Aux jours qui viennent se rêve en chant funèbre post-pandémique, mais sonne comme un slam de CM2 récité sur fond de piano mouillé. Les acteurs errent dans des décors vides, comme s’ils cherchaient la sortie de secours d’un film qu’ils n’ont jamais compris. La mise en scène se prend pour du Haneke, mais accouche d’un Instagram morose sous filtre sépia. Et pourtant, au milieu des ruines, une réplique : “Je n’attends plus rien, alors tout peut venir” — éclair de grâce dans un brouillard de prétention.
Aux esprits chagrins qui se plaindraient de voir sortir de nombreux films traitant de l'emprise, des violences domestiques, voire de la sororité, il est facile de répondre qu'il était largement temps d'en parler et que le cinéma, français, en particulier, n'y songeait guère, auparavant, sans compter l'abondance de longs métrages au caractère viril assumé. Passons donc et regardons Aux jours qui viennent, la première réalisation de Nadia Najem. Si le film laisse une bonne impression d'ensemble, notamment dans son versant thriller, très percutant, il possède quelques faiblesses dans son écriture, le volet social est survolé, les ellipses se révèlent parfois peu convaincantes, sa construction, avec deux vies parallèles de femmes mal équilibrées et enfin sa mise en scène, nonchalante par endroits. Le sujet reste fort, cependant, et souvent prenant, notamment quand Bastien Bouillon est à l'écran, stupéfiant en homme à la fois terrifiant et dépendant. Face à lui, Zita Hanrot et Alexia Chardard assurent des prestations de bonne facture (la fillette est également remarquable), mais le film ne creuse peut-être pas suffisamment leurs personnages, en accordant une très grande place à leur tourmenteur. Loin de démériter, Aux jours qui viennent n'a pas la même puissance d'effroi que Jusqu'à la garde de Xavier Legrand ou encore l'étouffant Ne dis rien de Icíar Bollaín, qui reste inégalé pour évoquer le lourd sujet des violences conjugales.
Ce n'est pas un grand film même s'il est bien interprété, l'histoire est assez prévisible et elle fait écho à un thème déjà abordé avec un précédent film sorti un an presque jours pour jours (Jamais plus, it ends with us de Justin Baldoni). On ressort de cette histoire sans plus de certitude qu'on en a avant d'en avoir vu sa conclusion, c'est un film pour illustrer un débat de société mais pas un film pour aller se distraire au cinéma et oublier ses soucis dans un moment de détente ou rester pantois devant un moment d'histoire ou une intrigue machiavélique, pourtant s'il avait été davantage traité en mode thriller (chose qui aurait tout à fait été possible, les américains savent très bien faire et on en a aussi un aperçu dans quelques scènes), l'ensemble aurait été bien meilleur et en tout cas plus captivant... L'été est décidément une saison plutôt pauvre pour le cinéma.
Un film fort qui nous tient en haleine. Avec des scènes percutantes. Une magnifique interprétation des comédiens (ennes) Bastien Bouillon parfait dans son rôle inquiétant et touchant à la fois Superbe Zita Hanrot maman solo toujours tiraillée et en quête de bonheur La justesse et la force d 'Alexia Chardard dans un rôle douloureux. Bravo a Nathalie Najem pour son premier long métrage elle tape fort.
Toute la tension de cet énième, mais hélas encore nécessaire, film sur l'emprise d'un homme sur ses compagnes qu'il juge étant ses propriétés, vient de l'excellent Bastien Bouillon car sous son doux physique et sa voix charmeuse se dissimule le pire des salauds. Les deux actrices se débattent dans ses toiles mortifères et seule la petite Lou, sa fille, semble avoir un regard innocent mais lucide dur ce qu'est son père. Un excellent thriller qui vous fera bondir dur votre siège plus d'une fois !
ce drame social possède des scènes intenses mais reste trop souvent en surface de son sujet. c'est dommage pour les principaux acteurs, tous excellents. ce qui aurait dû être un film coup de poing est bien trop lisse au final.
Pas une comédie. Film assez lent mais qui tient en haleine durant tout le film , un peu oppressant avec des acteurs plutôt bien et la jeune actrice très bien.
le sujet , les rapports dans le couple , est un sujet devenu très " présent " . le scénario s' y attaque avec de la bonne volonté , mais les rapports entre les protagonistes restent " flous " trop longtemps ( des longueurs inutiles ) pour rentrer et comprendre de scénario . la perversité de l' homme devient assez vite évidente , mais l' attitude des deux femmes confiné à : peur ? indécision ? complaisance , naïveté ??? . ça en devient vraiment gênant . difficile dans une fiction de trouver la bonne distance , les nuances de caractère .... sur un sujet aussi difficile.
Un thriller psychologique hyper prenant. Les acteurs joue très bien et notamment la petite fille. On comprend vraiment le mécanisme de l’emprise. Bravo au réalisateur.
Bravo à Nathalie Najem pour ce premier film, très abouti. Un film plein de délicatesse pour traiter d'un sujet grave, sans approche ni violente, ni spectaculaire, traité avec beaucoup de finesse. Zita Hanrot incroyable et Bastien Bouillon inattendu. Ce film peut être un bon outil pédagogique pour aborder le problème des violences conjugales.
J’ai eu du mal à entrer dans le sujet, ne discernant pas trop immédiatement quelles étaient les interactions entre les deux personnages féminins gravitant autour de cet homme (plus une troisième, sa mère) qui m’apparaitra par la suite comme il est : drogué, délinquance et trafic en rapport, et également violent et dominateur, conjugalement parlant. Un titre abscons qui n'aide pas non plus à se repérer et se positionner immédiatement. Je n’ai personnellement réussi à reconstituer ce puzzle que lorsque j’avais l’image finale sous les yeux et que je suis venu lire ici dans les critiques confirmation de mes impressions tardives. Un problème de rythme dans la mise en scène. Un drame qui attire sans doute un public rompu ou sensibilisé à ce type de situation, ce qui lui donne une longueur d’avance que le spectateur lambda n’aura pas forcément.
Un excellent film psychologique avec un scénario qui maintient le suspense jusqu’au bout. Le film raconte l’histoire d’un homme drogué qui persécute sa compagne et son ex compagne.
Scénariste prolifique et reconnue, c’est le 1er film en tant que réalisatrice pour Nathalie Najem. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ces 100 minutes de drame sous haute tension sont une parfaite réussite dans le genre. Nice, de nos jours. Laura, la trentaine, essaie de se reconstruire après une relation tumultueuse avec Joachim. Elle mène une vie en apparence tranquille, en élevant seule sa petite fille. Mais l’accident de Shirine, la nouvelle compagne de Joachim, va faire ressurgir son passé. Les deux femmes, en proie à la violence du même homme, vont peu à peu se soutenir… Une véritable découverte, sur le thème de l’emprise et des violentes faites aux femmes, le tout défendu par un casting en état de grâce. De toute évidence, la cinéaste a voulu raconter une histoire intime mais avec une dimension universelle, et surtout éviter les caricatures. Elle ne voulait pas d’un récit où l’homme est, selon ses dires, méchant dès la première image et la femme simplement aveuglée. Aussi les deux personnages féminins sont-ils car ni victimes passives ni figures héroïques idéalisées. Elle ouvre ainsi la voie à un discours sur la sororité, la honte, la résilience, et la difficulté de juger clairement des relations humaines. Autre point fort, de nombreuses scènes ont été tournées dans des lieux publics, sans blocage ni figuration organisée. Les acteurs ont été plongés dans le réel, avec des passants non avertis autour d’eux. Belle musique originale de Tal Zana qui m’a semblé inspirée du Cum Dederit de Vivaldi. Donc beaucoup d’atouts pour ce 1er film qui, malgré quelques coups de mou dans le rythme, fait passer un excellent moment de cinéma intimiste. A voir ! Côté casting, comme je l’ai dit plus haut, on continue de mesurer l’immense talent de Bastien Bouillon, qui de film en film, tous aussi différents que La nuit du 12, Le Comte de Monte-Cristo, Monsieur Aznavour ou Partir un jour, s’impose comme un de nos acteurs de tout 1er plan. Zita Hanrot, qu’on voit décidément trop peu sur les écrans, est magnifique tout comme Alexia Chardard. Un retour apprécié, celui de Marianne Basler. Mais la grande découverte reste la petite Maya Hirsbein, absolument épatante, dont a su préserver la fraîcheur et la vérité du jeu enfantin. Nathalie Najem parvient à trouver la note juste, sans effets spectaculaires, pour donner à voir très clairement la manipulation et les mécanismes qui mènent à la violence. Du thriller psychologique au centre d’une spirale sans fin. Prenant et très juste.
Merci et bravo à la réalisatrice et aux 4 acteurs principaux dont la petite fille 'ai hâte de découvrir d'autres films aussi subtils de cette réalisatrice. Violence et emprise bien illustrées y compris sur les enfants.