LE TABLEAU VOLE
Le tableau de tournesols d’Egon Schiele a disparu pendant la guerre, comme beaucoup d’œuvres volées aux familles juives, et n’a jamais été retrouvé.
Depuis 70 ans, il est accroché aux murs de la maison de famille que Martin, jeune chimiste ouvrier partage à Mulhouse avec sa mère. Tous les deux en ignorent totalement la valeur. Martin travaille à l’usine. Au hasard d’une revue d’art sur le peintre, il reconnait le tableau.
André Masson commissaire-priseur d’une célèbre maison de vente reçoit une lettre de leur notaire. Il veut absolument récupérer le tableau, dont la vente serait alors le clou de sa carrière. Il est affublé d’une stagiaire qu’il n’a pas choisi, et qu’il peine à comprendre.
Alex Lutz et Léa Drucker, les deux acteurs principaux du film, donnent parfaitement le change. Leur duo ex-couple à l'écran, fonctionne à merveille. Arcadi Radeff, quant à lui, qui endosse le rôle du jeune Martin, est saisissant à l’image.
Une scène interpelle, quand Bertina raconte l’histoire du marchand d’Egon Schiele, qui tentait de faire passer des œuvres à la frontière autrichienne, tout en fuyant le nazisme. L’histoire rejoint peut-être ici l’histoire intime de la propre famille de l’actrice Léa Drucker, dont le personnage apparaît très ému.
L’affiche du film un peu cheap et la bande annonce sympathique, laissaient entrevoir une comédie plaisante, quand le film se déploie pour se révéler beaucoup plus profond finalement.
Les dialogues ciselés sont assez jubilatoires, dans une première partie pleine de cynisme d’un milieu dans lequel on ne se fait pas de cadeaux. Pour ensuite basculer dans une seconde partie dans laquelle les personnages révèlent toute leur part d’humanité, et prennent soin les uns des autres. Et la fin n’en est alors que plus belle.
Le film « Le tableau volé » aurait tout aussi bien pu s’appeler, « Un tableau volé pour un jeune homme intègre ».
Le tableau volé (France – 1h40) de Pascal Bonitzer avec Léa Drucker, Alex Lutz, Arcadi Radeff, Louise Chevillotte, Nora Hamzawi, etc.