Derrière la fantaisie de tanuki métamorphes, Isao Takahata observe dans Pom Poko la disparition des collines de Tama Hills, peu à peu englouties par l’expansion de Tokyo dans les années 1960. Le film joue d’emblée sur une ambiguïté visuelle : les tanukis apparaissent tantôt comme de simples animaux, tantôt comme des créatures anthropomorphes capables de parler, de tenir des assemblées et d’élaborer de véritables stratégies politiques, avant de basculer parfois dans une caricature grotesque proche du cartoon. Cette oscillation constante matérialise l’appartenance des tanukis à plusieurs registres à la fois, entre nature, mythe et fable satirique.
Cette instabilité se prolonge dans leur pouvoir central, la métamorphose. Les tanukis peuvent se transformer en humains, en objets ou en monstres gigantesques, et cette faculté devient bientôt une véritable stratégie politique. Sabotages, apparitions spectrales, illusions collectives : tout est mis en œuvre pour effrayer les humains et ralentir les travaux. Mais Takahata laisse progressivement affleurer une idée plus troublante : même le merveilleux peut devenir impuissant face à la logique du progrès. Ainsi, la grande parade mythologique, éclatante de créativité et peuplée de démons, de fantômes et de créatures légendaires, finit absorbée par les médias, réduite à un simple spectacle dont la puissance se dissout dans le regard moderne.
Pendant ce temps, les collines boisées de Tama, luxuriantes au début du film, se couvrent peu à peu de routes, d’immeubles et de lotissements. La transformation avance sans véritable méchant, comme si la destruction du paysage procédait moins d’une volonté malveillante que d’un mouvement collectif devenu irréversible. La communauté des tanukis se fissure alors : certains poursuivent la lutte, tandis que d’autres choisissent de se fondre parmi les humains.
Lorsque les survivants recréent une dernière fois l’ancien paysage par illusion, les collines redeviennent soudain verdoyantes, les rivières coulent librement et les arbres repoussent. Mais cette vision ne dure qu’un instant. Le décor urbain réapparaît aussitôt, rappelant que ce monde n’existe plus que dans la mémoire. Et si Pom Poko fait parfois rire, c’est peut-être pour rendre cette conclusion supportable : il est toujours un peu plus facile de regarder un monde disparaître lorsque ceux qui l’habitent savent encore se moquer de leur propre tragédie.
Ce fill est un chef d'oeuvre! Son sujet est TOUJOURS d'actualité et il se regarde avec aisance. j'adore ce film d'animation et il faudra que d'autres lui emboite le pas aujourd'hui. Réaliser par le regretté Isao Takahata, l'autre face incontounable de la pièce GHIBLI avec Hayao Miyazaki, il aborde des thèmes (déforestation, reduction de l'habitat des animaux et Onirisme supernaturel) avec une maestria sans pareil. A voir Absolument.
Le film raconte l'histoire d'un groupe de tanuki (un espèce de raton-laveur japonais) qui voient la forêt où ils vivent progressivement rasée pour devenir un lotissement dans la politique d'extension de la ville de Tokyo. C'est un film poétique et drôle. Pompoko est l'onomatopée japonaise pour le bruit que les tanukis produisent en se tambourinant le ventre. Ainsi, les tanuki vont élaborer des stratagèmes pour éviter que leur habitat ne disparaisse. L'intérêt de ce film c'est de nous montrer la richesse du folklore japonais, en lien avec ces sujets de cohabitation entre humains et nature sauvage. En effet les tanuki, en plus d'être particulièrement fêtards et farceurs, sont dotés de pouvoirs magiques. Le film aborde la question de la magie, de l'illusion. C'est ce qui le rend poétique, c'est une belle fable questionnant les mystères de la nature.
Réalisé en 1994, "Pompoko" est un conte animalier et mythologique qui correspond parfaitement à l'esprit du studio Ghibli. On y découvre une communauté en proie à la destruction de leur forêt prévue par un projet de développement urbain. On sent qu'il y a un message fort, engagé en faveur de l'écologie. Le film est inspiré du folklore japonais, à travers ces tanukis, ces créatures métamorphes. Le ton est cependant inégal : le film alterne entre humour potache, et tragédie écologique. Cette alternance a de quoi dérouter et conserve un rythme inconstant. Malgré son côté sympathique, il ne s'agit pas d'une oeuvre majeure pour Takahata.
Avec ce film d’animation de Ghibli, le réalisateur Isao Takahata retrouve les thèmes phares du studio avec une profonde dimension environnementale et ses propres préoccupation avec la perte d’anciennes valeurs traditionnelles en évoquant par la lutte dans les années 60 de tanuki pour préserver leur habitat naturel face à l’expansion humaine. C’est à la fois très drôle, inventif mais aussi très émouvant et pertinent dans sa manière d’évoquer la conciliation entre respect des traditions et le besoin de modernité du Japon alors en plein boum économique.
Fable écologique originale et audacieuse, Pompoko mêle humour, poésie et satire sociale avec une animation riche et inventive. Derrière ses apparences légères, le film porte un message fort sur la destruction de la nature. Un Ghibli atypique, parfois déroutant, mais profondément marquant.
Qu’ils sont mignons ! Une fable qui n’a pas d’âge, avec un fort message sur la déshumanisation via l’industrialisation. Ce qui est aussi excellent dans cet anime, c’est qu’on ne part pas dans un cliché à l’eau de rose, mais qu’il reste très réaliste, et même actuel. Bon les graphismes datent un peu, mais c’est plus la trame qui joue donc peu importe.
Une façon originale et très intéressante d’aborder l’écologie et l’urbanisme des mégapole de façon comique et culturelle. J’ai été agréablement surpris
Pompoko est le film du studio Ghibli montre clairement la différence de culture entre le Japon et l'Occident. La mythologie et l'écologie sont les thématiques centrales de l'œuvre via l'expansion urbaine et sa répercussion sur la vie de ces tanukis métamorphes. Cependant, le film va peut être un peu trop loin avec son délire sur les roubignols des tanukis. Au début c'est drôle et cela apporte de la légèreté au film, mais à la longue ça devient un peu lourd et je suis complètement sorti de l'histoire. Le film est très bon à mon sens, mais la différence de culture était trop forte, même si j'adore cette culture nippone.
A bien y réfléchir, peut-être même plus que Totoro ou Le Tombeau des lucioles, je me demande si ce n'est pas pompoko que j'emporterais sur une île déserte. A choisir parmi les chefs d'oeuvre Ghibli celui-ci reste finalement le plus riche et surprenant. Tellement drôle et tellement désespérant à la fois. Je crois que ce film est souvent sous estimé voire méconnu.