Resurrection
Note moyenne
3,5
600 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

93 critiques spectateurs

5
17 critiques
4
16 critiques
3
26 critiques
2
18 critiques
1
11 critiques
0
5 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Audrey L

829 abonnés 2 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2025
Théodore Roosevelt disait : "Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves". Bi Gàn est visiblement d'accord. Resurrection est une itinérance poétique de 2h30 dans les rêves d'un "fantasmer" (en VO), un homme du futur rendu immortel mais malheureux, qui a une nuit pour tout vivre, tout faire, tout réparer de ses regrets, avant que son accompagnatrice (la femme qui le veille, observe ses rêves, sans tout comprendre mais en appréciant le voyage, un peu comme nous) ne le réveille pas au petit matin... Comme une allégorie de ce qui fait la préciosité de la vie, Resurrection parle beaucoup de ce qui compte vraiment : revoir son père dont les ronflements sont un souvenir tendre qui a marqué le héros dans sa jeunesse, discuter philosophie et morale avec une divinité, se battre avec des gangsters, tomber amoureux de la fille qui nous a toujours plu... Bi Gàn s'offre carte blanche dans le scénario, et l'on baguenaude joliment d'un rêve à l'autre, saisissant que le héros essaie de cocher tous ses désirs, sans même se dépêcher (le film dure 2h30, ce n'est pas pour rien), avec l'éternel image de la finitude qui l'attend au bout de son rêve (comme cette statue qui semble ne rien craindre du temps, mais fond pourtant comme une bougie : seul l'inconscient se sent tout-puissant). Rappelons, car c'est important, que ce film a eu un mal fou à se sortir de la censure chinoise (ce qui explique qu'il est apparu comme par magie dans la programmation de Cannes juste cinq jours avant le Festival... Ils ont dû batailler pour l'obtenir), notamment car les rêves du héros sont gorgés d'interdits dans le régime autoritaire chinois (même si l'intrigue a l'élégance de ne pas faire du militantisme pour appuyer sa critique, on voit bien avec toutes les libertés prises dans les fantasmes, que cela tranche avec la réalité de la Chine... Ah, tiens, un pays "qui veut être futuriste, mais empêche les gens de rêver, et de penser ?", on vient de saisir...). Au-delà de la beauté du récit, on se rince l’œil sur la magnifique mise en scène de Bi Gàn, faite de plans-séquences qui suivent les personnages avec fluidité et naturel, ajoutée à des anamorphoses virtuoses (les décors se complètent, s'imbriquent, se construisent à l'improviste d'un regard jeté en arrière par le personnage principal), et faisant suite à un court-métrage qui rend hommage aux premières vues du cinéma (l'arroseur arrosé, Méliès, Les Frères Lumière...). On n'oubliera pas que le cinéma est littéralement "la captation de ce qui est en mouvement", comme un moyen de tromper la Mort en gardant mobile ce qui n'existe plus dans le réel, ici mis en parallèle de ce dernier rêve du condamné qui peut tout faire le temps d'une nuit, et d'une seule... Resurrection est un petit prodige de mise en scène, de poésie, de finesse dans sa critique politique, dans lequel il est facile de se laisser porter, comme dans un doux songe...
LeaOffScreen
LeaOffScreen

7 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 juillet 2025
Mon premier Bi Gan, et certainement pas le dernier. Résurrection déploie son tempo hypnotique avec une audace rare : oui, le film est long, mais chaque minute compte. La beauté plastique est sidérante, la mise en scène vertigineuse, et l’expérience sensorielle bouleverse autant qu’elle élève. Vu à Cannes, j’en suis sortie marquée.
Le Blog Du Cinéma
Le Blog Du Cinéma

123 abonnés 300 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 juillet 2025
On peut reprocher à RESURRECTION son hermétisme, sa lenteur, son absence de narration conventionnelle. On peut s’agacer de ses poses poétiques, de son refus de l’émotion immédiate. Mais il faut aussi reconnaître à ce film une puissance rare : celle de réveiller en nous une forme de regard endormi, de nous remettre face au mystère du cinéma comme machine à fantasmes. Il ne cherche pas à plaire. Il n’est pas là pour nous divertir. Il nous affronte. Et dans cette frontalité même, dans ce refus de l’évidence, il atteint parfois des sommets de beauté et de vertige.

Retrouvez la critique complète sur notre site : /
Simone Gentile
Simone Gentile

13 abonnés 108 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 juin 2025
Ce dernier Bi Gan confirme la virtuosité du réalisateur : la beauté des images et la maîtrise des cadrages s’imposent avec éclat. Toutefois, l’aspect psychédélique du film peut parfois nuire à sa lisibilité.
Pierre Mrdj
Pierre Mrdj

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 juin 2025
Chef d'œuvre passé par le festival de Cannes et une avant-première pour quelques privilégiés. Une ode aux puissances du rêve et du cinéma, qui bénéficie d'une mise en scène impressionnante. Après un premier segment hommage au cinéma muet et à l’expressionnisme allemand, le film invente cinq espaces scéniques, cinq rêves, qui sont autant de contes mystérieux et envoûtants. Chacun de ces rêves bénéficie d'un langage cinématographique propre, qui porte en même temps toujours la signature de Bi Gan (dont un plan séquence magistral). On pourra préférer l'un ou l’autre de ces segments, qui forment des unités en partie indépendantes, mais sont tous travaillés par la question du sens : de la sensibilité aussi bien que de la signification qu’on cherche à leur donner. Le film désoriente par sa structure narrative et ses changements de ton, mais émerveille constamment.
Michèle G
Michèle G

48 abonnés 29 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 décembre 2025
Le film de Bi Gan est une merveille cinématographique et poétique. Une traversée mémorielle et fragmentaire du XXème siècle où l’histoire de la Chine s’allie à celle du cinéma.

Cette traversée nous projette dans un monde où vivent des êtres immortels qui ont cessé de rêver. Mais certains se dissimulent pour continuer de pouvoir rêver. Ces « rebelles » sont appelés les révoleurs. Mais peut-être sommes-nous déjà à l’intérieur d’un rêve ?

Une femme se met en quête de l’un d’eux. Après une poursuite onirique époustouflante, qui évoque merveilleusement le cinéma expressionniste allemand, elle le trouve et lui offre une façon nouvelle de rêver. Elle lui fait découvrir le cinéma.

Au commencement était… le cinéma muet.

Elle rembobine une pellicule et lorsque celle-ci s’enflamme, le rêve s’éveille et le révoleur se réveille dans… la « vie réelle ».

Chaque rêve sera forgé dans les chutes d’un film. Ce qui fut un jour jeté et non utilisé, comme un moment de vie non vécu, devient une chance de vie nouvelle.

Et c’est avec cette matière illusoire que le rêve façonne la vie « réelle ». Cette mise au monde, qui reprend son cours en un point donné, nous sera contée dans ce qui deviendra un fragment du film et un épisode de vie rêvée du révoleur.

Si la vie est un rêve, cet acte de rêver a pour effet de faire de nouveau s’écouler le temps qui s’était arrêté. À chaque épisode raconté, le temps s’écoule. Mais celui qui se réveille n’en a plus le souvenir. Il se réveille, alors qu’il est en plein rêve et affronte une nouvelle scène de vie « réelle ». Un peu comme si on ouvrait un livre au milieu d’une histoire. Ces fragments de « rêves de vies » font découvrir au révoleur la souffrance, la torture, le chaos, mais aussi l’amour.

Cette mise en abyme du réel et de l’illusion dans un jeu de miroirs déformants, fait de la vie vécue un simple rêve. Une vision inversée du réel qui semble renvoyer à ce Verbe énigmatique de Salomon « Les hommes dorment et lorsqu’ils meurent ils se réveillent. » Sans parler de cette vision ésotérique du monde que renvoient le Kybalion et l’univers hermétique d’Hermès Trismégiste… « Le Tout est esprit. L’univers est mental. » Laissant entendre que nous vivons et agissons à l’intérieur d’un esprit qui rêve dont nous serions la résultante ! D’un imaginaire, l’autre… en écho à ce magnifique voyage onirique que nous offre Bi Gan en utilisant le cinéma comme « véhicule ».

De scène en scène, l’éveil de chaque protagoniste nous propulse dans un monde où les cinq sens seront mis en avant dans chacun des différents épisodes de vies racontées. L’un d’eux est une traversée en trompe-l’œil du cinéma wellesien. Une splendide scène aux miroirs dans laquelle le protagoniste, un pistolet à la main, tire sur celui qu’il veut abattre sans jamais atteindre son corps réel. Au cours de cette scène, une voix intérieure lui rappelle qu’il doit perdre l’ouïe pour traverser le miroir.

Traverser est-ce mourir, continuer de rêver ou renaître à la vie réelle ? Une réalité dont on ne sait plus où elle se situe.

Dans la séquence où l’odorat prédomine, un enfant que le révoleur croise sur son chemin et entraîne avec lui dans un jeu de tricherie, évoque une énigme que son père a écrit sur un billet de 5 yuans. « Qu’est-ce qui s’échappe et ne revient jamais ? » La réponse, lorsqu’elle est connue, renvoie à la banalité du réel et des simples chairs et non à la poésie énigmatique qu’elle évoquait. Ici, en plein rêve, on est au cœur de la réalité humaine.

Dans cet épisode, le besoin de rêver, comme celui de tricher, devient salvateur. S’éteindre vers un nouveau rêve. S’éteindre vers une nouvelle vie où le temps est décompté à chaque renaissance, à chaque épisode. Un temps où la pellicule brûle un peu plus à chaque souffle.

Si l’amour est une possible échappatoire, il faut cependant l’attraper et faire appel au sens du toucher pour y croire. Un impressionnant plan séquence, nimbé de rouge, nous conduit dans les dédales d’une ville portuaire où cette quête d’amour est imbibée de sang.

Peu importe que cet amour ne soit pas vécu dans un contexte idéal, ni ne soit rassurant ; l’important est qu’il soit trouvé, reconnu et s’accomplisse, quel que soit sa durée et sa nature. Il est là, éphémère, mais tangible.

Cette scène se déroule la soirée du réveillon de l’an 1999. Elle ferme un siècle et s’ouvre sur un nouveau millénaire. Le jour se lève sur une mer étale, un soleil lointain à l’horizon. Mais le temps de rêve du révoleur est écoulé.

Et lorsque cesse le rêve, des ombres lumineuses apparaissent comme des réminiscences qui refuseraient de s’éteindre. Elles cherchent un ultime refuge dans une salle de cinéma. Un espace où tout finit par devenir poussière dans l’obscurité d’un temps épuisé.

Ces quelques impressions ne font que frôler ce voyage fantastique que nous offrent les 2h40 du film de Bi Gan. Une traversée vertigineuse, d’une beauté absolue et d’une grande poésie visuelle.

« Toute personne qui tombe a des ailes » écrivait Ingeborg Bachmann. Dans le film de Bi Gan, toute personne qui rêve échappe à l’ennui de l’immortalité et découvre l’horreur du monde « réel » dans une traversée poétique où l’on perd la trace de l’idée même, que l’on se faisait de ce réel.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

9 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 mai 2025
Résurrection, Palme de Cœur pour Bi Gan

Au dernier jour du Festival de Cannes 2025, Juliette Binoche cherchait ses mots pour, tout à la fois, tenir son rôle de présidente et faire deviner sa préférence personnelle pour Résurrection, le troisième long métrage du jeune Bi Gan. Depuis Kaili Blues en 2015, le réalisateur chinois a trouvé sa voie. Son film de 2015 surprenait par ses plans séquence filmés avec une caméra embarquée sur un drone le long de la rivière de Kaili, son village natal dans le Guizhou au sud de la Chine. Jouant à cache-cache avec eux, la caméra surprenait les acteurs fonçant sur leur moto déglinguée sur des sentes terreuses. Trois ans après, dans Un grand voyage vers la nuit, Bi Gan reprenait le stratagème, un plan séquence de plus d’une heure, filmé en lumière rouge dans les bas-fonds d’une communauté de prolétaires fantasmagoriques. Pour capturer la magie de ce film dans le film, véritable retour sur image de Kaili Blues, mieux valait chausser des lunettes 3D. Élitiste bien sûr, un film franco-chinois avec un budget limité… Et puis cette année, Bi Gan était prêt, ou tout juste, son montage achevé sur les chapeaux de roue et sa sélection obtenue à l’arrache. Résurrection est un film phénomène, à nouveau une œuvre franco-chinoise, sur laquelle les avis sont irréconciliables, dithyrambiques ou assassins, c’est selon. On imagine les débats (plus longs qu’à l’habitude) du jury de Cannes. Découpé en six parties annoncées clairement comme au temps du cinéma muet, le film campe la relation entre une femme ayant subi une opération du cerveau et le cadavre d’un androïde avec lequel elle va se transplaner dans des lieux interlopes à différentes époques de la Chine. La scène finale rapproche un peu les protagonistes de la République populaire de Chine, Bi Gan se montre soudain plus réaliste. Pour ce film inoubliable, Juliette Binoche pouvait se permettre l’audace d’un Prix spécial du jury spécialement créé pour l’occasion. À l’image de celles d’Un Chien Andalou, le film de Buñuel et Dali qui a lancé le cinéma surréaliste, certaines scènes de Resurrection se sont gravées pour toujours dans ma mémoire.
Maemae
Maemae

10 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2025
Difficile à évaluer, j’ai un ressenti très contrasté face au film. J’ai aimé les chapitres dans le temple et celui où il est escroc, ainsi que la chanson de Tai Zhaome spoiler: i
domi JIAO
domi JIAO

1 critique Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2025
Tres beau image et belle musique, c'est un reve pour cinema et l'histoire chinoise entre 1900 et 1999.
Julie Lo
Julie Lo

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mai 2025
J'ai vécu un rêve. C'était un voyage entre le rêve et la réalité dans le Temps. Les cinq histoires sont chronologiques.
Cavafy
Cavafy

2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 30 mai 2025
Avant première à UGC Les Halles.
Bien qu’il y ait des parties inspirantes, le film lui même reste ennuyeux. Ces 2h30 étaient trop longues.
Ak F
Ak F

10 abonnés 39 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 mai 2025
Film incompréhensible qui n’a pas vocation à être clair mais plutôt à embarquer son spectateur dans un voyage onirique réservé aux quelques personnes qu’il touchera
Melvin RICHER
Melvin RICHER

33 abonnés 201 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 juin 2025
Un film de kiffeur du cinéma avec une esthétique juste incroyable, mais malgré quelques longueurs, moments de décroche ou trop farfelue en vrai le film est puissant et vraiment bien réalisé. C'est sur que ce n'est pas mainstream que c'est bien conceptuel avec pleins de références mais c'est magnifiquement magnifique. J'aime trop ça donne envie de prendre une caméra et de filmé là mtn tout de suite. Merci au réal qui vont jusqu'au bout de leur idée, ca créer de vrai film différent et c'est ça le but du cinéma finalement.
ed_loisel
ed_loisel

23 abonnés 113 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2025
Une mise en scène magistrale qui parle de cinéma et de nos émotions. Mais le récit est très dur à interpréter et manque d'accessibilité. Un second visionnage est donc sûrement nécessaire pour en saisir tout le sens.
Chris G
Chris G

42 abonnés 74 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2025
Pour l’apprécier il faut sans doute se laisser emporter dans cet hommage au cinéma chinois aux récits multiples et poétiques. On pense parfois à Holly Motors. Bi gan nous délivre également ses époustouflants plans séquences dont il a le secret.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse