Près de 20 ans après «99 francs», Jean Dujardin et Jan Kounen refont équipe pour cette nouvelle adaptation du roman S-F de Richard Matheson (Je suis une légende).
Nous contant l'histoire de Paul, un homme touché par un phénomène météorologique inexpliqué et se mettant à rétrécir inexorablement au fil du temps, Kounen nous propose un film qui, dans sa longue exposition, a eu du mal à me convaincre.
La faute à un ton étrange, parfois trop léger, en décalage avec le propos du film, ainsi qu'à une direction d'acteurs qui laisse à désirer (j'ai clairement eu du mal à croire au couple Dujardin-Croze, sonnant faux). Sans oublier cette voix-off entêtante, qui fait plus cinéma auteurisant et un peu lourdingue qu'autre chose.
C'est quand Paul se retrouve prisonnier de sa propre cave et que l'ordre des choses se retrouve renversé que le film m'a un peu plus accroché, notamment de par son aspect formel, le travail sur les perspectives et les échelles (m'ayant un peu rappelé ce qui avait déjà été fait sur «Chérie, j'ai rétréci les gosses»), de plus en plus impressionnantes au fil du récit, ou encore sur le son, qui s'amplifie plus Paul rétrécit.
Un second chapitre un peu plus aventureux et presque dénué de paroles, où Paul, seul, va devoir se réadapter avec ce qui l'entoure s'il veut survivre, et proposant quelques scènes sous tension (
notamment ce face-à-face silencieux avec cette araignée gigantesque et terrifiante
), mais qui pourtant est marqué par un rythme en dents-de-scie pour m'immerger vraiment dans le film.
Bref, une volonté bienvenue de proposer un autre type de cinéma français, une sorte d'expérience sensorielle et visuelle pas déplaisante à suivre, mais qui a du mal à vraiment s'incarner ici de par le traitement parfois trop artificiel, trop poussif de son récit.
Un moyen-métrage aurait sans doute suffi pour cette nouvelle version, plus introspective.
La première adaptation cinéma, signée Jack Arnold (L'étrange créature du Lac Noir), m'avait laissé un souvenir plus marquant. 5,5-6/10.