Film de science-fiction coécrit et réalisé par Jan Kounen, L'Homme Qui Rétrécit est hélas un mauvais long-métrage. L'histoire nous fait suivre Paul qui vit une existence paisible avec sa femme et sa fille tout en se questionnant sur la place de l'Homme dans l'univers, qui, un jour, sans explication, se met peu à peu à rétrécir jusqu'à devenir si petit qu'il va devenir la proie des animaux et des insectes et devoir survivre dans un domicile familial devenu hostile. Ce scénario, adapté du roman homonyme de l'auteur Richard Matheson, s'avère très décevant à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue tout simplement ratée devenant au fil des minutes un véritable supplice tant l'ennui provoqué donne une sensation de longueur infinie. On a juste envie de faire avance rapide tant c'est lent et que le récit n'est pas à la hauteur. Le concept est pourtant attirant sur le papier mais dans les faits, son exécution est catastrophique. Rien que le titre ne tient pas sa promesse. On s'attend à voir le processus de son rapetissement et les conséquences qu'il va avoir. Mais le film choisit de ne presque rien montrer en faisant des ellipses. Ça amenait pourtant à des scènes évidentes. Mais même une fois petit, il ne se passe pas grand-chose pour Paul. On pouvait s'attendre à une aventure incroyable mais il n'en est rien. C'est soporifique à cause du manque d'action et de péripéties et une seule menace revient tout du long, donnant une impression d'un cruel manque d'idées. Le pire, c'est que ça ne raconte rien. Enfin si. Le message se veut métaphysique et introspectif avec cette narration par voix off brisant le silence trop peu souvent pour être utile. C'est surtout extrêmement prétentieux, se la jouant cérébral façon cinéma d'auteur. En atteste son ton ultra grave et plombant alors qu'il était possible de faire quelque chose d'à la fois amusant et touchant. Mais là, ça ne coche aucune case. L'ensemble est porté par très peu de personnages et c'est celui interprété par Jean Dujardin qui prend toute la place en étant constamment présent à l'écran. Sa prestation est bonne mais loin de nous bouleverser. Il est entouré par Marie-Josée Croze ainsi que la jeune Daphné Richard. Ce noyau familial uni par les liens du sang entretient de jolies relations au début. Seulement, les deux femmes de sa vie disparaissent par la suite, faisant que ça rompt tout. Des échanges soutenus par des dialogues fatalement peu nombreux vu que Paul va être tout seul une bonne partie du temps. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère qualitative. Sa mise en scène est soignée et nous offre de beaux cadres. Malheureusement, elle ne joue pas assez bien avec son propos et aurait clairement pu et dû se montrer plus créative. De plus, elle évolue dans un joli panorama avec cette maison au bord de la plage. Mais quel dommage de voir cet environnement aucunement exploité. Presque toute l'intrigue se déroule dans la même pièce alors qu'on aurait aimé voir un plus grand terrain de jeu. La plus grande réussite du métrage provient très certainement de ses effets spéciaux particulièrement convaincants parvenant à nous faire ressentir la différence d'échelle Paul et le décor. Ce visuel tout de même propre est accompagné par une bonne bande originale signée Alexandre Desplat. Mais paradoxalement, ses douces mélodies s'accordent bien avec la façon dont est traité le sujet, tout en étant justement trop douces. Elles font ce qu'elles peuvent par rapport aux images montrées mais comme elles, on aurait aimé des notes plus épiques et impactantes. Là, elles ne font qu'amplifier notre endormissement. Reste une fin sacrément vaine nous faisant dire qu'on a définitivement perdu notre temps devant cette œuvre médiocre. Car oui, en conclusion, L'Homme Qui Rétrécit n'est pas un bon film qui n'a pour lui qu'une technique irréprochable au niveau de ses effets spéciaux.