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Karim El Attar
30 abonnés
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3,5
Publiée le 7 août 2025
Ce film se veut héritier de Reservoir Dogs. La recette du huis clos fonctionne toujours : humour noir, décor d’Amérique profonde, et bien sûr une grosse dose de suspense… On a l’impression d’avoir déjà vu ce film vingt fois, mais c’est toujours aussi efficace. Francis Galluppi signe un premier long-métrage prometteur, avec une mise en scène solide. Rien de révolutionnaire, mais un bon petit thriller à l’ancienne : c’est plaisant.
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3,5
Publiée le 15 mai 2024
Dès que ce vendeur de couteaux et ce duo pénètrent dans ce diner pour attendre que la station essence refasse le plein de ses cuves, c'est comme si Francis Galluppi allumait une longue mèche avant de tout faire péter au cours d'une deuxième partie jouissive. Longue, parce qu'il faut prendre son mal en patience le temps que tout le monde arrive et s'installe, mais l'attente en vaut le coup. Un quasi huis-clos tendu et intense dès les premiers instants, et intelligemment écrit avec une bonne galerie de personnages et une dynamique qui évolue constamment. On reconnaît les influences cinématographiques, mais l'exercice de style est maîtrisé et savoureux. De l'humour, de la violence, de l'action, des rebondissements, "The Last Stop in Yuma County" est un premier long-métrage fun, divertissant et solide à tous les niveaux.
Ce film se situe dans le sous-genre du néo-western, dans un contexte de far-west entre "U-Turn" (1997) et "No Country for a Old Men" (2007) avec une bonne pincée de Tarantino. Mais ici on reste dans les seventies avec le grain d'image, les décors, les personnages, cet ouest américain entre deux époques ou braquer une banque à l'ancienne est encore possible. Malgré les références néo-western évidentes le réalisateur-scénariste rend un hommage appuyé également à Alfred Hitchcock, clin d'oeil respectif au crime parfait et au motel. Au fur et à mesure que la tension monte subrepticement on se demande qui va s'en sortir indemne, et comment et tout l'intérêt du film réside dans ce "suspense" jusqu'arrive la scène phare du film, et pas de spoilers ici car elle est décrite dans le dossier de presse, à savoir une fusillade d'une efficacité redoutable. Par contre, la dernière partie qui suit est sans doute un peu longue, les tenants et aboutissants sont désormais connus et on a l'impression que le réalisateur-scénariste a eu plus de difficultés à savoir comment terminer son film. Ajoutons un casting assez génial, sans grande star pour vampiriser l'écran mais avec de vraies gueules de cinéma. un superbe néo-western qui a tout pour devenir culte. Un très bon moment. Site : Selenie
Thriller policier, écrit et réalisé par Francis Galluppi, dont c'est le premier long-métrage, The Last Stop In Yuma County est un film très réussi. L'histoire se déroule dans les années soixante-dix dans un endroit isolé du désert du comté de Yuma, en Arizona, et nous fait suivre un vendeur de couteaux ambulant s'arrêtant à une station-service. Là, Vernon, l'homme chargé de la station et du motel, l'informe que les pompes de la station sont à sec et qu'il n'y en a aucune autre à la ronde avant cent-soixante kilomètres, mais qu'un camion de ravitaillement devrait bientôt arriver. À la radio, il entend parler d'un vol de banque plus tôt dans la matinée à Buckeye où des voleurs se sont enfuis avec environ 700 000 dollars dans une Ford Pinto verte à l'arrière endommagé. L'homme décide de patienter en buvant un café dans le diner ou Charlotte, la femme du shérif, travaille comme serveuse. Peu de temps après, les deux braqueurs font irruptions dans le restaurant et sont reconnus par le vendeur et la serveuse alors que d'autres clients arrivent et attendent eux aussi le ravitaillement sans savoir que deux truands font partis des clients. Ce riche synopsis n'est en réalité que le point de départ d'un scénario très bien écrit nous immergeant pendant une heure et demie dans une intrigue aussi plaisante que prenante. Celle-ci nous plonge immédiatement dans le vif du sujet et parvient parfaitement à intégrer petit à petit au gré des minutes chaque nouveau protagoniste dans ce nuage atmosphérique chargé d'électricité. La tension est palpable et l'ambiance indécise. On ne sait vraiment pas comment va évoluer cette prise d'otages insidieuse qui comporte quelques retournements de situations inattendus. Le ton se veut grave mais comporte pourtant un petit humour subtil distillé à des moments toujours opportuns. L'ensemble est porté par des personnages aux motivations toutes différentes ayant chacun une place importante et se complétant à merveille. Des rôles très bien interprétés par une distribution comprenant Jim Cummings, Jocelin Donahue, Faizon Love, Sierra McCormick, Nicholas Logan, Michael Abbott Jr., Connor Paolo, Alex Essoe, Robin Bartlett, Jon Proudstar, Sam Huntington, Ryan Masson, Barbara Crampton, Gene Jones, Richard Brake et Robert Broski. La liste est longue mais chacun d'eux mérite d'être mentionné tant ils apportent tous leur pierre à l'édifice. Tous ces individus entretiennent des rapports tendus et nerveux procurant de l'inquiétude. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture nous tenant en haleine. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut particulièrement qualitative. Ce dernier maîtrise totalement la grammaire cinématographique et le prouve via sa mise en scène rudement efficace multipliant les angles de caméras variés afin de créer du suspens à chaque plan. Des plans au demeurant très bien cadrés et soignés. L'environnement reculé joue lui aussi son rôle en étant coupé du monde. De plus, ce cadre désertique naturel est très beau et la photographie enjôleuse lui rend superbement hommage. Ce joli visuel lumineux est accompagné par une b.o. aux titres franchement appréciables et percutants renforçant l'atmosphère crispée. Surtout, ils apparaissent à des moments stratégiques et le film en joue très bien. Cette séquestration désertique s'achève sur une fin à la hauteur du reste de l'intrigue, venant ainsi mettre un terme à The Last Stop In Yuma County, qui, en conclusion, est un premier film de grande qualité méritant assurément d'être découvert.
Une station-service flanquée d'un motel et d'un diner, quelque part dans le désert en Arizona, on ne peut guère faire plus américain en matière de décor emblématique. Last Stop : Yuma County fait appel à une culture cinématographique commune, qui a commencé avec le western et s'est poursuivie plus récemment avec Tarantino et les frères Coen, ces derniers semblant la référence la plus évidente, jusqu'à un certain point, du moins, et avec un peu moins de brillance, celle de la copie qui a du mal à s'affirmer à hauteur de l'original. Il y a des truands à trognes, de la tarte à la rhubarbe, des flics oisifs, une serveuse accorte, un VRP minable et un couple de retraités, entre autres personnages de ce quasi huis-clos, dans une atmosphère pas si lointaine des tableaux de Hopper, quand l'ambiance est calme et expectative mais c'est sans compter sur une scène aussi explosive que drôle, qui pourrait aussi être vue comme une critique de la libre circulation des armes en Amérique, mais bon. Le film, un peu trop conscient de ses effets, amuse par son jusqu'au boutisme dans l'absurdité mais déçoit par le manque de verve de ses dialogues. Cela reste un exercice de style, à la cruauté assumée et relativement délectable, parce que placée sur une crête parodique mais, de grâce, n'en faisons pas un objet culte.
Un petit coup de cœur pour ce film qui fonctionne à ravir. Vous aimez l'ambiance des frères Coen ou de Tarantino ? Vous aimerez donc « The Last Of In Yuma County ». L'employé en attente de ravitaillement d'essence propose à quelques voyageurs d'attendre au diner d'à-côté. Manque de bol, parmi ces personnes se trouvent deux braqueurs. Entre ceux en otage qui doivent faire semblant et ceux qui ne savent pas, cela nous amène à pas mal de situations cocasses, jusqu'à une seconde partie qui part dans tous les sens pour notre plus grand plaisir. C'est soigné, drôle et noir à la fois, un très bon divertissement d'autant plus que c'est le premier film du réalisateur. À suivre de près.
On peut s’étonner qu’il ait fallu un peu plus de 2 ans pour que "Last stop : Yuma County", premier long métrage du jeune réalisateur US Francis Galluppi, trouve sa place sur les écrans de l’hexagone. En effet, voilà un film qui n’a pas à rougir de la comparaison avec les films de Quentin Tarantino et ceux des frères Coen, un film qui s’est vu décerner le Prix de public au Festival Reims Polar en avril 2024, un film qui, en plus d’être très divertissant arrive à se montrer très cruel dans ce qu’il montre des mœurs d’une partie de la population US. Peut-être par précaution, Francis Calluppi a situé l’action de son film dans les années 70 mais ces mœurs ont-ils réellement changé dans l’Amérique trumpiste, 50 ans plus tard ? Tourné en numérique, ce film a fait l’objet de bidouillages lors de la postproduction afin d’obtenir un rendu argentique rappelant les westerns des années 70. Malgré l’absence de très grands noms au générique, la distribution est très solide et le plaisir ressenti à la vision de ce film est très vif. Critique complète sur le site dont la dénomination comprend critique et film avec le tiret du 6 entre les 2. Film vu aux Rencontres Cinématographiques de Cannes en novembre 2024.
Vu en avant-première au Max Linder Panorama, voilà un petit bijou de perversité et de drôlerie qui fleurte en toute impunité avec le cinéma de Tarantino et avec un certain brio. On s'amuse beaucoup devant cette galerie de personnages bien croqués. Réjouissant !
Un bon film qui vous fait rire noir tant les situations sont à la fois ubuesques et dramatiques. Le film passe rapidement et jusqu'à la fin on ne peut pas deviner comment cela va se finir.
La flamboyance de certains instants, fait que l'on trouve tout de même l’œuvre de GALLUPPI assez convaincante, même si on ressent par instant, une impression de réduit, et de classicisme, qui ne permet pas au long métrage de pleinement décollé, malgré son hommage fun et décomplexé à un certain cinéma américain
Le titre dit beaucoup de ce polar dans le désert de l’Arizona ? Ou d’ailleurs….j’ai admiré le montage et la photographie, avec des gros plans sur les souliers, un souci du détail et de la musique, bref techniquement un petit bijou, qui m’a fait penser à un film d’Oliver Stone avec Sean Penn ( U turn ici commence l’enfer, 1997)…..Il y a des moments tragiques, c’est assez tendu, de l’ironie, de l’humour noir ( j’ai ri donc) et puis un scénario la fois simple et passionnant…..Les personnages sont singuliers mais authentiques …..les armes sont une passion américaine, ce film le prouve, nul n’est l’abri en Amérique..Je conseille, un film au format idéal qui peut rester gravé chez le spectateur
Un solide polar noir bourré de références du genre. On sent bien que le réalisateur connait les Tarantino et les Coen par coeur. Excellente mise en scène, excellent musique des années 70, excellent moment
On peut vraiment dire que tout l'esprit des frères Coen habite ce film, alors qu'ils n'en sont que les inspirateurs. L'humour noir, les personnages typés, les rebondissements, le sens du détail et la maitrise technique. Un film vraiment jouissif.