Comme tous les distributeurs décident de jouer toutes leurs cartouches en fin d'année (autant les sorties populaires que cinéma d'auteur), à la fois parce-que c'est une période plus bankable mais également parce-qu'elle permet la course aux Oscars et autre cérémonies, on se retrouve avec deux gros blockbusters français le même jour : premièrement "Kaamelott" qui va sûrement attirer toute l'attention et puis, le film qui nous intéresse ici, le remake de "L'Homme qui rétrécit". Alors oui bon, c'est une "seconde adaptation" du roman éponyme mais bon, quand on se retrouve devant un film qui reprend presque plan par plan celui de 1957, j'appelle ça un remake (ou alors ce sont deux adaptations très fidèles, je n'ai pas lu le livre). Mais bref, c'est un film que j'attendais beaucoup et finalement, je n'y ai pas vu grand intérêt ! Le premier reste très réussi car, s'il accumule les longueurs par moments, il reste surtout techniquement impressionnant pour l'époque. Puis bon, le film ne durant qu'une heure vingt, on n'a pas trop le temps de s'ennuyer. Or ici, on rajoute déjà vingt bonnes minutes et puis, bien malheureusement, l'aspect technique n'intéresse plus ou du moins n'impressionne plus car on sait que ce sont des effets spéciaux, le plus souvent non pratiques (c'est-à-dire générés par ordinateur quoi). Bon alors ici, il y a quand même une bonne part d'effets purement pratiques je pense, rien que dans les décors et accessoires mais le film n'innove jamais, il ne prend pas de risques. Et donc, on est en droit de se demander où est l'intérêt si ce n'est de changer la langue, les acteurs et de passer à la couleur. Car il y avait pourtant moyen de créer autre chose à partir de cette histoire que de refaire un huis clos, quitte à trahir un peu le roman. Parce-que, pour remettre un peu de contexte, nous suivons les mésaventures de Paul qui rétrécit de jour en jour jusqu'à atteindre la taille des poupées de sa fille et après une bagarre avec le chat, il tombe dans la cave et y reste enfermé. Donc au début, c'est sympa, on découvre l'environnement et ce à quoi Paul va être confronté mais ça s’essouffle très vite. On est même frustré qu'il ne se passe pas plus de choses, comme les rencontres avec l’araignée par exemple dont les effets de 1957 ne permettaient pas de développer plus que ça alors qu'ici, le film aurait pu justement bien plus développer cet aspect. Ou même rajouter d'autres adversaires ou menaces car du coup hormis l’araignée et la scène, très tendue pour le coup, avec la tapette à souris, on n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent. En fait, le film aurait même pu commencer là où s'arrêtait le premier -
les deux fins étant d'ailleurs presque identiques
- ce qui est d'autant plus frustrant que ces scènes sont très réussies mais c'est un potentiel que nous ne verrons pas. Et puis, en plus de ça, comme dans le premier encore une fois, nous avons des interventions du personnage principal en voix off, ce qui donne un côté assez vieillot et puis surtout qui n'apporte rien hormis des phrases toute faites de philosophie de comptoir (oui, le bonheur, c'est comme le parfum, c'est une jolie tournure de phrase mais c'est plus pédant qu'autre chose car ça veut juste dire carpe diem, ce que le film raconte déjà, on n'avait pas besoin de le surligner toutes les trente minutes). Bref, malgré une bonne performance de Jean Dujardin et une mise en scène tout de même efficace et inventive de Jan Kounen, en ressort un film tiédasse qui manque cruellement d'originalité.