Adaptation de roman
Englouti est adapté du roman Whalefall de Daniel Kraus, publié pour la première fois en 2023. Alors qu'il était en pleine écriture du livre, Kraus (qui a obtenu en 2026 le Prix Pulitzer pour Angel Down) a évoqué son projet sur les réseaux sociaux. Le réalisateur Brian Duffield, qui venait tout juste d’achever le tournage du film de science-fiction Traquée, a d'emblée été intéressé par la promesse de ce roman qui suit un jeune plongeur avalé par un cachalot et à qui il ne reste qu'une heure d'oxygène. Les deux hommes sont entrés en contact et l'écrivain a promis de faire parvenir à Duffield un exemplaire de son livre une fois qu'il serait achevé.
À l’automne 2023, Duffield a pu lire le manuscrit et a découvert, au-delà de l'aventure haletante que propose le récit, une histoire profondément émouvante entre un père et son fils : "Je venais moi-même d’avoir un fils et je me suis retrouvé à lire ce livre avec mon bébé dans les bras. L’intrigue a pris tout à coup un tour très personnel pour moi. J’ai tout de suite senti que cette histoire était pour moi et j’ai donc eu envie de l’adapter au cinéma."
Whalefall
Whalefall, le titre original du film et du livre, est un véritable terme scientifique. La docteure Joy Reidenberg, spécialiste d’anatomie comparée, revient sur ce phénomène : "Une ‘chute de baleine’ désigne le moment où le corps de la baleine atteint les profondeurs après la mort du cétacé. Lors de ce décès, le corps est tellement lourd qu’il sombre. S’il coule à plus de 60 m de profondeur, il y reste parce que la pression est si forte que les bactéries sont incapables de produire suffisamment de gaz de fermentation pour le faire remonter à la surface."
L'écrivain Daniel Kraus précise : "Je me suis servi de ce phénomène comme de la métaphore centrale du livre et du film : quand quelqu’un meurt, sa disparition n’est qu’un commencement. Elle est peut-être morte physiquement mais elle continue à vivre en chacune des personnes qui l’ont connue."
Une histoire incroyable mais crédible
Daniel Kraus, l'auteur du roman, a eu l'idée de Whalefall en découvrant une vidéo virale de deux kayakistes qui avaient failli se faire dévorer par une baleine à bosse. Cette perspective l’a aussitôt fasciné : "C’est une situation qui a, bien entendu, été exploitée par des récits religieux ou transposés de manière abstraite dans des œuvres telles que Pinocchio de Carlo Collodi. Cependant, ce n’est pas ce qui m’intéressait parce que, justement, cela avait déjà été fait. Je suis un dingue de recherche et je me suis mis à explorer, de manière obsessionnelle, la possibilité d’échafauder une intrigue réaliste qui soit 100% crédible scientifiquement."
L’auteur a ainsi consacré plusieurs mois à étudier les cachalots et a consulté plusieurs scientifiques et spécialistes de la vie marine dont Lara Horstmann, doyenne adjointe chargée de la recherche et directrice des sciences marines à la University of Alaska, et la docteure Joy Reidenberg, professeure d’éducation médicale et d’anatomie comparée à la Icahn School of Medicine de Mount Sinai (New York). Il a découvert que, de manière générale, un être humain ne pouvait pas être avalé par une baleine, sauf s’il s’agit d’un cachalot. Daniel Kraus précise : "La plupart des baleines n’ont pas la gorge très large, si bien qu’elles ne peuvent rien avaler d’énorme. En revanche, les cachalots engloutissent des calmars géants à longueur de journée car ils ont, quant à eux, un gosier gigantesque."
L'émotion au cœur du récit
"L’une des plus belles réussites de Daniel Kraus dans son livre, c’est de s’être emparé du titre-concept ‘Whalefall’ (‘chute de la baleine’) et d’en avoir fait un élément central du récit : quand une baleine meurt, elle sombre au fond de l’océan et crée, pour l’essentiel, tout un écosystème qui fait naître de nouvelles formes d’existences pour une nouvelle génération. La mort devient ainsi une source de vie. C’est d’ailleurs un thème majeur dans la relation entre Jay et son père", affirme le producteur Allan Mandelbaum.
Loin de n'être qu'un pur thriller fantastique, le film repose sur la relation compliquée entre un père et son fils. C'est cet aspect intime et universel qui a convaincu les producteurs Allan Mandelbaum et Brian Grazer de porter le roman à l'écran. "Je dois reconnaître que lorsque j’ai compris de quoi il s’agissait, j’ai trouvé l’ensemble un peu délirant. Ce n’est qu’au moment où je me suis mis à lire le livre que j’ai pris conscience de l’importance de l’aspect émotionnel du récit", ajoute Mandelbaum.
Travail d'écriture
L'adaptation et le scénario sont le fruit de la collaboration entre le réalisateur Brian Duffield et l'écrivain Daniel Kraus. La plus grosse partie de leur travail a consisté à supprimer le monologue intérieur qui traverse le récit et à recentrer l’histoire. "Dans le roman, Jay est un jeune homme taciturne et tourmenté et on est constamment dans sa tête. Il fallait donc supprimer ce procédé narratif et resserrer l’intrigue en réduisant le nombre de flash-backs – il y en a 60 ou 70 dans le livre – pour ne conserver que les plus révélateurs", explique Duffield.
Et de 3 !
Il s'agit du troisième film où Austin Abrams et Josh Brolin partagent l'affiche après Gangster Squad (où ils ne partagent néanmoins aucune scène) et Évanouis.
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