Le voilà le grand film de Cannes 2025 : après Un Grand Voyage vers la Nuit, Bi Gan revient une odyssée onirique semi-anthologique, où une "réalisatrice/maquilleuse" (Shu Qi) découvre les vestiges d'un androïde (Jackson Yee) dont la capacité à rêver sera l'occasion de plonger dans 5 rêves. 5 mini-histoires retraçant un siècle de cinéma : de l'expressionnisme des années 20 (avec une goule à la Murnau), un récit de gangster sur fond de guerre civile des années 30, une discussion avec un fantôme dans un temple des 60's, une relation filiale dans les 80's pour devenir magicien, et un monumental plan-séquence de 40 minutes en 1999 sur fond de romance vampirique. C'est Bi Gan donc la mise en scène est absolument divine, se renouvelant sans cesse et proposant des morceaux de cinéma jamais vus. En intimant de se reconnecter à nos sens (chaque segment est centré sur l'un d'eux), Resurrection fait parfois penser à Dreams de Kurosawa, mais avec sa propre patine. 2h40 qu'on ne voit pas passer : manque juste un fil rouge émotionnel à la Millenium Actress pour parler de chef-d'oeuvre..mais le tout embrasse l'excellence !