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Bernard D.
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4,0
Publiée le 18 février 2024
« La ferme des Bertrand » (2024) est un documentaire de Gilles Perret retraçant la vie d’une ferme laitière à Quincy en Haute Savoie, un petit village de 50 habitants dans la vallée du Giffre, et ce à travers 3 générations et sur 50 ans. Gilles Perret qui est un voisin des Bertand a réalisé ce documentaire à partir d’images tournées en 1972 (pour un premier documentaire « Trois frères pour une vie »), puis en 1997 lorsque les 3 frères ont transmis leur ferme à leur neveu à son épouse et en 2022 alors que le neveu est décédé et que son épouse s’apprête à passer la main. On ne peut qu’admirer la force de travail de ces 3 frères célibataires qui ont eu – si je puis dire – la chance de s’entendre et de travailler ensemble et donc sans partage initial des terres (60 hectares au début dont 30 en location), de ne se donner aucun salaire et de tout réinvestir en mécanisant la ferme et en achetant des terres… et le film de finir sur la possible arrivée de robots de traite qui certes rendront le travail moins pénible … mais qui peut être imposeront d’augmenter le cheptel pour vendre plus de lait à Lactalis, un des géants de l’agro-alimentaire. Ces frères ont eu la chance de se situer dans la zone AOP du reblochon avec des contraintes de qualité mais en échange un bon prix d’achat de leur lait et des subventions. Le film montre si besoin en était la pénibilité du travail de ces agriculteurs aimant leurs vaches et la nature dont ils dépendent. Un film sans aucune colère ni revendication sociale pour ce travail pénible mais finalement imposé par le destin, et montrant la fierté du travail bien fait et de la transmission.
Bon documentaire qui revient sur 50 ans d'agriculture dans une même ferme. Le doc est intéressant mais je suis mois dithyrambique que certains car sur 1h20 de film, il y a presque une heure qui provient du film de 1997, je trouve qu'il y a trop peu sur 2023, et ça manque de femmes, on ne sait pas trop où elles se trouvent. Mais ça reste un joli documentaire notamment parce qu'il y a une vision sur 50 années, par ailleurs les personnages sont sympathiques et ceux qui ont connu le monde agricole dans les années 80/90 se retrouveront.
Un documentaire captivant, qui nous immerge immédiatement à la fois dans l’environnement global et dans l’intimité d’une famille d’agriculteurs. La dimension temporelle ouvre une perspective historique et sociologique très intéressante. Tout au long du film, les leçons de vie personnelle et professionnelle entrent en résonance avec nos propres choix : engagement, pénibilité, choix de vie, sens du travail et goût du travail bien fait et de l’accomplissement. Un chef d’œuvre à voir absolument !
C'est sans fioriture, sincères, authentiques et incarnés par le bon sens des gens de la terre qu'apparaissent tous les acteurs de cette saga familiale qu'a su filmer dans leur quotidien rude et passionné, sur deux décennies, le réalisateur Gilles Perret dans le petit hameau de Quincy du village de moyenne montagne de Mieussy, au coeur de la Haute-Savoie chère à mon enfance et adolescence de fils de petits paysans. Entre tradition et modernité, un choix difficile s'impose à la nouvelle génération qui, nonobstant, essaye, bon an mal an, mais toujours avec l'amour du métier de conjuguer écologie, rentabilité et qualité de vie.
Ce film remarquable peut être vu sous de multiples angles, c'est d'ailleurs ce qui le rend si intéressant.
Au premier degré, l'écoulement du temps qui passe, la façon dont les trois frères ont vécu, et pour certains sont morts, depuis les films précédents (72,97) est un levier formidable pour générer de l'empathie. On voit les enfants devenir adultes, les adultes vieillir et les personnes âgées disparaître.
Le film est aussi, bien sûr, un tableau de la vie paysanne de hier et d'aujourd'hui : l'investissement maximal que ce travail implique, l'évolution technologique, et en même temps, le caractère immuable de certains gestes (planter les pommes de terre avec la même machine, nettoyer le tour des arbres, etc). Les Bertrand ont bien réussi, ils ne sont pas pauvres, loin de là : leur vie n'entre donc pas directement en résonance avec le mouvement actuel des agriculteurs.
La ferme des Bertrand est enfin un film de "tronches" : les frères sont de sacrés numéros, chacun avec une personnalité bien marquée, et celui qui est encore vivant pourrait sans problème avoir été casté dans un film des années 50, des dialogues écrit par Jacques Prévert plein la bouche (ce moment où il parle des loisirs, en disant qu'il n'aimerait pas "faire semblant de s'amuser").
Pour toutes ces raisons, et bien d'autres encore (la beauté des paysages, les apports en terme de connaissance) le dernier film de Gilles Perret est vraiment à voir : leçon de vie et leçon de choses à la fois.
Histoires de vies, histoire d'un lieu, histoire de la vie de paysans de haute Savoie. Le film permet de pénétrer dans l'intimité de ces hommes, et de cette femme dont les témoignages sont captivants.
André, Joseph et Jean Bertrand sont trois frères qui ont consacré leur vie à leur métier d'éleveurs agricoles, et se retournent sur ce choix difficile, gorgé de sacrifices (pas de femme, toujours à travailler dur, pas de salaire décent...) mais aussi riche d'une fraternité à toutes épreuves, d'un lien familial fusionnel qu'à peu près tout le monde de l'autre côté de l'écran leur envie. On se sent petit, tout petit, face au labeur harassant que les archives nous dépeignent, mais aussi très impressionné par la lucidité parfaite des trois frères sur leur métier (ni trop geignarde en disant "Ne faites pas comme nous", ni trop orgueilleuse en refusant catégoriquement les avancées technologiques : ils ont bien compris l'évolution de leur métier). Comment ne pas sourire devant l'amour tendre de ces fermiers pour leurs bêtes : celui qui connaît toutes les vaches par leur prénom et leurs habitudes ("Celle-là, elle aime balancer son seau..." / *BLAM* / regard blasé mais amusé), celui qui se fait suivre par ses poules pour avoir des papouilles (on a fondu), le jeune qui monte sur le tracteur avec son chien, celui qui pratique le vêlage avec une certaine douceur et en parlant à sa vache, etc... Comment ne pas sentir son cœur se briser face à certains témoignages dont les voix se brisent quand ils évoquent les deux frères décédés, et le troisième dire qu'il n'attend plus que la vie le quitte... La Ferme des Bertrand est un voyage dans le temps sur trois générations, qui donne la parole à une femme dans ce métier (ce que l'on voit assez peu) et même aux enfants, laisse les "ratés" à l'écran (lorsque les deux héritières de la ferme fondent en larmes quand elles parlent de leur situation familiale, et qu'elles demandent à refaire la prise, la "ratée" est quand même dans le film, pour ne rien cacher du malêtre dans lequel elles se trouvent : le documentaire a un vrai soin d'honnêteté), et laisse le "parler" des paysans nous surprendre (ils s'expriment incroyablement bien, c'est un régal pour les oreilles). Plus qu'une parenthèse pastorale, La Ferme des Bertrand est loin du coup de gueule militant, loin de la tragédie accablante sur le monde paysan, se positionne juste au milieu, avec une bonne dose d'humour (le cidre à 7°, la gnôle dans le café... "Ça soule pas, ça."... On a ri), laissant le destin "terriblement" (comme dit le papy) dur, esseulé, mais fier, des trois frères parler pour eux. On retient quand même la séquence "papouilles Poupoule", d'une mignonnerie extrême (vous en avez forcément besoin).
Cette année, "La Ferme des Bertrand", saluée par de nombreuses critiques positives et lauréate du prix du meilleur documentaire aux Césars, est une œuvre touchante. Effectivement, le réalisateur Gilles Perret retrace le parcours d'une famille d'agriculteurs sur cinquante ans en utilisant divers films documentaires. Même si j'ai connu d'autres histoires plus intéressantes, la famille Bertrand s'avère touchante, relatant leur amour pour leur travail, alors que le réalisateur met en lumière les changements et les évolutions du secteur agricole ces dernières années.
En 1997, le cinéaste et documentariste Gilles Perret filmait pour la première fois la famille Bertrand, qui était déjà apparue en 1972 dans le cadre d’un reportage en noir et blanc, montrant trois frères cassant des cailloux comme des forçats et racontant leur vie de jeunes agriculteurs, reprenant la ferme de leurs parents.
Plus de 25 ans après cette première rencontre, Gilles Perret retournait dans cette exploitation agricole de Haute-Savoie qu’il connaissait bien pour avoir habité à 100 mètres de chez les Bertrand, étant jeune. Il y retrouvait ces trois frères, filmés en compagnie de leur neveu, Patrick, et de son épouse Hélène, qui avaient repris cette ferme d’élevage laitier en 1992. Les corps ont vieilli, les trois frères ne se sont jamais mariés, mais ils ont continué à s’entendre pour faire fonctionner coûte que coûte cette ferme qui compte une centaine de vaches, mais aussi des prés alentours.
En 2022, retour à la ferme des Bertrand pour Gilles Perret : la famille a bien changé. Les gamines aperçues dans le film de 1997 sont devenues des mères de famille, deux des trois frères sont décédés, ainsi que le mari d’Hélène. La nouvelle génération, composée du fils et du gendre d’Hélène, a repris l’exploitation et s’apprête à faire l’acquisition d’un robot de traite.
Une ferme qui se raconte à travers ses occupants, les montrant alternativement en 1997 et en 2022, avec ces 25 années qui séparent les deux visites, permettant au spectateur de voir les évolutions dans la manière de vivre, dans les habitudes, les méthodes de travail et les progrès technologiques, l’impact du réchauffement climatique sur les saisons, et aussi la fatigue qui se voit sur les corps usés par la répétition des tâches, comme celui d’André, le fier moustachu devenu en 2022, un arrière grand-père au dos courbé et se déplaçant difficilement.
Plus qu’un témoignage sur la vie d’une famille de fermiers, La ferme des Bertrand raconte l’histoire de l’agriculture française, celle d’une petite exploitation comme il en existe des centaines à travers la France : la vie de deux générations d’hommes et des femmes, de gens sans histoire, simples et courageux, qui ont décidé de consacrer leur vie à leurs vaches, comme d’autres consacrent leur vie à Dieu dans les couvents ou les monastères.
Un métier presque comme un sacerdoce, donc, avec ses joies et ses peines, raconté à travers la caméra d’un Gilles Perret, filmant la nature au fil des saisons, laissant parler les uns et les autres librement, les montrant au travail la plupart du temps.
Un documentaire qui raconte la vie à la ferme sous un angle plutôt positif et presque optimiste, loin de la dimension dramatique telle que l’on a pu le voir dans des films de fiction comme Petit paysan ou Au nom de la terre, voire plus régulièrement dans des reportages d’actualités.
Construit sur le même modèle que " farrebique" (1946) et " biquefarre" (1983) deux documentaires essentiels de Georges Rouquier, ( un cinéaste qui veut rendre compte des changements survenus dans le monde paysan) revient sur les lieux de tournage plusieurs années après son premier passage.
Malheureusement pour Gilles Perret, son travail certes sympathique manque cruellement de pédagogie humaine.
Certes, les transformations des conditions de production du monde agricole, les enjeux économiques qui traversent la vie de leurs acteurs sont clairement montrés, mais la présentation de cette famille de Haute Savoie manque cruellement de pédagogie.
On aura la plus grande peine à comprendre la nature des liens précis qui réunissent les personnages ( seuls les trois frères et leur père seront clairement identifiés), les portraits humains sont survolés ( on a l'impression que pour le cinéaste seul leur travail compte).
Si "la sociale" était une franche réussite de la part du documentariste, " la ferme des Bertrand" est ( à mes yeux) beaucoup moins convaincant.
Le spectateur qui en doutera, visionnera les deux documentaires de Rouquier pour s'en persuader. Il reste un film sympathique de témoignages, agrémenté de paysages magnifiques de montagne, mais le résultat est à mon goût, un peu trop superficiel.
50 ans dans la vie d’une ferme… Haute Savoie, 1972 : la ferme des Bertrand, exploitation laitière d’une centaine de bêtes tenue par trois frères célibataires, est filmée pour la première fois. En voisin, le réalisateur Gilles Perret leur consacre en 1997 son premier film, alors que les trois agriculteurs sont en train de transmettre la ferme à leur neveu Patrick et sa femme Hélène. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, le réalisateur-voisin reprend la caméra pour accompagner Hélène qui, à son tour, va passer la main. A travers la parole et les gestes des personnes qui se sont succédé, le film dévoile des parcours de vie bouleversants où travail et transmission occupent une place centrale : une histoire à la fois intime, sociale et économique de notre monde paysan. On connaît bien les documentaires de Gilles Perret, depuis 2016 et La Sociale suivi de 3 autres en collaboration avec François Ruffin. En 2021, il va faire une échappée – très réussie – du côté de la fiction avec Reprise en main. Ces 90 minutes marquent son retour vers le documentaire. Retour parfaitement réussi. En 1972, Marcel Trillat avait filmé les Bertrand pour un de ses films destiné à la télévision. 26 minutes tournées en 16 mm et réalisées dans le cadre d’une association qui s’appelait Télé promotion rurale. 5 ans après, Gilles Perret, en voisin, va réaliser son 1er docu, Trois frères pour une vie, qui est hélas passé sous les radars. Et rebelote, de nouveau 25 ans plus tard, quand il a appris qu’Hélène allait bientôt prendre sa retraite, et qu’ils investissaient donc dans des robots de traite…D’où la toute première séquence du film. La bonne idée de ces 90 minutes, c’est d’avoir entremêlé avec habileté les 3 films consacrés sur 50 années à cette famille Bertrand. Pour montrer l’évolution de la pénibilité du travail sur un demi-siècle, on passe de l’image des trois frères cassant des cailloux en 1972, jusqu’à l’arrivée des robots de traite aujourd’hui. On peut toujours, vu de l’extérieur, critiquer la mécanisation des travaux des champs, mais quand on entend Hélène dire qu’elle a les épaules et les mains défaites et que les robots la remplaceront avantageusement, qui sommes nous pour les juger ? Cette constatation venant de ce cinéaste dont l’engagement dans la gauche écologique ne peut pas être mis en doute, sonne comme une vérité. Même si, dans l’objectif de toujours plus de productivisme, les patrons en ont profité pour accélérer les cadences. Ce n’est de toute évidence pas le cas chez les Bertrand. Pour eux, même difficile, c’est la vie qu’ils ont choisie en toute lucidité, une vie de passion qu’ils aiment et qu’ils défendent contre vents et marées. - Emotion garantie, en particulier quand l’oncle André est à l’écran -. Un film très fort, à rebours des raccourcis et des reportages sensationnalistes, des péroraisons et récupérations politiques de tous poils. Un bijou en forme de kaléidoscope plein d’espoir malgré tout.
Le thème du documentaire est très intéressant. Le réalisateur aborde la question de la transmission et l’évolution du métier de fermier avec justesse et recul. Certains sujets auraient pu être davantage approfondi : le rapport au progrès et à la robotisation, l’organisation de la ferme au quotidien et la priorisation du travail sur la vie personnelle et familiale.
Un paysage magnifique, un film de famille très sympathique où on voit grandir les enfants et vieillir les parents, une vie de dur labeur. Mais on reste en surface et j’aurais aimé mieux comprendre comment les choses avaient changé.
Un documentaire exceptionnel. On suit la famille Bertrand sur une cinquantaine d’années, travaillant dans leur ferme tout en s’adaptant aux évolutions de leur époque. La première génération, incarnée par les trois frères qui sacrifient toute vie personnelle au profit du travail, est filmée par le réalisateur en 1997, puis à nouveau en 2023. Le documentaire intègre également des images datant de 1972, issues d’un reportage télévisé.
"La Ferme des Bertrand" est une oeuvre intelligente et riche d'enseignement, mettant en lumière l’importance du secteur agricole, qui s’est transformé et adapté au fil du temps. À travers trois générations, on découvre une famille qui, avec passion et dévouement, maintient en vie une ferme qui est au cœur de leur existence. La générosité, l’amour et la transmission qui s’en dégagent touchent profondément le spectateur. Le film souligne aussi la difficulté d’attirer les nouvelles générations vers ce métier dans le contexte actuel.