Triple bof !
Depuis ses débutes sur la scène, ce qui a toujours caractérisé Fabrice Eboué, c’est son humour particulièrement mordant et décapant. Il semblerait qu’avec les années qui passent, ce soit le grand n’importe quoi et le laisser-aller qui soient à l’ordre du jour dans son cinéma. Il s’appelle Gérald. Son objectif : redorer le blason de sa région de cœur, la Normandie. Sa méthode : bâtir le plus grand parc d'attractions du pays, à la gloire de Guillaume le conquérant. Et pour y parvenir, il est prêt à aller loin, très loin… Retenez bien ce prénom, car il va marquer l’Histoire ! 84 minutes ni faites ni à faire. Hautement évitable !
C’est son 6ème film. Sans doute le pire. Après les promesses de Case Départ, Le crocodile du Bostwanga, CoeXister ou Barbaque, on a pris l’habitude de son goût pour le non-sens, un engagement politique indéniable et sa manière de toujours aller trop loin. Mais ici, tout ça laisse une impression de confusion quant à son véritable objectif. Il semble vouloir déconstruire le roman national tel que le met en scène Philippe de Villiers au Puy du Fou, mais n’ose jamais aller pleinement au bout de cette démarche. Le film oscille entre satire politique, chronique sociale, sans réellement choisir et finit par rendre son combat vain, voire contreproductif. Filmé dans l’esprit de l’émission de télé belge Strip-Tease. Le film s’enferme – et s’enferre -, dans le portrait d’un jusque-boutiste borné et antipathique et surtout une caricature de la région qu’il prétend défendre qui ne risque pas d’aller droit au cœur des Normands, montrés ici comme, alcooliques, vénaux et bas du bulbe… effrayants. C’est Strip-tease au pays de Groland mais sans le talent de l’un ou de l’autre.
Comme toujours dans ses propres films, Fabrice Eboué se taille la part du lion et ne quitte pas l’écran. L’œil globuleux et torve, il évolue jusqu’à plus soif sur l’écran entouré de ses faire valoir, Logan Lefèbvre, Alexandra Roth, Vincent Solignac, Jean-François Cayray et même deux apparitions de Franck Dubosc, qui a l’air aussi mal à l’aise que le spectateur. Si le style Eboué fonctionne bien sur de courtes séquences et quelques sketchs, ça ne tient pas la route sur un long métrage. La satire se veut audacieuse, mais ça ne décolle jamais et nous offre – merci du cadeau -, un film longuet, répétitif qui ne pique jamais là où il faut. Raté !