Trois ans après avoir pourchassé à nouveau les soeurs Carpenter, Ghostface revient encore une fois mais pour s'en prendre à Sidney Prescott, l'ultime survivante de la saga. La bande-annonce était plutôt prometteuse, mais la production chaotique de ce septième film et les annonces de retour d'acteurs dont les personnages sont décédés pouvaient donner quelques craintes. J'y suis pourtant allé plutôt confiant finalement, sachant que j'ai aimé les six films existants, en espérant de nouveau être emballé par ce nouvel opus de la franchise.
Le film s'ouvre sur une introduction plutôt bien pensée pour faire table rase du passé, mais malheureusement la bande-annonce en avait beaucoup trop révélé sur celle-ci, si bien qu'elle manque de surprise et n'a pas l'effet aussi marquant qu'elle aurait pu avoir sans ça. C'est d'ailleurs le souci de la plupart des scènes où apparait Ghostface, quasiment toutes dévoilées dans la bande-annonce.
Par ailleurs, le film multiplie les références et clins d'oeil au tout premier film, et ce dès la première scène qui suit l'introduction, où apparaissent Sidney et sa fille, et qui est presque une reprise exacte du film original. Le fan service du film est un peu trop poussé, allant jusqu'à reprendre quasiment toutes les musiques du film original.
Malgré tout, on apprécie de retrouver l'héroïne et de découvrir sa nouvelle famille qui va être au cœur de cette nouvelle intrigue. Le principal nouveau personnage est celui de Tatum, la fille de Sid, qui bien que sympathique reste malheureusement un peu trop dans l'ombre de sa mère ici. Le fait que Sid n'apparaisse que peu dans "Scream 5" avait permis de laisser toute la place aux personnages de Sam et Tara Carpenter, nouvelles héroïnes à l'époque de la franchise. Ici malgré la présence de la fille, Sid occupe toute la place et reste l'héroïne, celle au coeur de toute l'intrigue. Difficile donc, si l'idée était de tenter un passage de relais, d'y arriver ainsi. A ce titre là, le passage de relais était bien plus réussi dans le 5.
Si à aucun moment le film ne fait référence d'une quelconque manière aux soeurs Carpenter, on fait plusieurs fois références aux faits du précédents film, et surtout à l'absence de Sidney à l'époque, et j'ai trouvé ça plutôt bien fait. La façon d'intégrer les personnage de Mindy et Chad Meaks a été plutôt bien pensée aussi, justifiant tout à fait leur présence sans que les soeurs Carpenter n'aient besoin d'être là.
Par contre, le fait que Kirby soit aux abonnés absents rend encore plus son retour dans le précédent film vraiment inutile et raté. Elle qui disait dans "Scream 6" suivre de près tout crime de ghostface ne s'était pas déplacée dans le 5, dans sa ville natale, et ne le fait ici pas encore. Pas vraiment logique. Ca aurait pourtant été l'occasion peut-être de donner au personnage un vrai retour mieux écrit.
Quand au retour annoncé de certains acteurs dont les personnages étaient décédés, si on avait vu juste depuis bien longtemps quand à leur utilisation dans le film, ce n'est pas mal fichu bien que ça n'ai pas vraiment d'intérêt et de sens dans l'intrigue.
Ce septième film reste plaisant à suivre, mais la mise en scène de Kevin Williamson est tout de même un peu trop classique et mollassonne. Bien qu'elle soit l'héroïne du film, Sid n'est pas aussi badass qu'elle l'a été par le passé, mais comme sa présence empêche aux autres personnages de pouvoir vraiment être mis en avant, eux aussi font le job, mais sans plus.
Et puis vient la révélation finale, celle des motivations du ghostface de ce film. Et là honnêtement, on sent que les scénaristes ne savent plus quoi trouver. Avec un ghostface s'en prenant à Sidney, il fallait un lien avec son passé, alors les scénaristes sont allés puiser dans celui-ci, et donc dans les anciens films, mais ils en ont tiré une motivation franchement alambiquée bien moins bonne que n'importe quelle autre de la franchise.
Pourtant en début de film une idée originale est tentée, tel que j'avais imaginé dans le 5 qu'ils auraient pu faire, mais ça ne mène finalement pas à grand chose.
Ajoutez à ça l'absence totale de notion meta dans le film, Chad coupant même carrément sa soeur quand elle commence à vouloir partir dans une analyse du genre, comme pour s'adresser presque au spectateur pour lui dire clairement de ne plus s'attendre à rien du genre dans le film. Du coup on se retrouve ici devant un slasher classique parmi tant d'autres, là où jusque là la franchise avait une particularité en faisant l'analyse du cinéma d'horreur dans un film d'horreur.
Certes, après six films ils ont fini par épuiser toutes les idées possibles du genre. Après l'analyse du film d'horreur, des suites, des trilogies, des remakes, des requels, puis des sagas, que reste-t-il à pouvoir analyser dans le genre ? En ayant fait le tour, les scénaristes ont simplement choisi d'abandonner ça, alors que c'était ce qui faisait se démarquer la franchise "Scream" des autres slashers.
Malgré tout, pour quiconque aime le personnage de Sidney, "Scream 7" se suit gentiment, mais sans aucun conteste il s'agit du volet le plus faible de la saga, prouvant que celle-ci a fait le tour de son concept et commence a sérieusement s'épuiser. Même moi qui avait apprécié les deux précédents pourtant pas mal critiqués, je dois admettre qu'ici ça commence à sérieusement sentir la fin.
Pourtant certains personnages survivants me plaisent bien, et on peut se prêter pendant le générique de fin à imaginer ce que ça pourrait donner pour une autre suite encore. Car on a très bien compris que cette fois Paramount est bien décidée à exploiter la franchise autant que possible. Donc si le succès est au rendez-vous, évidemment qu'un huitième film sera produit. Espérons dans ce cas qu'il arrivera a donner sa place à de nouveaux personnages forts, car ici finalement, on regrette même un peu l'absence des soeurs Carpenter.