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In Ciné Veritas
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3,5
Publiée le 31 mars 2019
Jerzy Skolimowski dote Travail au noir de peu d’attributs formels notables. Le cinéaste porte plus volontiers son attention sur la portée d’un scénario original dont il est l’auteur. Au-delà des touches d’humour qu’il comporte, caractéristique peu fréquente dans les scripts écrits par le cinéaste, le récit de Travail au noir se révèle en partie autobiographique. Il y a d’abord Nowak. Ce personnage interprété par Jeremy Irons est le seul sachant parler anglais dans le groupe de quatre ouvriers polonais venus travaillés en Angleterre. Leur exil à titre professionnel est aussi, dans une certaine mesure et dans un autre domaine d'activité, celui de Skolimowski. Depuis le début des années 1970, l’Angleterre est le pays d’accueil des réalisations du metteur en scène. Il y a ensuite le regard porté depuis l’Angleterre sur les évènements concomitants en Pologne restitués de façon très parcellaire et avec une grande distanciation. Nowak tente même de les garder secrets vis-à-vis de ses trois collègues. Ces quatre Polonais sont à la fois étrangers en Angleterre et étrangers aux évènements qui secouent leur pays natal. Skolimowski figure ici son propre état d’esprit, celui d’un Polonais qui, sans jamais avoir renié son pays et sa nationalité, ne voit plus dans la Pologne contemporaine le pays qui l’a vu naître. En cela, Travail au noir se montre très révélateur dès la première scène. Nowak ne cesse en effet de mentir pour servir égoïstement ses intérêts personnels et ceux de ses trois compagnons. Pour mener sa carrière à l'international, il est fort probable que Skolimowski ait eut aussi à composer avec ses convictions.
Ce film contemplatif l'est réellement, il ne passe pratiquement rien, et l'on pourrait écouter la voix off (très importante dans le film), pour suffire à comprendre, car la mise en scène n'est même pas originale, et c'est Jérémy Irons avec son peu de dialogue et ses expressions faciales qui porte le film car les autres personnages ne servent pas plus que ça. Rien ne nous captive, pas même l'histoire.
Le scénario est très intelligemment écrit dans la mesure où il montre subtilement qu'une démocratie a beaucoup plus de points communs qu'on ne pourrait le penser avec un pays au régime totalitaire, et aussi dans celle ou on nous fait comprendre qu'un homme a-priori normal peut être amené à devenir un tyran dans certaines circonstances. Il est donc dommage que la fin en queue de poisson laisse un goût amer de bâclage. Autrement, si on excepte quelques petites longueurs, c'est du tout bon pour cette oeuvre assez sombre. En particulier l'excellente interprétation de Jeremy Irons, dans un rôle qui devient vite aussi fascinant qu'ambigu, qui constitue le gros point fort du film.
Ca commence comme du Ken Loach, çà ressemble à plusieurs reprises à du Ken Loach, et pourtant, ce n'est pas du Ken Loach. En effet, Jerzy Skolimowski a su donner à son sujet très fort une dimension quasi-universelle, nous permettant d'être tout de suite très concerné par la forte connotation sociale de l'oeuvre, fort d'un scénario bien écrit et bien construit, d'autant plus qu'il est situé dans une période "historique" très intéressante. On pourra peut-être alors regretter une voix-off peut-être un peu trop imposante ou encore quelques longueurs, il est vrai que l'on est vraiment captivé par la manière dont Skolimowski a su rendre ses héros justes et forts, sans héroisme idiot ou quoi que ce soit du genre. On sent au contraire une fort belle représenation de ces difficultés sociales, sans pathos ou facilité, sans caricature ou larmoiement idiot, mais avec en revanche un ton très amère, comme lors de la dernière scène. Bref, du très bon cinéma engagé, servi qui plus est par un très bon Jeremy Irons : un film plus que recommandable.
Un beau film avec un excellent casting, notamment un Jeremy Irons magnifique, une belle histoire bien menée et une intrigue presque parfaite. Bref un beau film.
Le meilleur de la production britannique pour la justesse et l’âpreté sociales (les dessous malpropres de la mondialisation libérale…). Le confinement, l’obsession de la surveillance, l’absurdité abrupte de la fin doivent par contre être typiquement polonais. Manque l’humour incisif des Loach, Frears… mais c’est tout de même excellent.
Très bon film dans son ensemble. Jeremy Irons joue de façon excellente et efface les autres acteurs de façon omniprésente même si ce n’est pas très difficile étant donné qu’il est le narrateur de l’histoire. Pas grand-chose à dire si ce n’est que je n’ai rien trouvé de mauvais au film et que même si ce n’est pas le chef-d’œuvre du siècle ça m’a donné envie de voir d’autres films de Jerzy Skolimowski.
Après toutes ces années ce film conserve l'air de rien une force de propos qui ne le déclasse pas. On y retrouve même l'écho inattendu, dans cette histoire d'un homme qui cache la réalité d'un changement militaro-social à ses concitoyens, du Underground de Kusturica. Le plus impressionnant c'est la gestion d'un suspense prenant, avec juste le thème du travail au noir pour quelques immigrés polonais. Pas de meurtre ou autre disparition, juste la survie au supermarché avec quelques sous, leur budget à surveiller, débrouilles à la petite semaine, et au milieu d'un Londres occidental regorgeant de denrées au milieu de sa propre misère protectionniste, et plutôt poisseuse sous ses airs hautains, un Jeremy Irons qui se veut calme et contrôlé, et se dévoile en big paumé, frustré sentimentalement et sexuellement. Sans idéologie, ni autre émotion que le souvenir névrotique d'un amour qu'il n'a pas, il est pragmatique, plus anglo-occidental que les londoniens, s'adaptantjusqu'à la folie, poursuivant sa mission sacrée, finir le job. Just do it. Qu'importe le sens, les idées passent, nos vies aussi.
on est plus dans le flegme britannique que dans la fougue slave. L' intensité dramatique est absente du film qui s'épuise en aller retours à ce supermarché qui constitue semble t-il l'interet principal pour le réalisateur. un film pour architecte d intérieur et vigile de supermarché.
Quatre ouvriers polonais se rendent en Angleterre pour y travailler au noir, un ressort du lot: Novak. Ce dernier se comporte en véritable tyran en interdisant quasiment tout à ses ouvriers (fumer, dresser un sapin de Noel...). De plus il leur ment et les dépossède de leur argent: par exemple il n'avertit même pas les 3 ouvriers qu'il vient d'y avoir un coup d'état en Pologne. Il en vient même à escroquer les caissières du supermarché local. Le film est fréquemment porté par la voix off de Jeremy Irons, ce dernier d'ailleurs crève l'écran par sa performance