Aux jours qui viennent
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Aux jours qui viennent" et de son tournage !

Casser les clichés sur les violences conjugales

Nathalie Najem explique que le film est né de plusieurs désirs simultanés : raconter une histoire intime mais avec une dimension universelle, et surtout éviter les caricatures. Elle ne voulait pas d’un récit où l’homme est "méchant dès la première image" et la femme simplement "aveuglée". Elle a donc imaginé deux personnages féminins complexes (Laura et Shirine) qui ne sont ni victimes passives ni figures héroïques idéalisées.

C’est notamment l’idée du "deuxième amour" de l’homme violent – Shirine, après Laura – qui a permis d’aborder la question de l’après : l’après-séparation, l’après-violence, mais aussi le lien entre deux femmes confrontées au même homme. Cette construction narrative ouvre la voie à un discours sur la sororité, la honte, la résilience, et la difficulté de juger clairement des relations humaines.

Tournage sauvage dans les rues de Nice et Palerme

Aux jours qui viennent a été tourné dans des lieux publics, sans blocage ni figuration organisée. Les acteurs ont été plongés dans le réel, avec des passants non avertis autour d’eux. Cela a permis de capturer une vérité brute à l’image, notamment dans les scènes à la gare ou sur la Promenade des Anglais. Nathalie Najem voulait que ses comédiens vivent la scène "dans la vraie vie", ce qui les a parfois déstabilisés… Mais aussi libérés.

La gifle choquante

La scène de violence où Joachim (Bastien Bouillon) assène une gifle violente à Laura (Zita Hanrot) n’a pas été édulcorée. Bouillon était d’abord réticent à l’idée d’aller aussi loin physiquement. Mais la réalisatrice lui a expliqué que cette explosion de violence devait naître d’un sentiment de fragilité extrême, perçu comme une attaque par Joachim. Laura, elle aussi, riposte frénétiquement, ce qui donne à la scène une intensité rare, presque insoutenable.

Une enfant dirigée en direct pendant les prises

Maya Hirsbein, qui incarne Lou, la fille de Laura, n’était pas dirigée comme une actrice adulte. Nathalie Najem lui parlait pendant les prises, lui donnant des indications simples et en temps réel ("regarde là", "tu as peur maintenant", "approche-toi"). Elle s’est aussi inspirée de ses jeux entre les prises pour construire certaines scènes. Ce procédé a permis de préserver la fraîcheur et la vérité du jeu enfantin.

Des références cinématographiques très précises

La réalisatrice et sa directrice de la photo, Justine Bourgade, se sont inspirées de La Balade sauvage de Terrence Malick pour sa lumière de fin de journée et ses compositions naturelles. Pour les scènes de tension, elles ont revu French Connection (William Friedkin) et L’Impasse (Brian De Palma). Mais c’est le style brut et direct de Friedkin qui les a le plus influencées pour les poursuites dans la gare : peu sophistiqué, mais extrêmement efficace.

Alexia Chardard a réalisé toutes ses cascades

Alexia Chardard (Shirine) s’est engagée à 100 % physiquement. Elle a tenu à réaliser elle-même toutes ses cascades, notamment celles de fuite pieds nus ou les scènes violentes avec Joachim. Cette implication témoigne de la détermination du personnage, mais aussi de l’actrice, que la réalisatrice qualifie de "moderne, volontaire et très expressive".

Improvisation, retournement d’intentions et liberté de jeu

Zita Hanrot, très préparée, avait construit un parcours psychologique très précis pour Laura. Mais une fois sur le plateau, la réalisatrice lui demandait parfois d’improviser ou de changer totalement d’intention. L’objectif ? Créer de l’imprévu émotionnel. À l’inverse, Bastien Bouillon préparait peu mais jouait à l’instinct. Les deux comédiens se sont prêtés au jeu de ces variations permanentes, pour explorer toute la palette des émotions humaines.

Une bande-son construite autour d’un morceau de Vivaldi

Le compositeur Tal Zana, plus habitué aux documentaires, a travaillé en étroite collaboration avec la réalisatrice. Le point de départ musical : le “Cum Dederit” de Vivaldi, entendu dans l’atelier de Laura. Zana en a tiré des variations émotionnelles multiples, auxquelles il a ajouté des thèmes originaux (la Promenade des Anglais, la fin du film). Il a composé en même temps que le tournage pour rester proche des intentions du film.

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