Flippant! "L'homme qui rétrécit" est l'adaptation d'un roman des années 50. Cette histoire avait déjà été retranscrite sur grand écran dans un long métrage sorti peu de temps après l'ouvrage. Et c'est Dujardin qui est à l'origine du projet de cette nouvelle version, à la française. Étant mine de rien un des films fr les plus chers de 2025 (au budget semblable à celui d'un "Tuche 5" par exemple), et sorti dans l'ombre de "Kaamelott 2", j'étais assez curieux d'aller voir ce remake en salles (bien que je n'avais pas connaissance des 2 oeuvres support).
Jean Dujardin, assurément l'un des comédiens de chez nous que j'ai le plus de plaisir à suivre depuis toujours, retrouve ainsi Jan Kounen, presque 20 ans après le mémorable "99 Francs". Et, justement, le gros point fort du film selon moi réside dans son visuel. Dès le début, on nous offre des plans tout à fait subtils, et qui seront de plus en plus ingénieux et impressionnants en progressant dans le visionnage. Il y a clairement des bonnes idées de mise en scène, encore plus satisfaisantes quand on sait que l'on est dans du cinéma français. En fait, le blockbuster fr profite à fond de son concept, en proposant un angle assez neuf dans la façon de filmer un être miniature. La technique du motion control est utilisée habilement. De plus, les décors ainsi que le travail sur les lumières sont idéales. Les allures de huis clos d'une partie du métrage fonctionnent hyper bien. Et, en ce sens, "L'homme qui rétrécit" est un petit film d'aventure et de SF qui rempli largement ses objectifs de divertissement agréable pour les yeux.
Cependant, je trouve quelques défauts perturbants dans ce remake, le rendant inégal et au final un peu décevant à mes yeux. En effet, on sent que "L'Homme qui rétrécit" met la priorité sur ses messages et la morale de l'histoire. À l'image des voix off de Dujardin, on nous évoque beaucoup ce que le film veut nous faire savoir et ressentir (l'idée que nous sommes qu'une poussière dans cet univers en gros). Mais cela prend une place importante, au détriment de penser à la cohérence. Il y a clairement plein de questions que l'on se pose au fur et à mesure du visionnage, et qui n'auront pas forcément de réponses. C'est blindé de facilités scénartistiques. On compte des bons dans le temps trop importants je trouve, qui nuisent au bon développement d'un scénario un minimum logique et captivant. Je me doute néanmoins que cet aspect lié au côté réaliste de l'œuvre n'est pas ce qu'elle cherche à défendre le plus, mais ça m'a gêné.
Autrement, je ne me suis pas ennuyé du début à la fin. Il y a des rebondissements efficace et un super suspens. Et on peut dire qu'il y a 2 moitiés bien distinctes. C'était inattendu pour mal part, et j'ai aimé en être surpris. Dans cette même idée, quelques scènes plutôt horrifiques en seconde partie de métrage m'ont carrément plu. Dujardin (que l'on n'avait pas vu sur grand écran depuis "Sur les chemins noirs" début 2023 tout de même) est génial dans son rôle. Il n'en fait pas de trop, on se met facilement à sa place émotionnellement (mais on n'aimerait pas du touuuut être à sa place), et le côté drama du film est sans conteste bien pris au sérieux. On a également une bande son du grand Alexandre Desplat (qui était par exemple à la baguette du récent "Jurassic World 4") qui recouvre d'une belle manière la dimension quelque peu philosophique et fantastique de l'oeuvre. Enfin, le fait qu'il y ai peu de dialogues rend le film paradoxalement plus marquant car plus changeant de ce qu'on a l'habitude de voir.
Bref, j'aurais bien voulu l'aimer plus que ça. "L'Homme qui rétrécit" reste une proposition intéressante et bienvenue dans le paysage du cinéma français d'aujourd'hui. J'encourage à aller le voir.