Resurrection
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Fêtons le cinéma

861 abonnés 3 741 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 septembre 2026
Il faut bien reconnaître que la première difficulté qui est la nôtre à appréhender Resurrection tient à l’étrangeté de sa matière référentielle, qui demeure pour nous éloignée et par conséquent opaque, tant elle confond l’histoire de la Chine et de ses cultes – voir à ce titre le troisième segment qui se déroule dans un temple bouddhiste – tout en les intégrant à une reconstitution labyrinthique de l’histoire du cinéma et des représentations que celui-ci a faites d’eux. En cela, la rêverie métaphysique d’un Tree of Life (Terrence Malick, 2011) nous parlait davantage parce qu’elle s’attachait à une culture occidentale imprégnée de mysticisme biblique, matière dans laquelle nous avons grandi et évoluons encore. Pour autant, l’apoplexie suscitée par le long métrage chinois réside aussi, et peut-être surtout, dans son geste autocentré consistant à confondre la retranscription de rêves pour un spectateur qui ne les a pas faits – ce qui suppose un travail d’adaptation – avec leur restitution brute qui justifie à elle seule sa valeur, suspendant toute appropriation d’un public réduit, comme le proposait il y a peu Hamnet (Chloe Zhao, 2026), à l’état de masse applaudissante.
Comparer, comme certains ont pu s’y engager, Bi Gan à David Lynch ne sert pas à grand-chose sinon à célébrer le génie du second capable, à la différence du premier, de convertir l’exploration de son inconscient à lui en une quête collective faite des obsessions, des rituels et des changements de ton qu’offre le cinéma. Ressurection ne trouve de valeur que formelle et conceptuelle, quoique la prétention de retracer un siècle d’art en deux heures quarante frôle la démesure orgueilleuse et rejoue celle de Damien Chazelle sur Babylon (2022). On vantera évidemment les plans somptueux, le travail de la lumière et l’audace ; on se délectera du segment liminaire, déambulation dans un cinéma muet revisité avec amour et originalité ; on déplorera néanmoins cette distance qui demeure entre l’objet esthétique et nous, non en elle-même – car la distance porte souvent le désir de la voir abolie et justifie les revisionnages successifs – mais parce qu’elle ne suscite en nous, justement, aucun désir de l’abolir.
Roub E.

1 325 abonnés 5 428 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 septembre 2026
Un film que j aurais du mal à classer et pour qui la notion de note me paraît encore plus ridicule que d habitude. C est un film sensoriel, une expérience de cinéma autour du rêve et qui fait d ailleurs du parallèle entre songes et films un de ces thèmes centraux. Un film par moment abstrait ou je me suis demandé où j allais et ce que je regardais (il me manquait sûrement une meilleure connaissance de la culture chinoise pour saisir plus d éléments). Mais c est un film duquel je n ai quasiment jamais décroché, subjugué par la beauté formelle de la plupart des scènes dans un style fluctuant, inspiré et ambitieux. Je n ai pas été suffisamment touché et il me reste trop de choses en suspend pour que je crie au génie, mais le talent de Bi Gan et de son équipe technique est indiscutable.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

146 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 août 2026
Troisième long-métrage du cinéaste Bi Gan, Résurrection est aussi ambitieux qu’abscons. Les 2h40 du film – qui, en toute honnêteté, se font sentir – nous embarquent dans une multitude d’univers et d’atmosphères, comme autant de balades dans l’histoire chinoise et dans celle du cinéma lui-même, multipliant les hommages en tous genres. Les images sont souvent belles et mystérieuses, alors que l’enchaînement des situations relève d'un mystère des plus absolus, donnant à cet objet un caractère clairement insaisissable, et pourtant vaguement magnétique. Un conseil : afin de vous raccrocher à quelque chose d'un peu compréhensible, lisez le synopsis deux ou trois fois avant de vous y coller.
Fabios Om
Fabios Om

73 abonnés 1 338 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 juillet 2026
J'attendais beaucoup de Résurrection, surtout avec Shu Qi, qui livre une prestation convaincante et apporte de l'émotion à son personnage. Visuellement, le film est aussi très réussi : certaines scènes sont magnifiques et l'ambiance est soignée.

En revanche, j'ai eu beaucoup de mal avec le scénario. L'histoire est souvent confuse, le rythme est très lent et plusieurs passages manquent d'explications. La fin laisse énormément de questions sans réponse, au point où j'ai eu l'impression qu'il fallait chercher des explications en dehors du film pour tout comprendre.

C'est un film qui a de vraies qualités artistiques, mais qui m'a laissé plus frustré qu'émerveillé. Je pense qu'il plaira surtout aux amateurs de cinéma très contemplatif et symbolique, mais pour ma part je suis resté trop souvent perdu. 2,5/5.
moket

678 abonnés 4 753 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 juin 2026
Des qualités visuelles mais un film incompréhensible, incroyablement vide et, surtout, terriblement long.
Lesixiemetage
Lesixiemetage

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 juin 2026
Oui, il y a de belles images, mais pour dire quoi ? Le cinéma c'est le rêve. Il va nous survire ?
Cette plongée dans le rêve/réalité/cinéma ... on ne sait pas vraiment et on s'en fout au bout d'un moment ... car le cinéaste se fait plaisir, c'est boursouflé ... très surestimé par les critiques ( qui doivent certainement prendre leur pied ) ... mais tout ça pour ça ... l'éternité, c'est long surtout vers la fin!
Thierry Delarue
Thierry Delarue

6 abonnés 389 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 juin 2026
An 2068, peu après avoir subi une oération du cerveau, une jeune femme se réveille dans un monde en perdition. Elle est prise au piège d'un étrange rêve. Nous voilà plongés dans un monde asiatique, antique, artistique, médiatique, rendant hommage au cinéma. Si tu as eu comme moi, l'impression de "ne rien comprendre", rassure-toi : Résurrection n'est pas conçu comme un récit à décoder scène par scène. Bi Gan construit davantage un rêve qu'une intrigue. Beaucoup de critiques ont souligné que le film est volontairement énigmatique et fonctionne comme une méditation sur le cinéma, la mémoire et le rêve plutôt que comme une histoire classique. C'est long et tout plein de belles images, comme si chaque plan était une œuvre d'Art. Nous allons croiser, des magiciens, des vampires, des esprits, des rêves qui s'effacent, s'éteignent ou se brisent mais qui nous habitent. Ne cherche pas d'explication, un jour tu sauras ce qui se passe derrière l'écran.
Belle au Bois Dormant, notre conteuse de l'Imaginaire va nous donner son point de vue du haut de son château enchanté.
Il était une fois un monde qui avait peur de rêver...
Imagine un royaume où les humains ont découvert le secret de l'immortalité : ils ont cessé de rêver.
Ils vivent longtemps, mais leur âme s'est éteinte. Ils ressemblent à des bougies qui ne brûlent plus. Ceux qui continuent à rêver sont considérés comme des monstres et sont traqués.
C'est déjà la clé du conte : ne plus rêver , c'est vivre sans imagination, sans désir, sans amour ; continuer à rêver, c'est accepter d'être fragile, mortel, mais vivant.
Le "monstre" du film n'est donc peut-être pas un monstre. C'est peut-être le dernier être héros traverse plusieurs rêves La femme (Shu Qi) pénètre dans les rêves d'un "Rêvoleur" mourant. À chaque étape, il devient un autre personnage, dans une autre époque, avec un autre style de cinéma. Ce n'est pas le même homme qui change de costume, c'est la même âme qui se réincarne à travers différentes histoires. Chaque rêve est une nouvelle vie. Chaque vie lui apprend quelque chose sur les humains.
L'aspect qui t'a le plus dérouté, mon cher Léon, ce sont tous ces styles différents. Bi Gan parcourt l'histoire du cinéma : le cinéma muet, le film noir, le film de guerre, le conte fantastique, la romance moderne et bien d'autres formes encore. Il ne fait pas cela pour montrer sa culture cinéphile. Son idée semble être que les rêves des humains ont pris la forme des films et les films sont les rêves que nous partageons ensemble. Ainsi, lorsque le héros voyage d'un genre à l'autre, il traverse en réalité les rêves du XXe siècle. Je reconnaît là un vieux secret. Dans mon propre conte, je dors cent ans. Le héros de Resurrection fait presque la même chose. Il traverse un siècle entier de souvenirs, de fantasmes, d'histoires et d'images. Plusieurs critiques ont remarqué que le film relie l'évolution du personnage à celle de la Chine du XXe siècle. On peut voir chaque chapitre comme une époque de l'histoire chinoise, une époque du cinéma ou une étape de la vie intérieure du héros. Les trois se superposent.
La fin est volontairement ambiguë. Le titre Resurrection ("Résurrection") ne signifie pas forcément que quelqu'un revient réellement à la vie. La question est plutôt : Qu'est-ce qui peut survivre à la mort ? Le héros disparaît peut-être, mais son rêve continue comme un vieux film projeté dans une salle obscure longtemps après la disparition de ceux qui l'ont tourné. Dans un monde où l'on a renoncé à rêver pour vivre éternellement, le dernier rêveur traverse cent ans d'histoires et de cinéma pour nous rappeler que l'imagination vaut davantage que l'immortalité.
Et c'est exactement ce que dis : Mieux vaut dormir cent ans et faire de beaux rêves que vivre pour toujours sans jamais rêver.
Cinéphiles 44

1 698 abonnés 4 685 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juin 2026
Resurrection est sans doute l'une des propositions les plus singulières de l'année 2025. Le récit prend place dans une société où l'humanité a renoncé aux rêves afin d'atteindre une forme d'immortalité. Les rares individus qui continuent de rêver sont appelés les Rêvoleurs. Lorsqu'une femme rencontre l'un d'eux au seuil de la mort, elle plonge dans ses songes successifs afin de comprendre ce qui le pousse encore à rêver. Chaque rêve est associé à l'un des cinq sens et à une période différente de l'histoire chinoise du XXe siècle. La grande force du film réside dans cette idée brillante de traiter les cinq sens à travers autant de styles cinématographiques distincts. La vue, l'ouïe, le goût, l'odorat et le toucher deviennent autant de portes d'entrée vers différentes époques, mais aussi vers différentes manières de faire du cinéma. Bi Gan s'amuse à traverser les décennies, les genres et les esthétiques, passant du cinéma des débuts de la République de Chine aux influences de Hong Kong et de Taïwan à l'aube de l'an 2000. Visuellement, le résultat est souvent splendide. Chaque segment possède sa propre identité, ses couleurs, son rythme et son langage cinématographique. "Resurrection" peut toutefois sembler hermétique. On se sent tenu à distance de ce voyage qui ne nous concerne jamais. Un objet cinématographique audacieux mais malheureusement frustrant.
jérémy D
jérémy D

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 février 2026
peut on dire qu'un film nous a touché, sans même comprendre pourquoi ?

spoiler: le dernier rêve est pour moi ce qui fini sa journée de la plus belle des manières, c'est une histoire que l'on rêve tous de vivre, un bonheur où notre liberté est pour nous seul, notre choix de faire ce que l'on veut, c'est si beau
Issa_Real
Issa_Real

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2026
Résurrection est le film le plus ambitieux et le plus merveilleux de l'année 2025.
En cinq volets (un pour chaque sens), indépendants mais unifiés par un méta-récit onirique, le film fait traverser à la fois l'histoire du cinéma et l'histoire de la Chine au XXe siècle, de la fin des Qing à l'ouverture au capitalisme, en passant par la guerre civile, la révolution culturelle (à travers la magnifique histoire du moine défroqué) et le début de l'ère Deng. Cette histoire chinoise est racontée par autant d'historiettes émouvantes, qui ne cèdent pas à la tentation du roman national. On ne saurait suivre les critiques qui ont reproché au film son manque d'unité, tant la trame de fond est nette : introduite au début, reprise en voix off entre chaque séquence, et rappelée par des indices scéniques d'un volet à l'autre (le leitmotiv de la boîte par exemple).
Quant à l'histoire du cinéma, bien loin des daubes américaines qui rejouent ad nauseam le passage-douloureux-du-muet-au-parlant (Babylon et cie), Bi Gan rend hommage à Méliès, Murnau et aux Lumière, sans sombrer dans le pastiche.
Qu'on ne se méprenne pas, enfin, sur sa durée (2h40) : contrairement à la plupart des films de cette taille, qui sacrifient au culte du gros pour faire crier au chef-d'œuvre (mais donnent plutôt envie de couper), le film de Bi Gan impressionnerait presque par sa brièveté, tant le contenu narratif y est dense. Le cinéma chinois montre encore une fois que sa contribution artistique a désormais une portée mondiale.
Arthur Brondy

309 abonnés 1 524 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 janvier 2026
L’un des films sensations de l’édition 2025 du festival de Cannes. Dans ce long film consacré au cinéma, on suit un personnage, « rêvoleur » à qui il est interdit de rêver. Si on est honnête, on ne comprend pas grand chose à l’histoire tant on est happé par les images, la mise en scène, les couleurs. Car oui, tout à l’écran est hypnotique. C’est cela que l’on retient en ressortant de la salle.
Esteban
Esteban

2 abonnés 15 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 janvier 2026
Ceci n’est pas un film mais 5 courts métrages. Sachez le avant de vous lancer le défi filmique que constitue ce visionnage. Les 3 premiers sont très poussifs et ne racontent rien. 1h20 durant lesquelles on oscille entre l’envie de quitter la salle et piquer un roupillon. Et puis, la 4ème partie vient sauver le realisateur du naufrage complet. Cet arc est très beaux et tient enfin une histoire à raconter. La 5ème partie nous montre un beau plan séquence de 40 minutes. Beau mais vide de scénario. Un épilogue vient achever le film et tenter de nous vendre une cohérence entre ses partie sous fond de message poétique. Cela ne marche pas sauf pour qui a envie de philosopher sur du vide. 1,5 étoiles pour la 3ème partie et 0,5 étoile pour le plan sequence du 4ème segment.
Maya Albanese
Maya Albanese

3 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 janvier 2026
Un chef-d'œuvre cinématographique, pour les cinéphiles— difficile à suivre, long et sans intrigue, parfois ennuyeux, donc pas facile et certainement il ne va pas plaire à toute le monde.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 17 janvier 2026
C'est probablement le film le plus atypique que j'ai vu en salle. Carrément, au début, je n'arrivais pas à lui attribuer une note, car il y a beaucoup de choses que j'ai aimées comme d'autres éléments qui ne m'ont pas saisi. Mais après, pour l'expérience en salle et la proposition radicale, c'était vraiment quelque chose.

Effectivement, on est face à un film très expérimental, où il ne faut pas spécialement chercher à tout comprendre. De mon côté, avant de le voir, j'évitais de trop me renseigner sur ce film pour le découvrir entièrement au premier visionnage. Et oui, au début j'étais assez perdu. L'histoire se déroule sur tout un siècle, avec précisément 5 temporalités qu'on va suivre, et surtout, ces temporalités sont (plus ou moins) liées à l'histoire du cinéma (avec un début de film muet, jusqu'à la fin où c'est entièrement en plan-séquence). Rien que cette idée j'apprécie beaucoup.

C'est magnifiquement présenté avec la mise en scène de Bi Gan, où chaque plan propose tellement d'idées. Personnellement, ma période préférée du film c'est la deuxième, avec des couleurs plus sombres, car c'est ici que j'ai eu une impression de démonstration d'idée et il n'y en a pas eu une qui m'a déplu. Et j'apprécie également la dernière période, surtout par rapport aux couleurs où ça m'a totalement bluffé, j'ai rarement vu au cinéma une utilisation de la couleur rouge aussi magnifique.

Après oui, c'est certain que je n'ai pas tout compris. Concernant ce que le réalisateur veut réellement nous présenter avec le Révoleur, et même ce que les périodes veulent réellement raconter : il y en a un qui parle de spiritualité/religion et un autre de "fin du monde", mais après pour le reste je n'ai pas su les interpréter. Mais en soi c'est ce que j'aime voir dans les propositions de ce style, c'est de ne pas chercher à tout comprendre mais de ressentir des choses. Et avec ce film ça a été le cas.

Honnêtement, je ne le recommande pas à tout le monde. Mais si vous voulez voir quelque chose de réellement nouveau, je ne peux que vous le recommander !
Anne Scotto di Vettimo
Anne Scotto di Vettimo

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 janvier 2026
film incompréhensible et violent, j'ai quand même tenu une heure avant de fuir ce mauvais moment passé.
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