Attention : le film est loin de mériter 5 étoiles. Si je lui attribue cette note, c’est surtout pour contrebalancer une moyenne actuelle qui, selon moi, ne reflète pas non plus la véritable valeur du film.
Que dire de ce nouveau volet de la saga Scream 7 ?
Pour cet opus, la franchise confie la réalisation à Kevin Williamson, figure emblématique de la saga depuis ses débuts. Et c’est aussi le grand retour de Sidney Prescott, qui va une fois de plus devoir faire face au célèbre Ghostface.
Mais cette fois, la menace se rapproche encore plus : la fille de Sidney devient la principale cible du ou des tueurs. Lorsque sa fille aînée, Tatum Evans, se retrouve directement menacée, Sidney n’a d’autre choix que d’enquêter pour découvrir si le tueur est réellement celui qu’il prétend être.
Ce septième film marque également un retour à Woodsboro après un passage à New York dans Scream VI un détour original mais finalement assez anecdotique dans la saga.
Et c’est justement ce retour aux sources qui constitue le cœur du film. Les scénaristes multiplient les références au premier film, Scream (et par extension à Stab) :
le petit ami de Tatum qui passe par la fenêtre, rappel évident de Billy Loomis, certaines musiques du premier film, l’acteur Sam Rechner qui évoque physiquement Billy, ou encore un deepfake de Stu
. Des clins d’œil parfois subtils, parfois beaucoup moins, mais qui témoignent clairement d’une volonté d’hommage (et de capitaliser sur cette ancienne réussite de la saga, devenue culte).
Cependant, malgré cette nostalgie assumée, le film tente malgré tout de construire sa propre identité.
Concernant le scénario, l’histoire reste malheureusement assez pauvre. Le film introduit beaucoup de nouveaux personnages, mais la plupart semblent surtout exister pour servir de victimes et permettre à Ghostface d’enchaîner les meurtres. Le film mise clairement sur l’action.
Le problème, c’est qu’avec près de 1h54 de durée, les scénaristes ne parviennent tout de meme pas à nous attacher à ces nouveaux personnages. C’est là que la comparaison avec le premier film devient inévitable : dans Scream, même les personnages secondaires destinés à mourir avaient une personnalité marquée et restaient mémorables. Ici, les meurtres (parfois assez originaux) s’enchaînent sans réellement provoquer d’émotion ou d’angoisse. On se surprend parfois à penser : « un de plus ou un de moins ».
Le mobile du tueur souffre lui aussi d’un gros manque d’inspiration. Les scénaristes semblent à court d’idées, ce qui est dommage car il y avait pourtant matière à proposer quelque chose de plus intéressant. Certaines scènes paraissent également tirées par les cheveux.
Ce septième volet marque aussi l’arrivé du sujet de l’ia et les deepfakes. Un sujet qui est assez rapidement balayé sans vraiment explorer à fond l’idée (l’impression que c’était dans le cahier des charges obligatoire pour faire 2026).
Malgré ces faiblesses, le film reste efficace sur un point : l’action. Contrairement à son prédécesseur, Scream VI, ce nouvel opus propose plusieurs scènes intenses. La scène d’ouverture est particulièrement réussie et très bien mise en scène, même si elle aurait mérité, à mon sens, quelques minutes supplémentaires pour exploiter pleinement son potentiel.
Autre moment marquant : la scène où Sidney et Tatum se cachent à l’intérieur du mur. Une idée originale qui parvient réellement à faire monter la tension.
Ces séquences fonctionnent aussi grâce au travail de photographie de Ramsey Nickell, qui propose une esthétique rappelant celle du premier film : un mélange maîtrisé de couleurs chaudes et froides qui donne au film une ambiance parfois presque moderno-vintage. Les tons chauds fonctionnent très bien, tout comme les tons froids. On retrouve ici un vrai retour à l’esprit visuel de la saga.
Bien sûr, on reste dans un slasher : il ne faut pas s’attendre à une photographie digne d’un film oscarisé. Mais comparé à l’ambiance très froide de Scream VI (New York oblige), ce mélange visuel fonctionne nettement mieux.
Malgré une fin qui laisse franchement à désirer, ce septième volet reste un bon Scream, imparfait mais divertissant.
Au final, le film mérite plutôt 3,5/5, et on espère que la suite saura poursuivre dans cette direction tout en corrigeant ses faiblesses.