Stranger Eyes a été sélectionné lors de la dernière édition de Mostra de Venise ainsi qu’au Festival international du film policier de Reims.
Stranger Eyes est un projet assez ancien dans la carrière de son réalisateur, Siew Hua Yeo. En effet, la première version du scénario date de 2012. Or, en raison de nombreux obstacles, notamment financiers, le réalisateur a mis le film de côté et a réalisé Les Étendues imaginaires (2018), pour lequel il a reçu le Léopard d’or au Festival de Locarno. À la suite de ce sacre, Siew Hua Yeo a procédé à des réécritures importantes de son scénario.
Stranger Eyes étant un film sur la notion de surveillance, Siew Hua Yeo s’est surtout inspiré de son quotidien à Singapour, ville-état très densément peuplée dans laquelle regarder ses voisins par la fenêtre de son appartement s’impose de manière naturelle à tout un chacun. Ainsi, le cinéaste assure connaître toutes les habitudes, à la minute près, de son voisinage.
Comme c’était le cas dans son film Les Étendues imaginaires, Siew Hua Yeo a construit Stranger Eyes sous la forme d’un triptyque (présent/passé/futur).
Avec ce film, Siew Hua Yeo retrouve le directeur de la photographie, Hideho Urata, qui avait déjà signé l’image des Étendues imaginaires.
Stranger Eyes est un film à la dimension très internationale puisqu’il s’agit d’une coproduction entre quatre pays (Taïwan, Singapour, France, États-Unis). Le casting regroupe des acteurs venus de Taïwan et de Singapour et plusieurs langues (anglais, mandarin, minnan).
Avec Stranger Eyes, Siew Hua Yeo rejoint une longue lignée de films dans lesquels il est question de personnages observés et surveillés à l’image de Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcok (1954), Conversation secrète de Francis Ford Coppola (1974), Blow Out de Brian de Palma (1981) ou encore La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck (2006).
Siew Hua Yeo a été étudiant en école de cinéma avant de se laisser tenter par des études de philosophie. C’est au cours de ces années-là qu’il a réfléchi aux questions d’identité et de subjectivité. Des thèmes qu’il a ensuite choisi d’approfondir en revenant au cinéma. Dans son approche artistique, le cinéma et la philosophie sont intrinsèquement liés.
Une chanson est utilisée à plusieurs reprises dans le film. Il s’agit d'Endless Love de Tsai Chin. Un morceau iconique de la musique pop chinoise qui a profondément marqué le cinéaste au cours de son enfance et dont il voulait explorer le caractère intemporel et intergénérationnel.