L'Albatros
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Jean Mariage
Jean Mariage

1 abonné 99 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 février 2026
Condamné pour avoir tué accidentellement un policier, Stef Tassel s’évade de la prison de Markstein. Pourchassé, il trouve refuge à l’hôtel de ville où se tient un meeting en faveur du président Cavalier, candidat aux prochaines élections, et enlève la fille de ce dernier…
Inspiré librement d’un fait divers, le film resserre l’action sur vingt-quatre heures, donnant l’impression d’une fuite en avant presque ininterrompue, comme si le temps lui-même se mettait au rythme haletant du personnage traqué.
« L’Albatros » n’est pas exempt de défauts : scénario parfois invraisemblable, silhouettes caricaturales. Mais ces scories deviennent presque secondaires face à l’évidence : c’est un film habité. Un film qui brûle d’une foi rare dans ses personnages.
Sur le fond, Mocky ne se contente pas d’éreinter un monde politique gangrené par l’argent et l’arrivisme ; il oppose à cette médiocrité un élan libertaire d’une pureté presque naïve. Stef Tassel n’est pas seulement un fugitif : il est un homme qui refuse les règles d’un jeu truqué. Face aux notables cyniques, aux policiers mécaniques, aux stratèges électoraux, il incarne une forme de liberté instinctive, presque sauvage.
La relation qui se noue entre le ravisseur et son otage dépasse très vite le simple ressort dramatique : elle devient l’alliance fragile de deux êtres qui, l’espace d’une nuit, échappent à l’ordre social. Mocky filme leur cavale comme une parenthèse enchantée, un moment suspendu où l’amour devient un acte de défi.
Sur la forme, le film revendique l’énergie d’une série B artisanale, tournée dans l’urgence, avec des moyens modestes mais une conviction intacte. Cette simplicité renforce la dimension romantique du récit : rien de spectaculaire, rien d’ostentatoire, seulement des corps en fuite, une nuit, et une musique de Léo Ferré qui plane comme un chant de révolte.
La présence de seconds rôles familiers du cinéma français — tel Michel Delahaye, ancien critique aux Cahiers du cinéma, à l’aise aussi bien chez Godard (Bande à part, Alphaville) que chez Rollin (La Vampire nue, Le Frisson des vampires) — participe de cette liberté de ton, de ce refus des hiérarchies établies.
spoiler: Et la scène finale, magnifique, où le kidnappeur et son otage font l’amour au sommet d’un mur de la prison sous les yeux impuissants de la police et de la canaille politique, donne au film sa dimension quasi mythologique : l’amour comme ultime geste de défi, comme victoire symbolique sur un monde de compromission.

Bref, un film qui a une âme, profondément romantique et farouchement libertaire.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 avril 2024
C'est un Mocky sombre et désabusé, où l'auteur, après "Solo" et avant "un linceul n'a pas de poches", rejette la société française, son état policier, ses politiciens démagos et corrompus. Sa vision de toujours en somme. Moins révolutionnaire ou anarchiste que nihiliste, Mocky racont la cavale d'un prisonnier évadé, condamné pour le meurtre d'une policier, dont le destin sera, on le devine au ton amer qui est celui du film et de son personnage principal, spoiler: dramatique.

Evitant les barrages, Sef Tassel tente de gagner la frontière avec une otage qui, coincidence utile, spoiler: est la fille d'un politicien en campagne électorale.

Le problème du film, c'est que le propos de Mocky n'est guère argumenté et s'exprime surtout à travers des personnages caricaturaux et des formules complaisantes et convenues. Lorsque le cinéaste, en d'autres occasions, joue la carte de l'humour satirique, il peut sans doute se les permettre. Dans "L'albatros", titre métaphorique pompeux qualifiant l'utopie libertaire du héros, la pauvreté et la maladresse du discours ne permettent pas qu'on lui porte un réel intérêt. D'autant que l'intrigue se signale, comme habituellement chez Mocky, par ses invraisemblances, ses raccourcis candides ou bâclés.
Tassel se pose en victime harcelée par la société, laquelle finira par gagner, sans qu'il ne se soit concilier la sympathie de sa jolie otage (Marion Game). Quelle idée de liberté Mocky défend-il? Que dit-il des moeurs politiques ou méthodes policières qu'on ne sache déjà? Je préfère, pour ma part, le Mocky insolent, le trublion, au Mocky sentencieux.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 février 2024
Un film culte de J.P. Mocky , où il dévoile et développe à son apogée, son côté rebelle , anar , anti -système , anti- clérical. C’est un peu une synthèse de plusieurs de ses films précédents mais sur le mode polar, noir, désespéré . Cela reste cependant, une sorte de série B, de luxe, mais qui nous séduit grâce à la poésie dégagée, un peu sauvage, une certaine mystique Beaudelairienne,à la musique de Léo Ferré , superbe ( dommage qu’il n' ai pas fait d’autre B.O. de film ), et bien sûr au jeu des deux protagonistes . Mocky ,qui avait commencé comme acteur, est très bon : beau gosse au profil grec , à la mèche rebelle , c’était un des plus beaux jeunes premiers des années 60/70, et Marion Game tient là son plus beau rôle , dommage qu’elle n’ait pas confirmé au cinéma, mais elle fera une superbe carrière à la télé sur le tard. Tour à tour mutine, cabotine, charmeuse, elle est délicieuse. Tous les second rôles sont excellents, très soignés , comme toujours chez Mocky. Les 10 dernières minutes sont d’une grande poésie, ce que sait faire de mieux Mocky, et la scène des amants en contre- jour , narguant la foule ( le sexe rédempteur ) reste une réussite technique , visuelle et artistique, culte
kingbee49
kingbee49

53 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 janvier 2024
Un excellent Mocky de sa grande période. Un polar traité en course poursuite qui prend le temps de dénoncer avec cynisme les politiques corrompus... C'est rapide et chaotique, un peu comme si on avait monté un moteur de Ferarri dans une deux chevaux ! Mais l'ensemble est plutôt maîtrisé malgré des seconds rôles parfois pas très crédibles. Léo Ferré y signe là sa seule vraie B.O de film et la regrettée Marion Game, qui débutait, avait bien du charme. Le final est gentiment WTF...
Norbert Sautelles
Norbert Sautelles

19 abonnés 675 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 décembre 2023
spoiler: Il est toujours intéressant de visionner un film de Jean-Pierre Mocky. Il n'y a pas de fioriture inutile : pas de durée inutile (alors que 92 minutes est une longue durée pour Jean-Pierre Mocky), aucun dialogue inutile, pas de séquence inutile, pas de personnage inutile Ici, Jean-Pierre Mocky interprète l'Albatros, un évadé de prison, recherché par la police, qui kidnappe la fille d'un homme politique, en pleine campagne électorale, où les deux candidats sont torves et profiteurs, comme tout homme ou femme polique. C'est menée tambour batant. Marion Game est délicieuse en fille d'un des deux hommes politiques, tous les deux perfides et profiteurs. La police est au service des puissants, laches et sans intégrité. C'est un festival Jean-Pierre Mocky, est qui très crédible en acteur. Le film contient quelque belles scènes : lorsque l'Albatros fait l'amour avec Marion Game, en ombre chinoise, belle idée visuelle. Ou la séquence dans le supermarché avec le changement de vetements. Toutes les séquences avec les hommes politiques, tous perfides, torves, menteurs, égoïstes.
RitchieGueko
RitchieGueko

27 abonnés 650 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 novembre 2023
L'albatros est un film réalisé par Jean-Pierre Mocky et sorti en 1971.
Ce film, qui vient dénoncer la corruption et l'utilisation des faits en politique, est plutôt convaincant. L'ensemble est tiré à gros traits par Mocky (comme d'habitude) mais l'ensemble se laisse bien regarder, l'entente avec Marion Game fonctionnant bien dans le métrage. En outre, l'ensemble est accompagné de belles mélodies de Léo Ferré. La réalisation est parfois un peu fuyante, certains dialogues sont inutiles ( spoiler: cette histoire de désir sur le viol qui est dérangeante...
) mais dans sa globalité, ce film est à placer parmi les bons Mocky (d'autant plus qu'il en est l'acteur principal).
Sans être un grand film, cet albatros se regarde avec plaisir malgré tous les défauts récurrents du cinéma de Mocky.
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 novembre 2023
Un polar super vitaminé qui nous cloue dans notre fauteuil pendant 90 minutes. C'est très bien rythmé, fertile en rebondissement avec un arrière fond politique "à la Mocky" Jean-Pierre Mocky interprète le rôle principal de façon efficace (ce n'est pas toujours le cas dans ses films) et Marion Game, craquante apporte une dose de fraicheur et de malice. Alors évidement c'est parfois un peu foutraque, on est en pleine série B, mais qu'importe. spoiler: Le syndrome de Stockholm se déclenche un peu vite, mais qu'importe. Il y a une sorte de rage chez Mocky qui fait mouche et rend son personnage attachant. Quant à l'avant dernière scène toute en ombre chinoise, elle est sublime…
mais après il fallait finir et on a le droit de trouver la conclusion trop vite expédiée.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 juillet 2023
L'albatros : un bon polar écrit, mis en scène et interprété par Jean-Pierre Mocky.
Bien secondé par La jeune et belle Marion Game, il interprète avec brio le rôle principal ; un criminel un peu spécial, héros romantique à la belle gueule.
Sur une musique de Léo Ferré, Mocky nous livre un scénario assez bien ficelé. Il utilise ses ingrédients usuels : action, grosses voitures, révolvers et policiers, machinations politiques..., éléments basiques du roman noir.
Le pitch : Après une évasion de tôle spectaculaire, Stef l'albatros, vole au dessus des barrages de Police dans une cavale mouvementée ...
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 avril 2021
« L’Albatros » de Jean-Pierre Mocky (1971). Un prisonnier qui a tué un policier s’évade avec moult policiers à ses trousses, 2 politicards véreux en pleine campagne électorale, et une fin inattendue « onirique » … voilà un excellent scénario ! Mais le jeu des acteurs et les dialogues sont souvent un peu « décalés » par rapport aux images et on entend à peine la complainte de Léo Ferré ! Un film qui hélas manque de vivacité. Un JP Mocky qui manque de punch et de causticité
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 juin 2019
L'Albatros : un tel titre, pour bon nombre d'entre nous, c'est celui d'un poème de Baudelaire qui sera notamment mis en musique par... Léo Ferré officiant ici. Mais c'est aussi le titre d'un film de Jean-Pierre Mocky dans lequel son mépris des pouvoirs politiques, quel que soit le parti, ressort bien. Pour ce faire, deux des personnages du films sont des hommes politiques en pleine campagne électorale prêts à n'importe quel coup pour déstabiliser l'opposant. Bon, cette critique des moeurs politiques reste quand même peu fouillée étant donné que le but de Mocky est ailleurs. Le but ? Simplement proposer un polar sec, noir et résolument pessimiste dans lequel tout semble impossible. A commencer par l'amour naissant entre le personnage principal et son otage. Un amour naissant donnant d'ailleurs lieu à une scène très belle à la fin du film. La réalisation n'est pas grandiose, forcément. Et parfois, le jeu sonne faux. Mais ça file vite et surtout, Mocky maîtrise son truc. Sachant très bien où il veut l'emmener et comment. Découvrir le cinéaste via cet "Albatros" ? Pourquoi pas.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 3 août 2016
Un film à l'atmosphère étrange, comme toujours chez Mocky. C'est sûrement dû à sa direction d'acteurs et à sa réalisation si particulières.

Le personnage principal, interprété par le réalisateur lui-même et avec lequel il se confond, est tout de même sympathique. Marginal et criminel "presque" malgré lui, il est une figure attachante, tragique, désespérée, un brin romantique sur les bords.

Le reste de la distribution est assez fade. Mocky n'aime pas les représentants de l'Etat, on le voit bien avec les deux hommes politiques antipathiques et sans scrupules. Les images nocturnes sont belles, comme la musique.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2011
"L'albatros" de Jean-Pierre Mocky n'est pas uniquement un film policier! il dèvoile et dènonce, en outre, les moeurs èlectorales françaises de façon grinçante! Le titre, inspirè du cèlèbre poème de Baudelaire, vient du fait que le personnage est un asocial, un être totalement irrècupèrable! Tournè en Lorraine, "L'albatros" fit un beau scandale à sa sortie en 1971 à cause de la scène èrotique finale! Le film possède un rythme haletant, furibond, chaotique et Mocky manifeste avec plus de maîtrise que jamais un sens du rècit hèritè - et le mot n'est pas trop fort ici - des meilleurs thrillers amèricains! Entre course-poursuite et amours sans issue, un beau film romantique et dèsespèrè avec la belle musique de Lèo Ferrè...
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 septembre 2010
Voici un très bon Mocky, les mauvaises langues le considérant comme un mauvais réalisateur peuvent se taire car ce polar est très réussi ; une histoire se déroulant en 24 h sans temps mort. C'est bien mené et le mordant de Mocky est bien présent en égratignant la classe politique. Il n'y a que le final de L'Albatros qui est un peu bâclé. Belle musique de Léo Ferré.
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juillet 2010
Le mépris de Mocky pour le pouvoir a quelque chose de plus poujado (« Tous pourris ! ») que de véritablement anarchiste. Mais le romantisme noir du film finit par prendre, et c’est vraiment bien fichu, un film de cavale très bien mené, avec de bons dialogues et des seconds rôles intéressants. Mocky ose une fin proprement hallucinante qui émeut, alors qu’elle aurait pu tomber dans le ridicule. Il n’a pas seulement réussi quelques bonnes farces.
BlindTheseus

347 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2009
Simplement passionnant, ce film, avec ses scènes naturalistes riches & tout en détails, nous entraîne tout à coup dans son récit plutôt noir avec des héros haut-en-couleurs; et ce tout en évitant le tragique facile, malgré le parcours psychique d'un protagoniste principal qu'on ne saisit pas toujours: Un film qu'on ne reverra plus.
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