Imaginé dans une volonté de mettre en scène des actrices d’âge mûr, en l’occurrence les géniales Hélène Vincent et Josiane Balasko, Quand vient l’automne est un film bien plus retors qu’il n’y paraît. Car après des premières scènes bucoliques qui nous offrent à voir le quotidien calme et monotone de ces deux copines septuagénaire et octogénaire, François Ozon nous plonge au cœur d’un thriller familial au trouble omniprésent, souvent facétieux, et dans lequel les notions de bien et de mal se confondent. Au final, Quand vient l’automne prend la forme d’un long-métrage émouvant et délicieusement insolent dans sa description d’une vieillesse plus complexe que les images d’Épinal habituelles. Mention spéciale à Pierre Lottin dans un second rôle important.
un beau film subtil malgré son scénario faiblard qui laisse par ex. à l'état d'esquisse la pauvre L. Sagnier alors que Balasko peut tirer son épingle du jeu des personnages forts et émouvants, deux acteurs principaux à l'interprétation formidable, une photographie, des couleurs... Même si je trouve le travail d'Ozon passionnant, certains de ses films ne m'ont pas plu (notamment sa précédente comédie). Mais celui-ci est un excllent crû
Merci M. Ozon pour cet énième magnifique film. Les acteurs et tout particulièrement Michèle sont tellement naturels, pas l'impression qu'ils jouent un rôle. Les paysages de "Bourgogne" sont somptueux. Par votre scénario, top d'avoir fait valoir le droit et l'amour d'une mamie envers son petit-fils.
Hélène Vincent, comme souvent, excellente dans son rôle de mère (elle nous fait transparaître toute la difficulté qui peut exister parfois dans les rapports parents-enfants) et de grand-mère.
Un peu comme un Woody Allen de l’époque, François Ozon nous livre de manière métronomique quasiment un film par an. Et le cinéaste est aussi versatile que prolifique puisqu’il passe d’un genre et d’un sujet à l’autre avec une aisance admirable. Mais, depuis quelques années, il a selon nous du mal à retrouver la grâce qui caractérisait la décennie précédente où ses grands films se sont enchaînés : de la comédie « Potiche » au thriller « Dans la maison », de la chronique « Jeune et jolie » au drame inoubliable « Grâce à Dieu » en passant par le petit mais sublime « Été 85 » ... Bref, il a enchaîné les pépites et on a du mal à retrouver ce niveau de qualité depuis les années 2020. Pas que ses œuvres soient mauvaises, on reconnait toujours son talent et il y a toujours quelque chose d’intéressant à trouver dans ses films, mais on est moins subjugués ou directement conquis et ce « Quand vient l’automne » ne vient pas déroger à cette logique qu’il tient depuis trois ou quatre films. Sauf qu’ici, on dirait que le cinéaste a volontairement réalisé un film mineur en toute conscience et c’est ce qui le rend aussi plus humble et moins décevant.
« Quand vient l’automne » peut se voir de prime abord comme un petit film automnal du dimanche après-midi avec son histoire de grand-mère en milieu rural. Le script d’Ozon est pourtant bien plus revêche et légèrement tordu qu’il n’en a l’air. Sinon ce ne serait pas du Ozon. Par petites touches, que ce soit avec des petites zones d’ombres entretenues sur les personnages, par des non-dits mystérieux ou encore des ellipses frustrantes sur des moments-clés, le film distille un petit poison qui nous fait penser à toute la filmographie d’un certain Claude Chabrol. Hommage discret conscient ou pas, on pense au maître sur bien des aspects. Et, par le biais de réactions parfois amorales des personnages et des situations qui le sont tout autant ainsi que quelques pointes d’un humour très noir, le film passe de manière incessante du drame au suspense à combustion lente, mais toujours avec cette tonalité un chouia acerbe. Alors oui, ce nouveau long-métrage adopte un tempo assez monotone mais, paradoxalement, sans jamais ennuyer le spectateur laissant le côté vénéneux faire son effet. Et la présence de champignons dans le récit n’est bien entendu pas anodin.
Le casting et son talent sont pour beaucoup dans le fait que ce rythme lent nous happe plutôt que de nous repousser. Notamment grâce à ces deux grandes actrices que sont Hélène Vincent et Josiane Balasko, excellentes en mamies au passé et à la morale singulière. Cependant, on ne peut pas dire non plus que l’intrigue soit véritablement passionnante. Lorsque le générique apparaît, on reste un peu sur notre faim et on se demande si tout cela méritait un film. On regarde avec plaisir « Quand vient l’automne » mais tout en sachant qu’il ne restera pas dans nos mémoires. De plus, le long-métrage n’est pas exempt de quelques maladresses (comme les apparitions ratées et quelque peu ridicules de Ludivine Sagnier dans la seconde partie ou les séquences plus policières, presque inutiles). Un petit film sympathique et plus vilain qu’il n’en a l’air mais encore trop gentil pour imprégner nos esprits.
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Un beau jeu d'acteurs, une image travaillée. Merveilleuse et immense Hélène Vincent! Mais une histoire un peu brouillonne... et inachevée. Tout est trouble dans ce film : les personnages, leurs histoires, le bien et le mal, la vérité et le mensonge… et la fin un peu bâclée. Ça reste du Ozon :)
un beau film subtil malgré son scénario faiblard qui laisse par ex. à l'état d'esquisse la pauvre L. Sagnier alors que Balasko peut tirer son épingle du jeu des personnages forts et émouvants, deux acteurs principaux à l'interprétation formidable, une photographie, des couleurs... Même si je trouve le travail d'Ozon passionnant, certains de ses films ne m'ont pas plu (notamment sa précédente comédie). Mais celui-ci est un excllent crû
Mis à part la très bonne prestation des actrices principales, Hélène Vincent et Josiane Balasko, on assiste à un bon petit téléfilm, sans plus. Déjà oublié.
Hélène a peur de vieillir, son amie Marie-Claude craint pour l’avenir de son fils qui veille discrètement sur ses deux femmes, tout en donnant le change. Car la solitude vient aussi de l’abandon nous dit Ozon dans cette balade automnale où rien ne parait conforme aux attendus, et aux espérances. Celles de ces vieilles dames tourneboulées par leurs enfants, aux destins contrariés. La fille d’Hélène, ingrate, porte la honte de son passé, le fils de Marie-Claude, récemment libéré de prison, ne sait pas encore où est le bon chemin. La chronique familiale puise dans le fait-divers, un nouvel argument à cette histoire si commune. François Ozon la filme avec l’évidence du naturel et l’assurance de cette distribution sans faille : Hélène Vincent, Josiane Balasko, Ludivine Sagnier, Pierre Lottin, et le jeune Garlan Erlos, une balade en automne en leur compagnie, est bien agréable. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com