Qu'est ce qui fait qu'un coup de foudre partagé en arrive à de déliter ? Est-il possible que ce qui était un grand amour et qui est mort puisse repartir de façon différente ? Après 30 ans d'écriture de scénarios pour les autres, Agnès de Sacy a choisi ces questionnements pour son premier long métrage en tant que réalisatrice et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle a tapé juste. On devine qu'il y a beaucoup d'autobiographie dans ce qu'elle raconte, qui par d'un court-métrage réalisé en 1992 à l'issue de ses études à la Fémis sur le thème des circonstances de la rencontre de ses parents. Dans le film, la fille s'appelle Cécile et ses parents, Ana et Yves, sont là pour assister à la projection. Ils ont divorcé depuis longtemps mais ils vont chercher à se revoir, ne serait ce que pour arriver à se mettre d'accord sur ce que portait Ana le jour de leur première rencontre. La belle réussite de ce film tient beaucoup à sa scénariste et réalisatrice Agnès de Sacy, mais également à François Damiens qui joue Yves, à Isabelle Carré, l'interprète d'Ana, et à Claire Duburcq, lumineuse dans le rôle de Cécile, sans oublier les magnifiques paysages des Pyrénées Orientales, bien mis en valeur par la caméra de Denis Lenoir.
Scénariste chevronnée, Agnès de Sacy ne pouvait pas, pour son premier long métrage tardif, ne pas revenir sur l'histoire d'amour de ses parents, soumise à des fluctuations, car dissimulant un lourd secret, mais indéniablement profonde. La néo-réalisatrice la traite avec délicatesse et pudeur, peut-être trop d'ailleurs, dans un faux rythme et avec une mise en scène que l'on aurait souhaité plus alerte. Cependant, les superbes paysages des Pyrénées-Orientales et surtout la prestation d'Isabelle Carré, toujours aussi lumineuse, et de François Damiens, comme on ne l'a jamais vu auparavant, d'une touchante fragilité, arrivent à compenser une forme trop peu exaltante. Les derniers instants du film, traversés par un véritable suspense sentimental, sont de nature à faire oublier le peu d'enthousiasme suscité par le récit jusqu'alors, en dépit d'un sujet au fort potentiel. Mais parce que très personnel pour sa réalisatrice, celle-ci n'a pu ou n'a pas voulu pousser les curseurs psychologiques plus loin, optant pour une manière discrète, sans insister outre mesure sur les failles de ses deux personnages principaux lesquelles, somme toute, auraient mérité d'être approfondies un peu plus, de même que le portrait d'une époque, pas si lointaine, où les tabous persistaient sous le vernis conservateur de la "normalité."
C’est le 1er film en tant que réalisatrice d’Agnès de Sacy qui est avant tout une scénariste reconnue dans le milieu. Voilà 94 minutes tout en tendresse comme le cinéma français nous en délivre peu en ce moment. Ana et Yves se sont aimés passionnément puis se sont séparés. Des années plus tard, leur fille, Cécile, réalise un documentaire sur leur rencontre. Ils se revoient à cette occasion. Toujours marqués par leur amour passé, ils vont alors chercher un chemin pour revenir l’un vers l’autre… Un film qui fait du bien en oscillant avec grâce entre la comédie romantique et une certaine gravité, une palette qui sied à merveille au couple qui tient le haut de l’affiche avec un talent exceptionnel. Le film tient son origine du propre court-métrage documentaire d’Agnès De Sacy, réalisé en 1992 à la fin de ses études à la FEMIS. Elle y suivait ses parents, divorcés quinze ans plus tôt, et leur posait à chacun des questions sur leur rencontre. Trois ans après le court-métrage, ses parents se sont remariés, « grâce au film ». On pourra faire le reproche que les dialogues sont très écrits, mais c’était bien là la volonté de la cinéaste et, honnêtement, ça ne manque pas de charme. Le chef-opérateur, Denis Lenoir, a créé un véritable écrin de couleurs et de lumières en filmant admirablement la région de Collioure et Paris. Le film décrit avec tendresse et finesse les rouages des secrets de sa propre famille. Et on se laisse entraîner dans ce doux engrenage. Une pépite qui nous parle de la force de résilience d’ l’amour. Rare et à saisir de suite. Isabelle Carré et François Damiens sont resplendissants se sobriété, de douleur cachée et de drôlerie tout en douceur. Ils portent le film et en sont évidemment le premier atout. Il trouve en Claire Duburcq, une jeune actrice qui leur donne une superbe réplique. Une découverte. Un récit lumineux et mélancolique qui se conclut sur un ultime plan aussi surprenant que touchant. Il y a de la graine de Sautet ou de Truffaut chez cette cinéaste à suivre.
Un film d’une grande sensibilité, porté par une histoire touchante et des acteurs remarquables, empreintes de justesse et d’authenticité, qui offre une véritable profondeur à chaque personnage. Isabelle Carré brille une fois de plus par son talent et sa sensibilité, tandis que François Damiens livre une performance incroyablement touchante, pleine de nuances et d’émotion. Une histoire vraie qui ne manquera pas de vous toucher comme il l'a été pour moi.
Une histoire vraie pleine d'émotion qui ne manquera pas de vous marquer.
Une première réalisation tout en réussite. On est vite plongé dans l'histoire et la confusion des sentiments. Il faut ainsi se remettre dans l'époque 1991 pour comprendre aussi le dilemne dans lequel pouvait être le personnage joué par François Damiens. Isabelle Carré et lui sont très bons Ce que j'ai entendu d Isabelle dans les interviews lors de la promotion du film est très fidèle au film.
Une escapade espagnole qui nous fait penser a du Almodovar. Pour son premier film Agnès de Sacy nous plonge dans l'intime... et le moins que l'on puisse dire c'est qu'on à happé du début à la fin.
Excellent film. L'histoire est plus complexe que ce que l'on peut initialement s'imaginer. La mise en scène est habile et sait mettre en valeur les deux principaux acteurs. Isabelle Carré et François Damiens donnent une vraie profondeur à cette belle et touchante histoire qui n'est pas une simple histoire d'amour. Les scènes en extérieur sont particulièrement réussies, très belle lumière.
Vu en avant-première au Pathé Convention en présence des acteurs et de la réalisatrice. L’histoire est traitée avec finesse et grande humanité , ce que sont les personnages joués par des acteurs épatants . Mais il y a quelque chose qui fait qu’on manque d’enthousiasme à la fin , peut-être la façon dont est monté le film.
Cette première réalisation de cette scénariste est très intéressante. C’est un beau film d’amour avec un scénario fluide et dense et aussi des dialogues subtils et percutants qui est agréable à suivre. Pour concrétiser tout cela, le duo Isabelle CARRE et François DAMIENS fonctionne à merveille. On passe vraiment un bon moment en leur compagnie.
Bernard CORIC
(film visionné en projection de presse au club Lincoln le 21/11/2024)