Honnêtement j’avais plutôt un bon souvenir de ce Diva, sa redécouverte quelques années après m’a un petit peu déçu. Oui c’est un film soigné que j’ai revu sans déplaisir mais il y a des choses qui ont finalement assez mal vieilli. Tout d’abord l’histoire entre la chanteuse et le postier qui n’est pas bien crédible. Mais aussi l’esthétique générale qui fait très publicité des années 80. Il en reste tout de même un film plaisant à l’ambiance générale emballante entre le thème récurent de la cantatrice, une troupe d’acteur impliqué, une histoire principale assez simple mais pleins de petites sous intrigues plaisantes. Dans mon souvenir c’était le meilleur Beineix ça n’est finalement pas le cas car c’est un peu trop marqué dans son époque pour l’œil d’aujourd’hui.
Déniché dans les bacs de soldes d'une grande enseigne, "Diva" a maintenant pris place dans ma "DVDèque". Je me souviens de l'émotion qu'il avait provoquée chez moi à l'époque de sa sortie, mais son prix exorbitant m'empêchait jusqu'à présent de faire cet achat, la crainte étant la plus forte d'être déçu par un film supportant mal le passage au format "domestique" et surtout le passage du temps... Comme le faisait remarquer mon fils qui a visionné le film avec nous, trop de place est donnée à la mise en valeur des qualités esthétiques. Beineix se fait plaisir avec la caméra et le matos, il connaît son talent et nous le donne à voir plutôt que celui des acteurs, qu'il peine à diriger. Leurs prestations sont inégales et majoritairement laborieuses, d'autant plus que les dialogues sont souvent résolument artificiels et donc difficiles à faire passer avec naturel. Autant Bohringer, grand seigneur, se joue de tous les traquenards et installe avec brio une ironie détachée qui culmine dans la scène du "zen dans l'art de la tartine", autant Tuy An Luu (la petite asiatique) ou tous les jeunes acteurs ont plus de mal, de même que la belle cantatrice qui incarne la diva. Même Jacques Fabri peine, c'est dire... Pour ce qui est de l'ambiance, elle a conservé son étrangeté eighties, son côté décalé, et c'est sans doute au travail de l'image qu'elle le doit en grande partie. A cause des lumières, des ambiances de nuit ou de point du jour, des harmonies de couleurs très "chiadées" et judicieuses (toujours une petite touche de la tonique qui donnera toute sa splendeur et son éclat à une dominante), des cadrages où l'oblique, le gros-plan, la mise en scène des objets dynamise l'image ou l'apaise magistralement, je suis tenté de dire que Beineix s'en sort mieux avec les objets qu'avec les humains ! A cause de tout ça, en tous cas, le film est un plaisir des yeux, il faut le reconnaître.... La bande son, quant à elle, reste magnifique et quand la Wally nous balance sa puissance, c'est la beauté pure qui s'invite dans nos oreilles, l'émotion n'est pas loin, on se dit qu'on pourrait se mettre à aimer l'opéra. Reste le scénario. C'est un mélange un peu brouillon de deux intrigues plus ou moins policières dont la vraisemblance n'a aucune importance. C'est un prétexte à l'utilisation esthétisante de décors urbains insolites toujours très mis en scène. Le sang y est dosé au millimètre, il n'y coule que comme une couleur, rouge comme le barbour de Jules, rouge comme la Malagutti qui dévale les escaliers, rouge auquel répondra bien sûr quelque part une touche de vert, sa complémentaire qui n'a pas droit de cité au théâtre mais a son mot à dire au cinoche. Diva vaut le coup d'oeil et le coup d'oreille, certes. Coup de coeur pour les uns, est-il pour tous un chef d'oeuvre impérissable ? Mérite-t-il la pluie de Césars qu'il reçut ? A chacun d'en juger...
Avec ce premier film, Jean-Jacques Beineix frappa fort en 1981. Massacrée par la critique, le film reçu néanmoins quatre Césars, ce qui lui permis lors de sa ressortie en salle d’être un véritable succès populaire. Il est aussi l’un des premiers films à adopter l’esthétisme de la publicité et du clip. A l’instar d’un Luc Besson ou d’un Leos Carax, Beineix faisait partie d’un « cinéma de look » de part ses visuels excentriques et branchés. Forcément, cet aspect du film est ce qui a rebuté une bonne partie de la critique de l’époque. Pourtant, le look n’est qu’un des éléments de la richesse de cette si surprenante ‘’Diva’’.
Jules est un jeune postier amoureux de la cantatrice Cynthia Hawkins. Il enregistre secrètement la voix de la cantatrice. Un jour, Jules assiste par hasard au meurtre d’une prostituée qui, à son insu à glissé dans sa sacoche une mystérieuse cassette. Jules va alors être traqué par deux tueurs qui veulent récupérer cette cassette.
On a fait grand cas des partis pris visuels du film. Pourtant, il serait dommage de ne pas s’attarder sur le scénario, assez virtuose. On peut se demander qui en est réellement l’auteur. Delacorta, l’auteur du roman ? Beineix ? A moins que le grand scénariste de BD Van Hamme en soit le réel artisan ? Quelque qu’il soit, on oublie trop souvent de saluer son travail sur cette histoire foutrement tortueuse. Le film parvient parfaitement à mêler différents ingrédients, ce qui explique (avec la réalisation bien sûr) son atmosphère constamment étrange. En l’état, que nous raconte le film? Il y a d’abord tout ce qui tourne autour de l’opéra. En ce sens, le film adopte donc une élégance propre à ce style musical (le film remis au goût du jour ''La Wally''). Élégance qui se double de délicatesse dès qu’il s’agit d’évoquer la fascination et l’amour que ressent Jules pour la voix de la cantatrice. Mais cette obsession pour cette voix, qui a elle seule aurait pu être un sujet de film est parasitée par l’irruption du polar. Là non plus, ce genre n’est pas une simple toile de fond mais bien un élément traité avec rigueur par les scénaristes. Prostitution, drogue, meurtres… Cette affaire aussi pouvait faire un sujet de film. Justement, l’audace de Beineix et de Van Hamme est d’avoir mêler ces deux intrigues, à priori sans rapport. A ceci s’ajoute aussi de petites touches d’humour qui viennent encore perturber le premier degré de ce beau méli-mélo. En ressort forcément une galerie de personnages variéé, chacun se rattachant à un genre particulier, flirtant parfois avec la parodie. On retiendra surtout ces deux tueurs hilarants et improbables. Ou encore cette cantatrice qui refuse qu’on enregistre cette voix. Mêler plusieurs atmosphères est ce qui fait de ‘’Diva’’ une œuvre si singulière. D’autant plus quand ce mélange aboutit à des choix scénaristiques assez rares. spoiler: Ainsi, on a rarement vu dans un polar un héros aussi passif et inutile dans l’avancée de l’intrigue policière. S’il est à la base du film (il récupère par inadvertance la cassette si compromettante et c’est tout), il ne fait que subir durant tout le film et ne devra son salut qu’à l’inventivité du très énigmatique Gorodish. Lequel devient d’ailleurs le véritable personnage principal dans un second temps, Jules étant relégué à l’arrière-plan .
On l’a donc compris, ‘’Diva’’ est un film très hétérogène dans son postulat. Il en va de même pour ses autres composants comme par exemple le casting. Quel film en France à cette époque pouvait mettre aux côtés d’acteurs blancs une actrice noire (ou plutôt cantatrice) Wilhelmenia Wiggins Fernandez et une actrice typée asiatique Thuy An Luu ? Evidemment, les prestations sont inégales : la jeune Thuy An Luu bien que charmante est parfois assez fausse et Frédéric Andrei ne marque pas vraiment le film (il est vrai que le rôle de Jules n’est pas le plus payant).A l’inverse, on retient d’autres acteurs comme Darmon, Pinon, Bohringer etc. tant de jeunots qui font leurs premières armes ici. Mais tant d’éléments si contradictoires ne risquaient-ils pas de se contredire réunis ensemble ? Ne risquait-on pas d’avoir un film trop confus trop fourre-tout ? C’est là qu’intervient précisément tout l’aspect technique si novateur de ‘’Diva’’. Beineix adopte une esthétisme nouvelle et originale, tant décrié à l’époque. Accordant un soin tout particulier au montage (alternance de plans très courts et de plans plus longs), aux décors (confectionnés par le designer Hilton McConnico, étroitement lié à la sphère publicitaire et aux produits de luxe : probablement ce qui a fait le plus crisser des dents les critiques en 1981), Beineix adopte une cohérence d’ensemble indéniable. La lumière (signé Philippe Rousselot) participe à la création de ce Paris aux monochromes bleus (à la Jacques Monory). Ainsi, la réunion de tous ces artistes permet de donner du corps au scénario, qui, à la base était aussi audacieux que casse-gueule. Les partis pris visuels ont pu être décriés, il n’en demeure pas moins qu’ils sont ceux qui ont permis ce mélange de raffinement (propre à l’opéra), de criard (propre au pop art) et de poisse (propre au film noir).
Ouvrant la voie à une nouvelle façon de filmer, ‘’Diva’’ est devenu culte en France et même au delà de l’Atlantique. Ce statut semble justifier de par le vent de fraîcheur que le film a apporté dans le paysage du cinéma français.
Je continue donc mon auto-rétrospective Jean-Jacques Beineix, après Roselyne..., La lune dans..., voici Diva. Je préfère regarder les films dans le désordre, je ne sais pas pourquoi. Fiche technique: "la critique se déchaîne lors de la sortie, qualifiant de « cinéma du look » ce film qui pourtant, aujourd'hui, ne se démarque plus de la plupart des productions françaises". He oui, déjà la critique... Le reste est très bien décrit et expliqué par les notes des autres internautes. Mention ? Spécialement a Dominique Pinon, pour son interprétation ! Mon dieu quel régal cette oeuvre...
Si on prend le film au premier degré, on est pas loin du navet. Certains acteurs sont assez mauvais, la cantatrice et la petite asiatique notamment, aïe ! Le film a pris un coup de vieux, ce style publicitaire des années 80 est très kitsch. D'ailleurs, visuellement, c'est un peu la France Benetton ! Pas étonnant que Benneix ait fait de la pub ensuite. Si on prend le film au second degré, on peut le voir comme un film façon BD (Jean Van Hamme au scénario, après tout), avec des personnages caricaturaux donc, et là ça fonctionne pas trop mal. Le personnage joué par Bohringer est énigmatique. Un genre de touche-à-tout. Il passe son temps à fumer des gitanes en écoutant de la musique. Et quand il sort de chez lui, c'est pour sauver le monde. Un super-héros ? Un ange gardien ? D'ailleurs, à la fin il se volatilise, comme s'il avait accompli sa mission sur Terre.
Film phare des années 80 qui a marqué la génération du clip. Le film est très marqué dans son époque donc forcément très daté. Reste toutefois une ingéniosité dans la façon de filmer par certaines prise de vue innovante. Peut être un peu trop prétentieux parfois et un jeu d'acteur un peu limité mais l'histoire se suit bien et la musique joue un véritable rôle qui fait de ce film une œuvre tout de même intéressante.
La réalisation malgré presque 40 ans a très bien vieillit, c'est comme si cela avait été tournée à notre époque. Par contre là, ou le film perd ses deux étoile dans ma note, c'est bien du coté du scénario. A la fin du film, on se demande a quoi sert le personnage de la diva...et bien la conclusion est a rien.
Des plans parfois très beaux, une double trame (une histoire d'amour tissée dans une histoire policière... ou l'inverse) un rythme assez lent qui change de l'ordinaire sans ennuyer. Bon, on a aussi quelques personnages improbables - Bohringer évidemment - dont on se demande quel est leur impact réel tant artistiquement que scénaristiquement. C'est bien qu'il soit ce qu'il est mais on manque d'infos pour comprendre le choix d'un tel personnage. Mais tout de même, nous avons là un film qui mérite une place de choix dans toute bonne vidéothèque
Revu, après 30 ans...Et des poussières. Ça date un peu, par l'esthétique "esthetisante" très clip branché. L'histoire est un peu compliquée, mais retrouver l'ambiance du tout début des années 80 reste un plaisir nostalgique indéniable! Et puis revoir tous ces comédiens dans l'éclat de leur jeunesse...de notre jeunesse. Ça ce revoit avec plaisir.
Il y a des films que l'on ne devrait pas revoir et garder leur souvenir intact, spécialement ceux qui vous ont marqué pendant l’adolescence. J'avais 16 ans à la sortie du film, il a été pour beaucoup un film majeur, 37 ans plus tard qu'en reste il ? Et bien pas grand chose, il a terriblement vieilli, comme toute l’œuvre de Beineix d'ailleurs, 37,2 Le matin n'a pas survécu non plus dans le panthéon des grands films immortels. L’originalité de l'époque a fait place à une histoire mal ficelé, mal narrée et maladroite. Je revois et ressent, malgré tout avec plaisir l'ambiance du Paris des début des années 80, mais seule la nostalgie de ce qui y était relié à l'époque reste, 3 étoiles pour ces raisons Nous sommes définitivement au XXIème siècle, ce temps est définitivement révolu
Film totalement boudé par la presse, les salles et les distributeurs lors de sa sortie, le Diva aura heureusement une seconde chance à l’étranger et sera récompensé par de multiples César dont la meilleure musique pour Vladimir Cosma en 1982. Diva raconte l’histoire d’un jeune postier qui va enregistrer illégalement le concert d’une diva. Mais cette passion va provoquer une chasse à l’homme dont il sera la proie. Mise en scène très à la mode pour l’époque dans ses couleurs bleues, lumières, costumes, bécanes, prostituées, cigarettes gitanes, lecteurs de cassettes, plans et décors, le film apparait aujourd’hui comme décalé. De plus, il semble que Beineix aie priorisé ces formes plutôt que de donner une réelle force à son intrigue policière. Néanmoins, le film fait sourire à l’heure où le téléchargement illégal des copies pirates pullule sur Internet. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Diva aurait pu être un simple film d'amour improbable entre le facteur et la diva tel cette parenthèse au centre du film dans un Paris si romantique et délicat. Mais la superposition de cette intrigue romanesque avec l'enquête policière donne un ton original et surtout une épaisseur au film. On retient quand même une ambiance assez étrange presque à la "twin peaks" Mention toute particulière à cette incroyable scène du scooter dans le métro!!!!!
Beineix signe avec Diva un film qui, comme à son habitude, séduit par son élégance, son raffinement, son esthétique soignée. Diva est en effet un film très beau visuellement, avec des éclairages travaillés, une mise en scène pleine de trouvailles et volontiers alambiquée (mais toujours dans le bon sens du terme), des décors élégants, le tout servi par une bande son forcément pleine d’emprunt à l’art lyrique. Le film saura ravir les esthètes, et les amateurs de films d’atmosphère, puisque Diva et sur ce plan une petite réussite. Le casting est plaisant lui aussi. Présence charismatique de Fernandez, bien que finalement elle tienne un rôle secondaire ; bel prestation d’un Frédéric Andrei peu connu mais à sa place dans ce rôle. Néanmoins, il est vrai qu’il se fait voler la vedette par un lot de seconds rôles haut en couleur, de Richard Bohringer au duo Darmon-Pinon, en passant par cette piquante actrice asiatique, Thuy An Luu, qui s’étant essayait au cinéma et à la chanson n’a percé dans aucun de ces deux arts. Bon casting au service de personnages intéressants, avec du relief, et que le film prend le temps de dégrossir ou, pour les méchants par exemple, prend le temps de singulariser. Le scénario est solide, même si c’est là qu’il y a quelques aspérités. Diva souffre peut-être d’une intrigue au bout du compte un peu décevante compte tenu de ses ambitions esthétiques. On est sur une histoire digne d’un petit polar urbain des années 80, seulement vu que tout est à une autre hauteur, on reste un peu sur sa faim par rapport à cette intrigue un peu conventionnelle. Malgré cela, le film dure presque 2 heures sans ennuyer, grâce à une construction solide, à des séquences bien conduites, à des scènes fortes et de bons dialogues. Honnêtement, Diva reste accrocheur, mais l’histoire des ripoux devient pour ainsi dire secondaire devant l’ensemble. Aussi, mieux vaut voir ce film pour son esthétique et ses acteurs que pour son intrigue policière. Le canevas est suffisant pour saisir le spectateur, mais une histoire de série B pour un film de ce gabarit, c’est surprenant. Je ne bouderai toutefois pas mon plaisir, et je continue à penser un certain bien de Beineix avec ce métrage. 4
Une bonne trame et surtout d'excellentes idées, très originales avec des petites touches d'humour à la française allant de la carte du combattant à l'accordéoniste, JJ Beineix maîtrise de bout en bout sa réalisation et nous livre une intrigue généreuse en personnages travaillés et à la bande originale absolument divine !