avec Hana qui nous guide rappelant qu'il ne faut rien de plus que de l'envie pour découvrir et entrer en communion avec cette nature.
Ce débat quant au projet grotesque à première vue est significatif.
Si naturellement, nous prenons inconsciemment le parti des villageois, il est vrai qu'en y réfléchissant malgré les inconvénients présents, l'économie apportait à la région serait significative.
Tout est question d'équilibre et si l'argent n'est pas ici le réel problème, c'est la cupidité qui l'est.
Que des cadres supérieurs envoient deux personnes non concernés par les choix de ce projet au charbon et là aussi un point marquant.
En étant sur la défensive, on se persuade de trouver un ennemi alors que ce ne sont ici que des boucs émissaires.
Hamaguchi vient donc remettre les pendules à l'heure, pour nous présenter tout le bien de deux personnages attachants, ne trouvant pas leurs places dans cette société.
C'est tout à fait normal, si vous avez envie de découper du bois à votre tour.
C'est à la fois défoulant et apaisant, encore un paradoxe, TOUT est une question d'équilibre.
Nos personnages vont apprendre à s'entraider, à créer une cohésion avec beaucoup de respect, même si la confiance est dur à établir.
Ce n'en est que plus satisfaisant, quand ce lien se solidifie dans ce cadre dont on ne peut que tomber amoureux.
Si ce bonheur existe, il est assuré par d'énormes labeurs quotidienne.
L'eau ici chercher à sa source, cependant il faut savoir vivre en communauté et puiser l'eau pour chacun, évoquant à nouveau cette balance.
La mélodie continue de nous bercer tout en marquant des silences lourds et instantané à la suite de plans, tous plus beaux les uns que les autres.
En restant immobile et distant, le point de vue renforce l'idée que le personnage principal du film soit la nature.
La dernière partie est stupéfiante.
Très fort dans la mise en scène, provoquant un effet de panique subtil et affreusement génial.
Inconsciemment, on voit ce qui n'est pas montré et qui est confirmé quelques secondes plus tard, avec cet atmosphère devenu pesant à la cause de cette annonce.
Une erreur irréparable suite à la très mauvaise interprétation de la menace, pourtant évoqué plus tôt.
Nous sommes prêt à tout par amour et même à plonger dans ce profond brouillard.
La perfection.
J’avais déjà eu du mal à accrocher à 100% avec Drive My Car mais avec Le mal n’existe pas, encore pire. Car là où je sentais une forte émotion dans Drive My Car qui compensait le manque cruel de rythme, ici ce n’est jamais le cas. Résultat : le film a beau être magnifique, je m’ennuie à mourir.
Je connais très peu le cinéma Asiatique actuel, j'ai regardé ce film par curiosité et parce qu'il avait bon écho de la presse, je dois avouer que "Le mal n'existe pas " de Ryusuke Hamaguchi m'a fasciné et en même temps intrigué ! Ce long métrage est un mélange entre drame écologique et un peu de suspense, le premier terme car on est dans la zone rurale où des personnes vivent en harmonie avec la nature, respectant les arbres et l'eau potable venant de la source d'un ruisseau , mais une société de camping naturel va s'installer sur les lieux, ils y envoient deux représentants, un homme et une femme, à une réunion municipale ou il y a très peu d'accord avec la population, reste à convaincre mais pas facile. J'ai trouvé ce long métrage intéressant par sa mise en scène sachant filmer la nature de la vie, solaire et obscure, les paysages sont superbes de même que les 3/4 du récit qui sont reposants visuellement. Après, le final, c'est un mystère, je ne l'ai pas trop compris. Ryusuke Hamaguchi est un cinéaste de talent à suivre. Les comédiens sont excellents de même que la musique qui l'accompagne. Une belle découverte.
Encore un de ces films snobs ! On peut aimer. MAIS il est indéniable que le réalisateur gagne du temps sur toutes les scènes alors que certains cinéastes manquent de temps et de moyens pour exprimer toutes leurs idées. Ce film relève donc selon moi de l'arnaque. D'autre part, les images ne sont même pas belles alors que le Japon est un eldorado pour récolter de la beauté. Les personnages semblent être des morts vivants. Je retiendrai ce film pour sa fin complètement nulle. Merci à MataH pour avoir expliqué la fin dans sa critique.
Vu avec un a priori très positif suite au "Drive My Car" était un coup de maître du même Ryūsuke Hamaguchi. Finalement déçu par ce film court. L'image est toujours aussi maitrisée avec cette fois une contemplaction superbe. Les personnages sont doux et rendus vivants et familiers par une intelligence intérieure. Mais le film ne semble pas aller beaucoup loin que l'envie de démontrer par l'exemple que l'Homme est complexe et est toujours le produit de son milieu, de son histoire et a généralement de bonnes intentions face à un futur inconnu. Le futur est tellement inconnu que le réalisateur ira jusqu'à oser un fin audacieuse et surprenante, qui m'a presque donné l'impression que le dernier tiers ou le dernier quart du film avait littéralement était coupé au montage. Bref, je n'ai pas complétement accroché et suis resté sur ma faim.
Glamping camping glamour, ou la nature respectée par des villageois ou consommée et blessée par des prédateurs qui la vendent . Respect de la nature ou objet , parallèle avec la relation homme femme. La chasteté est le refus de posséder ce qu'on aime. Lent , métaphorique et beau.
film lent, le début est éternel, film noir, sans espoir, film gris sans rythme avec une fin déconcertante, compliquée, ambigue et cruelle. Allégorique, métaphorique, difficile.
Après s’être illustré avec succès dans le style lent et mélancolique de Drive my car, Ryūsuke Hamaguchi revient avec un film social, rural et proche de la nature. Un projet de camping vient en effet menacer tout l’équilibre écologique du village.
Hamaguchi possède son propre rythme, et les plans de plusieurs minutes sur des scènes banales risquent d’en dérouter plus d’un. Cependant, ça serait oublier le potentiel du film, qui respire par sa poésie et sa sérénité. Au-delà du quotidien d’un village japonais parfaitement capturé par le réalisateur, c’est aussi des plans expressionnistes qui ponctuent Le mal n’existe pas, comme la scène d’introduction, un travelling hypnotique d’une forêt.
Le temps réel des réunions d’informations, des débats entre villageois autour de ce camping, permettent de saisir le réalisme terrible de corporations méprisantes, réhaussé par une musique maussade. On ressent toute la nostalgie d’un village à qui rien ne manque, et qui vient être bouleversé par la pression de la modernité.
Un film sensible, d’une beauté esthétique incontestable, qui ose la lenteur et la simplicité, qui transpire d’amour rural.
Malheureusement, le final à mon sens désamorce cette atmosphère apaisante de façon sordide et improbable.
Le mal n’existe pas ? La petite Hana (Ryo Nishikawa) regardant furtivement la caméra alors qu’elle ne devrait pas et la fin incompréhensible (cela me va bien si l’intention est de proposer un dénouement ouvert mais au cas présent le champ des possibles est trop large), après le sublime « Drive my car » de Ryusuke Hamaguchi, son film « Le mal n’existe pas » ne m’a pas complètement convaincu. Mais j’ai aimé la lenteur et la beauté de la vie rurale dans le Japon d’aujourd’hui, le mystère entourant les personnages, leurs souffrances non dites, la peinture d’une paternité dénuée de dolorisme, le débat philosophique sur la place du tourisme dans la société. #lemalnexistepas #ryusukehamaguchi #drivemycar #ryonishikawa Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
Ces Shoshimin-eiga ne paient pas de mine, mais à chaque fois, ils visent justes avec un sujet parfaitement banal et une manière de le traiter, tout aussi banal.
Combien de scènes sont joués sur un plan fixe ? Ce sont souvent les acteurs qui quittent la scène, laissant une caméra en prise avec la nature. La nature est le sujet, autant la faune que la flore.
J'apprécie aussi ces scènes où plusieurs minutes se déroulent sans coupure, et notamment avec le bois coupé.
La fin casse la dynamique Shoshimin-eiga pour poursuivre sur le cycle de la nature et, tenter en même temps de justifier le titre du film : Le Mal n'existe pas. Il faut quand même creuser pour essayer de comprendre la fin. C'est une subtilité qui n'est pas bienvenue.
Réduit à une version blu-ray en 1080p, l'image m'a semblé perfectible. La VO est excellente, mais c'est une caractéristique habituelle au Japon.
Les habitants d’un petit village du Japon profond luttent contre l’installation d’un camping sur leur territoire. Réflexion sur la modernité, le film tient à la fois de l’étude sociale et de l’ode à la nature, avec une conclusion radicale et énigmatique.