Quel film étrange. Il y a de belles idées dans le scénario, avec des personnages typés dans un huis-clos étouffant. De quoi espérer quelques surprises et renversements. Malheureusement, le rythme est très mal maitrisé. L'accélération aurait dû être progressive. Au lieu de cela, Francis Galluppi prend trop de temps pour installer ses personnages, ce qui crée des longueurs dans la première partie, avant qu'une soudaine (et réjouissante) scène où tout bascule ne réveille enfin le spectateur. C'est drôle mais, paradoxalement, les touches d'humour nuisent à la crédibilité du film. C'est intéressant, bien filmé, mais trop maladroit.
Un excellent film avec beaucoup de tension, une ambiance qui captive, des plans caméra grandioses, des acteurs à fond dedans, une bande son qui colle parfaitement et un scénario magistral .la maxime qui colle à ce film : tout peut basculer très vite dans la vie... Le film de l été 2025!
Jouissant d’une bonne réputation (prix du public au dernier Reims Polar et fresh à 98% sur rotten tomatoes) le film se laisse regarder sans déplaisir, mais sans grand frisson. On est bien dans une pulp fiction (la scène du bar, ici étirée en longueur) avec un sens de l’absurde très Coen Brothers. Les personnages sont plutôt pas mal (surtout Jim Cummings et Richard Brake) mais l’écriture reste sommaire (on est bien loin des dialogues de Tarantino). Et l’action se résume plus ou moins à une seule scène cathartique. Bref un film plus en mode pause qu’en mode play. Pas désagréable, mais de très basse intensité.
Un tout petit film de genre, qui se laisse regarder, dont l'intrigue se déroule dans un milieu de brutes et d'abrutis américains que l'on a souvent vu. C'est une sorte d'exercice de style, qui vaut avant tout par son unité de lieu : une station service perdue dans le désert d'Arizona. On ne s'ennuie pas, la musique est trop présente comme souvent, les personnages sont pittoresques. Il ne faut rien en attendre de plus.
Pour les amoureux de l'ambiance 70's de l'amérique profonde. Rien de très original, il peut être pertinent de faire quelques km de plus pour s’arrêter ailleurs, sauf si vous êtes vraiment en panne sèche de films.
Le film est tellement bourré de référence (Tarantino, Hitchcock, Cohen ...) qu'il en devient impersonnel. Du coup, assez vite lassant .En plus , je trouve le jeu des acteurs assez limite.
Bon globalement l'idée est assez bonne et fait penser au 8 salopards de Tarantino mais le film est assez mou sans réel rebondissements et malgré sa durée d'à peine 1h30, on fini par s'ennuyer un peu.
Ce film est un western qui se déroule dans une station service ! C'est drôle, c'est noir, c'est rétro, c'est formidablement bien joué. A voir absolument.
Au milieu du désert d’Arizona, une station service se retrouve à sec et par la même occasion, tous ceux qui auront le malheur de s’y arrêter (la prochaine étant située à 150km). Dans le diner attenant, les clients attendent inlassablement, dans une chaleur étouffante, qu’un hypothétique ravitaillement se fasse. Mais l’arrivée de deux braqueurs va rapidement changer la donne…
Pour son premier long-métrage, Francis Galluppi met en scène un savoureux huis clos étouffant et suffocant. Son faible budget et l’absence de têtes d’affiche ne l’empêche nullement de parvenir à ses fins. En effet, le film arrive avec une très grande aisance à nous tenir en haleine et ce, dès le début, sans jamais relâcher la tension.
Pendant 90min, on se retrouve coincé dans cette station service miteuse perdue au beau milieu du désert. Un huis clos tourné essentiellement dans le diner mitoyen de la station service où vont se côtoyer différents protagonistes (un commercial (sosie d'Anthony Perkins), une serveuse, deux braqueurs, un couple de vieux, un pompiste et un jeune couple qui se rêve en Kit & Holly, de la Balade Sauvage - 1973).
La tension est palpable tout au long de l’intrigue et l’on doit l’absence de temps mort aux nombreux rebondissements. Ajoutez à ça, d’excellents comédiens dont Jim Cummings (The Wolf of Snow Hollow - 2020), Jocelin Donahue (The House of the Devil - 2009) & Richard Brake (Les Intrus - 2024), ainsi qu’à de magnifiques décors, dont bien évidemment le "Four Aces" à Palmdale, à 70 miles de Los Angeles (une ancienne station service / diner / motel, reconverti en lieu de tournage).
Côté mise en scène, il serait facile de se contenter de taxer le film de n’être rien d’autre qu’un exercice de style s’inspirant des frères Coen ou de Tarantino, mais pour une première réalisation, on ne peut que féliciter son jeune réalisateur. Les cadres sont soignés, la direction artistique réussie, ainsi que la post-prod pour obtenir cette patine très 70’s.
Pas folichon, ça se veut un peu Tarantino et un peu Cohen mais il manque à Francis Galluppi les dialogues cinglants et percutants de ces maîtres. Niveau casting, on est plutôt pas mal, Richard Brake étant un vieux loup de mer habitué aux rôles d’antagonistes, mais la vraie force de ce film réside dans son sens du cadrage, ainsi que sa mise en scène. Somme toute, pour un premier film, c’est franchement pas mauvais, mais pas mémorable non plus, réalisateur à suivre, il pourrait nous surprendre à l’avenir.
Au milieu du désert, à la frontière de l’Arizona et de la Californie, se dresse une station-service adossée à un diner qui se vante de proposer une excellente tarte à la rhubarbe. C’est là que, piégés par une pompe vide et un camion citerne en retard, vont se retrouver des individus que rien a priori n’aurait dû conduire à se rencontrer : un VRP californien, une serveuse et un pompiste, deux malfrats en cavale, un couple de retraités texans, un jeune flic pas très fute-fute…
Dès la bande annonce, on sait sans risque d’erreur à quoi on aura à faire : un huis clos en temps quasi réel entre des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres dans une Amérique archétypale et sans âge (l’action pourrait tout aussi bien se dérouler dans les années 60, 70 ou 80).
"Last Stop: Yuma County" emprunte à d’innombrables films célèbres et ne s’en cache pas : "Fargo", "Pulp Fiction", "Bonnie and Clyde", "La Balade sauvage", "Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia"… Il offre au cinéphile le plaisir de (croire) retrouver ces clins d’œil à ces classiques ultra-référencés.
Le risque que court un tel film est de tomber dans la parodie ou dans le pâle remake. C’est d’ailleurs le reproche que lui font les critiques du Monde et de Télérama. J’aurais la dent moins dure en raison d’un scénario malin qui m’a tenu en haleine pendant toute la durée du film et qui m’a réservé de(ux) belles surprises que je ne peux qu’esquisser : l’une aux deux tiers du film que j’attendais beaucoup plus tard et l’autre dans son plan final.
Ce scénario à l’écriture ciselée relève un sacré défi : associer à chaque étape du film le spectateur aux choix, tous également calamiteux, qui s’ouvrent aux personnages. Il y faut du rythme – pour laisser au spectateur le temps de réfléchir – et de la pédagogie – pour lui présenter les alternatives possibles voire lui laisser en dessiner d’autres. "Last Stop: Yuma County" nous fait ce beau cadeau : celui de nous donner l’impression que c’est nous, depuis notre siège, qui prenons le contrôle du film.
Un film entre le western, la chronique de mœurs et le film de braquage rempli d'humour absurde et de tension, doté d'une esthétique soignée et d'une efficace.
Pour un premier long-métrage, Francis Galluppi nous fait forte impression et nous embarque au cœur d’un exercice de style purement assumé et sacrément maîtrisé. Les références pleuvent, des frères Coen à Peckinpah voire à tout un pan du cinéma indépendant américain et aux films noirs, mais elles sont parfaitement digérées. Certes, on sent l’élève appliqué qui a bien fait ses classes, révisé ses classiques et qui régurgite à sa manière une part du cinéma qui l’a inspiré. De la même manière, il nous assène une démonstration de son talent au niveau technique et formel.
Il est donc certain que « Last stop : Yuma County » n’invente rien, il se révèle cependant parfaitement contrôlé de bout en bout et on sent une totale maîtrise de son art de la part de Galluppi. Il a en outre la bonne idée de faire durer son exercice de style le temps qu’il faut (c’est-à-dire pas trop longtemps) pour ne pas lasser son public. Le tout est donc parfaitement calibré pour une heure et demie d’un jeu de massacre où un concours de circonstances autour d’un butin dérobé par des braqueurs va entraîner un effet de causes à conséquences dévastateur dans un relais routier perdu au fin fond de l’Arizona à une période indéterminée (entre les années 70 et 80).
Les premiers plans donnent le la. On se croirait dans une vieille pub pour Coca Cola ou Marlboro. Les plans seront soigneusement confectionnés pour le plus grand plaisir de nos yeux, il y aura plein de clins d’œil à toute l’histoire du cinéma (volontaires ou non) et « Last stop : Yuma County » se révèlera une claque de mise en scène où travellings, cadrages, plans-séquence et effets de style vont se marier pour aboutir à l’une des propositions formelles les plus excitantes de mémoire récente. Même l’utilisation de la musique et des bruitages est adéquate. Le décor est donc vite planté et l’aspect visuel ne déméritera pas tout du long surtout que costumes, décors et reconstitution sont aux petits oignons.
Ce premier film prend la forme d’un semi huis-clos car on ne quittera pas le restaurant, le bureau de la pompe à essence et les alentours proches de ce relais routier hormis quelques scènes au sein d’un commissariat. Il prend le parti de l’effet domino dévastateur où une bande de personnages qui n’ont rien en commun vont se retrouver piégés dans une situation extraordinaire. Les hasards et concours de circonstances relancent une intrigue ludique et haletante à défaut d’être révolutionnaire. Les acteurs tous inconnus ou très peu connus sont tous parfaitement à leur place et participent à cet effet plaisant. Les quelques pointes d’humour noir sont tout à fait appropriées et la morale de l’histoire est attendue mais bien amenée. On est donc très curieux de voir la suite de la carrière de Francis Galluppo vu cette première incursion jubilatoire et qui titille notre fibre nostalgique en allant chercher bien des fétiches de tout une période du cinéma américain. Un pur exercice de style certes superficiel, mais génialement satisfaisant.
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