Resurrection
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Michèle G
Michèle G

46 abonnés 28 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 décembre 2025
Le film de Bi Gan est une merveille cinématographique et poétique. Une traversée mémorielle et fragmentaire du XXème siècle où l’histoire de la Chine s’allie à celle du cinéma.

Cette traversée nous projette dans un monde où vivent des êtres immortels qui ont cessé de rêver. Mais certains se dissimulent pour continuer de pouvoir rêver. Ces « rebelles » sont appelés les révoleurs. Mais peut-être sommes-nous déjà à l’intérieur d’un rêve ?

Une femme se met en quête de l’un d’eux. Après une poursuite onirique époustouflante, qui évoque merveilleusement le cinéma expressionniste allemand, elle le trouve et lui offre une façon nouvelle de rêver. Elle lui fait découvrir le cinéma.

Au commencement était… le cinéma muet.

Elle rembobine une pellicule et lorsque celle-ci s’enflamme, le rêve s’éveille et le révoleur se réveille dans… la « vie réelle ».

Chaque rêve sera forgé dans les chutes d’un film. Ce qui fut un jour jeté et non utilisé, comme un moment de vie non vécu, devient une chance de vie nouvelle.

Et c’est avec cette matière illusoire que le rêve façonne la vie « réelle ». Cette mise au monde, qui reprend son cours en un point donné, nous sera contée dans ce qui deviendra un fragment du film et un épisode de vie rêvée du révoleur.

Si la vie est un rêve, cet acte de rêver a pour effet de faire de nouveau s’écouler le temps qui s’était arrêté. À chaque épisode raconté, le temps s’écoule. Mais celui qui se réveille n’en a plus le souvenir. Il se réveille, alors qu’il est en plein rêve et affronte une nouvelle scène de vie « réelle ». Un peu comme si on ouvrait un livre au milieu d’une histoire. Ces fragments de « rêves de vies » font découvrir au révoleur la souffrance, la torture, le chaos, mais aussi l’amour.

Cette mise en abyme du réel et de l’illusion dans un jeu de miroirs déformants, fait de la vie vécue un simple rêve. Une vision inversée du réel qui semble renvoyer à ce Verbe énigmatique de Salomon « Les hommes dorment et lorsqu’ils meurent ils se réveillent. » Sans parler de cette vision ésotérique du monde que renvoient le Kybalion et l’univers hermétique d’Hermès Trismégiste… « Le Tout est esprit. L’univers est mental. » Laissant entendre que nous vivons et agissons à l’intérieur d’un esprit qui rêve dont nous serions la résultante ! D’un imaginaire, l’autre… en écho à ce magnifique voyage onirique que nous offre Bi Gan en utilisant le cinéma comme « véhicule ».

De scène en scène, l’éveil de chaque protagoniste nous propulse dans un monde où les cinq sens seront mis en avant dans chacun des différents épisodes de vies racontées. L’un d’eux est une traversée en trompe-l’œil du cinéma wellesien. Une splendide scène aux miroirs dans laquelle le protagoniste, un pistolet à la main, tire sur celui qu’il veut abattre sans jamais atteindre son corps réel. Au cours de cette scène, une voix intérieure lui rappelle qu’il doit perdre l’ouïe pour traverser le miroir.

Traverser est-ce mourir, continuer de rêver ou renaître à la vie réelle ? Une réalité dont on ne sait plus où elle se situe.

Dans la séquence où l’odorat prédomine, un enfant que le révoleur croise sur son chemin et entraîne avec lui dans un jeu de tricherie, évoque une énigme que son père a écrit sur un billet de 5 yuans. « Qu’est-ce qui s’échappe et ne revient jamais ? » La réponse, lorsqu’elle est connue, renvoie à la banalité du réel et des simples chairs et non à la poésie énigmatique qu’elle évoquait. Ici, en plein rêve, on est au cœur de la réalité humaine.

Dans cet épisode, le besoin de rêver, comme celui de tricher, devient salvateur. S’éteindre vers un nouveau rêve. S’éteindre vers une nouvelle vie où le temps est décompté à chaque renaissance, à chaque épisode. Un temps où la pellicule brûle un peu plus à chaque souffle.

Si l’amour est une possible échappatoire, il faut cependant l’attraper et faire appel au sens du toucher pour y croire. Un impressionnant plan séquence, nimbé de rouge, nous conduit dans les dédales d’une ville portuaire où cette quête d’amour est imbibée de sang.

Peu importe que cet amour ne soit pas vécu dans un contexte idéal, ni ne soit rassurant ; l’important est qu’il soit trouvé, reconnu et s’accomplisse, quel que soit sa durée et sa nature. Il est là, éphémère, mais tangible.

Cette scène se déroule la soirée du réveillon de l’an 1999. Elle ferme un siècle et s’ouvre sur un nouveau millénaire. Le jour se lève sur une mer étale, un soleil lointain à l’horizon. Mais le temps de rêve du révoleur est écoulé.

Et lorsque cesse le rêve, des ombres lumineuses apparaissent comme des réminiscences qui refuseraient de s’éteindre. Elles cherchent un ultime refuge dans une salle de cinéma. Un espace où tout finit par devenir poussière dans l’obscurité d’un temps épuisé.

Ces quelques impressions ne font que frôler ce voyage fantastique que nous offrent les 2h40 du film de Bi Gan. Une traversée vertigineuse, d’une beauté absolue et d’une grande poésie visuelle.

« Toute personne qui tombe a des ailes » écrivait Ingeborg Bachmann. Dans le film de Bi Gan, toute personne qui rêve échappe à l’ennui de l’immortalité et découvre l’horreur du monde « réel » dans une traversée poétique où l’on perd la trace de l’idée même, que l’on se faisait de ce réel.
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 décembre 2025
Même en ayant plutôt apprécié Kaili Blues et Un grand voyage vers la nuit, ses deux premiers longs métrages, il n'est pas interdit de penser que Bi Gan a cette fois poussé le bouchon un peu trop loin dans la prétention et l'opacité. Resurrection (c'est plus chic sans l'accent) ? Un film sensoriel, hypnotique et exigeant vous diront les exégètes ravis du cinéaste chinois. Oui, mais non, la virtuosité de la mise en scène est indéniable, au service "de la dérive d'une âme errante qui vagabonde à travers le siècle" dixit Bi Gan qui s'essaie à l'imitation de plusieurs genres de l'histoire du cinématographe, avec plus ou moins de finesse. Ben voyons, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ou rester lisible quand on a la tentation de l'expérimental. Bien entendu, vu le talent du réalisateur, certains plan-séquences sont époustouflants et ne feraient presque pas regretter ce voyage au long cours. Mais non, pas possible, pas avec cette soi-disant exigence que l'on peut éventuellement appeler suffisance, aussi. Après, chacun a sa propre conception du "bon cinéma" et préférer Tarkovski à Wilder, ou l'inverse, ou encore goûter les deux à égale ferveur. Tant mieux si Resurrection plait autant à certains, pour les autres ce ne sont pas les films passionnants qui manquent, ces temps-ci, de La Condition à L'agent secret, en passant par le délicieusement équivoque Reedland.
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 mai 2025
Le voilà le grand film de Cannes 2025 : après Un Grand Voyage vers la Nuit, Bi Gan revient une odyssée onirique semi-anthologique, où une "réalisatrice/maquilleuse" (Shu Qi) découvre les vestiges d'un androïde (Jackson Yee) dont la capacité à rêver sera l'occasion de plonger dans 5 rêves. 5 mini-histoires retraçant un siècle de cinéma : de l'expressionnisme des années 20 (avec une goule à la Murnau), un récit de gangster sur fond de guerre civile des années 30, une discussion avec un fantôme dans un temple des 60's, une relation filiale dans les 80's pour devenir magicien, et un monumental plan-séquence de 40 minutes en 1999 sur fond de romance vampirique.
C'est Bi Gan donc la mise en scène est absolument divine, se renouvelant sans cesse et proposant des morceaux de cinéma jamais vus. En intimant de se reconnecter à nos sens (chaque segment est centré sur l'un d'eux), Resurrection fait parfois penser à Dreams de Kurosawa, mais avec sa propre patine.
2h40 qu'on ne voit pas passer : manque juste un fil rouge émotionnel à la Millenium Actress pour parler de chef-d'oeuvre..mais le tout embrasse l'excellence !
LLDS76
LLDS76

32 abonnés 34 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 décembre 2025
Résurrection de Bi Gan au cinema. Courez y !! les plus belles images de l’année ! Un poème sans interruption qui rappelle les plus beaux
Tarkovski, Terrence Malik, même Carax ! Je ne m’en remets pas de beauté ! Film difficile pour cinéphile de chez cinéphile ! J’espère que vous aurez l’occasion de plonger dedans :)
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 décembre 2025
Dans un futur indéterminé, l’humanité a résolu le mystère de l’immortalité en prohibant le rêve. Mais certains individus, des « rêvoleurs », s’entêtent à rêver au péril de leur vie. Une femme (Shu Qi) se glisse dans l’esprit de l’un d’entre eux (Jackson Yee) et entreprend avec lui un voyage dans le temps et à travers les cinq sens en cinq tableaux depuis le début jusqu’à la toute fin du vingtième siècle.

"Resurrection" n’est pas un film facile à présenter. Car c’est une œuvre monstre qui entend échapper aux canons traditionnels du cinéma. Prix spécial à Cannes, il a suscité des réactions très contrastées. Certains ont crié au génie, d’autres à l’esbroufe. La division de la critique trouve son écho dans celles, radicalement différentes des deux piliers de la rubrique cinéma de Télérama, Jacques Morice et Frédéric Strauss, dithyrambique et assassine.

J’ai bien failli, comme je l’ai déjà fait parfois, comme pour le dernier film de Terrence Malick, lui mettre à la fois zéro et quatre étoiles. Mais je trouve cette pratique irresponsable et j’ai préféré finalement une étoile unique qui témoigne à la fois du profond ennui dans lequel ce film m’a plongé et du scrupule à le considérer comme nul.

Son visionnage fut une épreuve douloureuse. D’autant plus douloureuse qu’elle dura deux heures et quarante minutes. Une durée obèse pour un film hors normes qui se revendique comme un hommage au cinéma et qui entend, dans ses cinq tableaux, en revisiter tous les genres : le film muet des débuts, le film noir, le film d’arnaque et le plan-séquence de trente-six minutes.

On peut être fasciné par une telle maîtrise ; on peut se laisser entraîner par une telle histoire sans chercher à en comprendre le sens ; on peut aussi, comme ce fut mon cas, n’y rien comprendre, s’en détacher, s’ennuyer ferme et ressortir furieux de la salle en pensant avoir été victime d’une énorme arnaque…. tout en nourrissant vaguement au fond de soi le regret d’être peut-être passé à côté d’un chef d’œuvre incompris.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2025
Théodore Roosevelt disait : "Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves". Bi Gàn est visiblement d'accord. Resurrection est une itinérance poétique de 2h30 dans les rêves d'un "fantasmer" (en VO), un homme du futur rendu immortel mais malheureux, qui a une nuit pour tout vivre, tout faire, tout réparer de ses regrets, avant que son accompagnatrice (la femme qui le veille, observe ses rêves, sans tout comprendre mais en appréciant le voyage, un peu comme nous) ne le réveille pas au petit matin... Comme une allégorie de ce qui fait la préciosité de la vie, Resurrection parle beaucoup de ce qui compte vraiment : revoir son père dont les ronflements sont un souvenir tendre qui a marqué le héros dans sa jeunesse, discuter philosophie et morale avec une divinité, se battre avec des gangsters, tomber amoureux de la fille qui nous a toujours plu... Bi Gàn s'offre carte blanche dans le scénario, et l'on baguenaude joliment d'un rêve à l'autre, saisissant que le héros essaie de cocher tous ses désirs, sans même se dépêcher (le film dure 2h30, ce n'est pas pour rien), avec l'éternel image de la finitude qui l'attend au bout de son rêve (comme cette statue qui semble ne rien craindre du temps, mais fond pourtant comme une bougie : seul l'inconscient se sent tout-puissant). Rappelons, car c'est important, que ce film a eu un mal fou à se sortir de la censure chinoise (ce qui explique qu'il est apparu comme par magie dans la programmation de Cannes juste cinq jours avant le Festival... Ils ont dû batailler pour l'obtenir), notamment car les rêves du héros sont gorgés d'interdits dans le régime autoritaire chinois (même si l'intrigue a l'élégance de ne pas faire du militantisme pour appuyer sa critique, on voit bien avec toutes les libertés prises dans les fantasmes, que cela tranche avec la réalité de la Chine... Ah, tiens, un pays "qui veut être futuriste, mais empêche les gens de rêver, et de penser ?", on vient de saisir...). Au-delà de la beauté du récit, on se rince l’œil sur la magnifique mise en scène de Bi Gàn, faite de plans-séquences qui suivent les personnages avec fluidité et naturel, ajoutée à des anamorphoses virtuoses (les décors se complètent, s'imbriquent, se construisent à l'improviste d'un regard jeté en arrière par le personnage principal), et faisant suite à un court-métrage qui rend hommage aux premières vues du cinéma (l'arroseur arrosé, Méliès, Les Frères Lumière...). On n'oubliera pas que le cinéma est littéralement "la captation de ce qui est en mouvement", comme un moyen de tromper la Mort en gardant mobile ce qui n'existe plus dans le réel, ici mis en parallèle de ce dernier rêve du condamné qui peut tout faire le temps d'une nuit, et d'une seule... Resurrection est un petit prodige de mise en scène, de poésie, de finesse dans sa critique politique, dans lequel il est facile de se laisser porter, comme dans un doux songe...
Chris G
Chris G

41 abonnés 67 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2025
Pour l’apprécier il faut sans doute se laisser emporter dans cet hommage au cinéma chinois aux récits multiples et poétiques. On pense parfois à Holly Motors. Bi gan nous délivre également ses époustouflants plans séquences dont il a le secret.
Ak F
Ak F

10 abonnés 39 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 mai 2025
Film incompréhensible qui n’a pas vocation à être clair mais plutôt à embarquer son spectateur dans un voyage onirique réservé aux quelques personnes qu’il touchera
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 mai 2025
Résurrection, Palme de Cœur pour Bi Gan

Au dernier jour du Festival de Cannes 2025, Juliette Binoche cherchait ses mots pour, tout à la fois, tenir son rôle de présidente et faire deviner sa préférence personnelle pour Résurrection, le troisième long métrage du jeune Bi Gan. Depuis Kaili Blues en 2015, le réalisateur chinois a trouvé sa voie. Son film de 2015 surprenait par ses plans séquence filmés avec une caméra embarquée sur un drone le long de la rivière de Kaili, son village natal dans le Guizhou au sud de la Chine. Jouant à cache-cache avec eux, la caméra surprenait les acteurs fonçant sur leur moto déglinguée sur des sentes terreuses. Trois ans après, dans Un grand voyage vers la nuit, Bi Gan reprenait le stratagème, un plan séquence de plus d’une heure, filmé en lumière rouge dans les bas-fonds d’une communauté de prolétaires fantasmagoriques. Pour capturer la magie de ce film dans le film, véritable retour sur image de Kaili Blues, mieux valait chausser des lunettes 3D. Élitiste bien sûr, un film franco-chinois avec un budget limité… Et puis cette année, Bi Gan était prêt, ou tout juste, son montage achevé sur les chapeaux de roue et sa sélection obtenue à l’arrache. Résurrection est un film phénomène, à nouveau une œuvre franco-chinoise, sur laquelle les avis sont irréconciliables, dithyrambiques ou assassins, c’est selon. On imagine les débats (plus longs qu’à l’habitude) du jury de Cannes. Découpé en six parties annoncées clairement comme au temps du cinéma muet, le film campe la relation entre une femme ayant subi une opération du cerveau et le cadavre d’un androïde avec lequel elle va se transplaner dans des lieux interlopes à différentes époques de la Chine. La scène finale rapproche un peu les protagonistes de la République populaire de Chine, Bi Gan se montre soudain plus réaliste. Pour ce film inoubliable, Juliette Binoche pouvait se permettre l’audace d’un Prix spécial du jury spécialement créé pour l’occasion. À l’image de celles d’Un Chien Andalou, le film de Buñuel et Dali qui a lancé le cinéma surréaliste, certaines scènes de Resurrection se sont gravées pour toujours dans ma mémoire.
LeaOffScreen
LeaOffScreen

7 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 juillet 2025
Mon premier Bi Gan, et certainement pas le dernier. Résurrection déploie son tempo hypnotique avec une audace rare : oui, le film est long, mais chaque minute compte. La beauté plastique est sidérante, la mise en scène vertigineuse, et l’expérience sensorielle bouleverse autant qu’elle élève. Vu à Cannes, j’en suis sortie marquée.
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 157 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mai 2025
Vu au festival de Cannes 2025.
Attention ce film ne s'adressera certainement pas à tout le monde. Cinéphiles aguerris, choisissez un moment où vous êtes reposés pour profiter de cette expérience sensorielle proposée par Bi Gan.
A travers divers tableaux, il nous parle de cinéma, de temps qui passe, d'amour, de technologies, de spiritualité,... On essaye de suivre au début, mais honnêtement je pense qu'il est impossible de saisir toutes les subtilités du scénario en un seul visionnage. Il est plus sage, je pense, de se laisser emporter par la direction artistique de Resurrection.
Bi Gan impressionne par la tenue technique de son film, de la maîtrise des plans séquences, de la photographie, de la bande son, etc.
Une palme de la mise en scène serait bien venue je pense...
La durée du film est quand même un peu conséquente pour ce type d'expérience.

[MAJ palmarès de Cannes : Prix spécial]
lionelb30

535 abonnés 2 904 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 décembre 2025
Film très atypique ou l'on ne comprends pas ce qu'a voulu faire le réalisateur. Style sous acide , reste quand meme quelques scenes réussis.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 décembre 2025
Resurrection n'est pas un film parfait, mais il atteint de tels sommets qu'on peut difficilement lui enlever la moindre demi-étoile. Bi Gan s'est lancé ici dans une aventure absolument démesurée, qui croule parfois sous le poids de sa propre ambition. Il traverse conjointement l'histoire de la Chine et l'histoire du cinéma en un récit divisé en cinq parties auxquelles s'ajoute un épilogue. Ainsi structuré, on a comme cinq films en un ; cinq histoires très indépendantes les unes des autres. Comme le cinéaste sait parfaitement construire un récit et nous immerger dans une ambiance, à chaque changement de ligne narrative, on se plonge aisément dans un nouvel univers, avec sa propre logique.
Deux de ces cinq sections (les 3 et 4) sont des réussites absolues. Et la dernière, un peu malaisante, parvient à trouver son point d'équilibre. Sans doute est-il difficile de parfaitement apprécier la deuxième histoire à la première vision, car à ce moment-là, on ne comprend pas encore le mode de construction du film ; une seconde vision aiderait.
Ce qui frappe, évidemment, c'est la mise en scène. Bi Gan poursuit son hyper-formalisme d'Un long voyage vers la nuit, et déploie ici une telle inventivité couplée à une grande justesse, qu'on se convainc rapidement qu'il y aura toujours quelque chose à prendre dans cette narration déroutante.
De même, comme dans ses précédentes œuvres, le cinéaste brouille complètement les cartes de la compréhension de son film. Les spectateurs rationnels, qui veulent toujours une explication à tout, seront déçus. Ici il faut se laisser porter au gré d'un voyage qu'on ne comprend que très partiellement. La structure d'ensemble raconte l'histoire de la Chine depuis l'invention du cinéma à la fin du XIXe s. : les salons où l'on fume l'opium vers 1900, les mafias des années 1920 spoiler: sur fond de conflit avec la Russie ou le Japon, la destruction des temples religieux pendant la révolution culturelle sous Mao, les petites frappes qui volent et arnaquent dans les années 1980, et l'émergence d'une Chine nouvelle le 31 décembre 1999
.
Mais l'illogisme du rêve emporte tout, délibérément. Le film est fondé sur cette puissance de l'imagination qui enrichit notre rapport au monde. Et celle-ci est nourrie par le cinéma, présenté comme art ultime, spoiler: menacé de disparition
.
Bi Gan a une exceptionnelle capacité à produire des images inoubliables. Le récit de grenouilles qui coassent sous la Lune rapporté par un nain employé des chemins de fer dans une mystérieuse gare des années 1920, ou une scène de fusillade dans une miroiterie (explicite hommage à la Dame de Shanghai d'Orson Welles) en sont deux exemples.
La troisième séquence spoiler: dans un temple bouddhiste enneigé sous l'ère Mao, et la quatrième fondée sur l'association inattendue entre un malfrat des années 1980 et une petite fille aux pouvoirs soit-disant surnaturels
restent les sommets de ce film. Dans la première, Bi Gan parvient à créer des ambiances saisissantes, et fonde son récit sur une idée absolument géniale : spoiler: une dent douloureuse qui, arrachée, se transforme en dieu de l'amertume. Il introduit là une part de profonde mélancolie quand on découvre que cette figure divine a en fait pris l'apparence du père de notre rêveur, et que celui-ci poursuit le dialogue dans cette ambiguïté entre le dieu vivant et le père mort. De même, la rencontre entre le malfrat et cette petite orpheline trouvée dans une gare est si bien mise en scène, si bien jouée, si bien dramatisée ! Les derniers moments de cette séquence sont absolument déchirants.

Le tout dernier récit permet à Bi Gan de retenter les plans-séquences complètement fous qu'on voyait déjà dans Kaili blues et Un long voyage vers la nuit. spoiler: Ici, on suit deux jeunes gens lors de la Saint-Sylvestre de 1999, annoncée comme la fin du monde. Le récit crée un peu le malaise, et n'a pas la séduction des deux précédents. Il fait sans doute des rappels trop évidents aux thèmes des précédents rêves (arroseur arrosé et pièce pour piano 478 de Bach). Et il semble déraper dans le ridicule quand on découvre que la jeune femme est un vampire. Mais en quelques secondes, Bi Gan rattrape la situation et introduit ce désespoir viscéral de la la jeunesse chinoise qu'on ressent partout dans leur cinéma contemporain (superbement traduit à la fin de Escape from the 21th century).

spoiler: L'épilogue en revanche est plus problématique, car son hommage au cinéma est sans doute trop appuyé, trop évident.
Mais bon, combien de cinéastes en ce bas monde sont capables de filmer la scène du temple enneigé ? 4 ou 5. Et donc, même si c'est un film qu'on n'aime que par fragments, ceux-ci sont tellement forts qu'on ne peut que saluer cette nouvelle œuvre d'un cinéma chinois qui, décidément, reste sans doute le meilleur actuellement dans le monde.
Le Blog Du Cinéma
Le Blog Du Cinéma

121 abonnés 300 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 juillet 2025
On peut reprocher à RESURRECTION son hermétisme, sa lenteur, son absence de narration conventionnelle. On peut s’agacer de ses poses poétiques, de son refus de l’émotion immédiate. Mais il faut aussi reconnaître à ce film une puissance rare : celle de réveiller en nous une forme de regard endormi, de nous remettre face au mystère du cinéma comme machine à fantasmes. Il ne cherche pas à plaire. Il n’est pas là pour nous divertir. Il nous affronte. Et dans cette frontalité même, dans ce refus de l’évidence, il atteint parfois des sommets de beauté et de vertige.

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Paul B
Paul B

89 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 décembre 2025
Un film incroyable de par sa direction artistique et l'originalité de son scénario et de son montage, un genre de néo-rétro qui plaît.

À regarder pour qui est bien concentré parce qu'il faut suivre, c'est compliqué mais dans le bon sens du terme.
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