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Eric43
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4,5
Publiée le 5 janvier 2016
Du bon cinéma. C'était l'époque ou de jeunes vedettes montantes, telles Jeanne Moreau, Alain Delon, Jean Paul Belmondo., venaient se confronter au patron, Jean Gabin. Ici, c'est la jeune et fraîche Brigitte Bardot qui s'y colle avec brio. Dans ce film de facture classique, bien maîtrisé par Autant-Lara, elle donne toute sa sensualité, face à un Gabin solide à souhait. Un film, noir, plus compliqué qu'il n'y parait. Une femme éprise de deux hommes, un jeune ouvrier apprenti médecin un peu anarchiste, un vieil avocat à la vie bourgeoise. Prise entre deux styles de vie, celle la jeune Yvette Maudet, bascule dans la mort. A noter d'excellentes actrices qui campent de beaux seconds rôles, Edwige Feuillère, parfaite bourgeoise épouse de M°Gobillot, dont Madeleine Barbulée est la secrétaire fidèle.
Un autre spécimen de Gabin classique où le sens émerge des grands sentiments et traits de caractères - amour, tolérance, candeur. Dans le candide, Brigitte Bardot comme à son habitude va trop loin, mais de sa crédibilité dans un rôle de, euh...femme facile jaillit tout l'intérêt de l'intrigue.
A première vue le duo Bardot/Gabin peut ne pas sembler très crédible ! On imagine mal Gabin, jouant souvent aux hommes de valeurs, tromper sa femme pour Bardot, pauvre tapineuse... Pourtant on s'y laisse prendre ! Le jeu des acteurs est excellent (je me rappelle très bien du regard d'un Gabin furieux face à un autre amant de BB, ses yeux en sortaient presque, ou encore d'une BB totalement dans le cirage après s'être droguée). Néanmoins l'intrigue reste trop simpliste: l'acquittement de BB est obtenu en 2 temps 3 mouvements, le reste du film porte sur la décadence de Gabin...pas extraordinaire ! Sympathique à regarder rien que pour ce duo original, et une BB qui confirme ses talents de comédienne.
Claude Autant-Lara a toujours été controversé, tant l'homme que le réalisateur. Ce film ne ferait certainement plus les 3 millions d'entrées en salles en 2015 car il misait essentiellement sur la curiosité de la rencontre Gabin- Bardot, cette dernière auréolée de la seule gloire d'avoir été la première à s'exhiber sans vergogne dans le plus simple appareil, et de défier la censure. Ici, le réalisateur, surfant sur le succès de "la traversée de Pariis, ne se sert même pas du côté sulfureux et provocateur de BB ce qui souligne d'autant plus que "le mythe" se révélait être très mauvaise comédienne ! Ce film mortel (deux heures !) est aujourd'hui complètement ringard et totalement dépassé ! On ne peut pas être et avoir été : l'effet de "mode" est actuellement oublié... willycopresto
Voir à l'affiche un duo Jean Gabin-Brigitte Bardot ferait saliver n'importe quel cinéphile. La classe de l'un associée au charme de l'autre donne effectivement un résultat qui vaut au moins le détour. Mais la linéarité de l'histoire et le petit niveau des dialogues m'ont laissé sur ma faim. Le suspense est bien faible. Le caractère sulfureux du film est un point fort, mais finalement la morale reprend le dessus et c'est bien dommage, il aurait été intéressant d'aller jusqu'au bout.
Brigitte Bardot confirme d'emblée le magnétisme qui avait explosé aux yeux du monde dans le film "Et dieu créa la femme" (1956). On rencontre ensuite l'avocat, incarné avec un Gabin toujours aussi solide et charismatique, amoureux de son épouse alias Edwige Feuillère magnifique de dignité mais dont on perçoit pourtant un couple en crise. Puis arrive la scène culte, mythique où la jeune Yvette est prête à tout pour que l'avocat accepte de la défendre. Un plan où on aperçoit les fesses de Yvette/Bardot ne passe pas la censure. La séquence ne sera plus censurée qu'à partir de 1998. Malgré tout le film a un défaut, et une fois n'est pas coutume, cela est dû à un Jean Gabin trop timoré, voir mal à l'aise dans ce rôle de vieux bourgeois qui craque sur une jeune délinquante qui a l'âge d'être sa fille. Mais le drame qui se dessine, la lucidité de l'épouse, la jalousie des deux hommes finalement tous deux manipulés par une jeune femme peut-être pas si ingénue, et cette procédure autour d'un faux témoins forment un récit efficace et vénéneux où personne en sort indemne. Un grand film qui ne pêche que par un monstre sacré déstabilisé sans doute pour la première fois de sa carrière. Site : Selenie.fr
Une fois n’est pas coutume, Jean Gabin s’aventure hors de sa zone de confort et nous propose une composition différente du personnage de bourru au grand cœur asexué dont il a fait son fonds de commerce à compter des années 50 (à compter de "Touchez pas au grisbi" en fait). Dans "En cas de malheur", l’acteur drague, enlace, étreint, embrasse à pleine bouche et couche même avec une femme (hors champs tout de même, n’exagérons rien) sans s’en cacher ! Le spectacle est déroutant, surtout lorsqu’on est, comme moi, plus attaché à l’image de pater familias charismatique de Gabin qu’à celle de jeune premier de sa première partie de carrière. Déroutant, donc, mais inintéressant dans la mesure où Gabin semble moins "intouchable" qu’à l’accoutumée, ce qui est plutôt plaisant. Il faut dire qu’il donne la réplique à la somptueuse Brigitte Bardot (starifiée deux ans plus tôt par "Et Dieu créa … la femme"), qui incarne (ô surprise) un fantasme ambulant nunuche à souhait qui va faire tourner la tête de son avocat. On a souvent raillé les talents d’actrice limités de Bardot mais force est de reconnaître que son phrasé faussement candide et son insolente beauté collent parfaitement à ce personnage incendiaire spoiler: (ah ce fameux plan où elle relève sa jupe pour convaincre l’avocat de la défendre) , source de toutes les tensions et véritable tornade dans cette société française si corsetée des années 50. C’est d’ailleurs Bardot qui est le véritable moteur du film puisque son personnage donne le pouls de son époque, avec sa liberté (notamment sexuelle) qui choque le bourgeois. Ce n’est pas un hasard si Claude Autant-Lara la filme comme une provocation constante qui trouble l’ordre établi. Le film est, ainsi, un intéressant portrait de son époque, campé par deux des plus grandes stars françaises des années 50. Il peut , également, compter sur des seconds rôles solides, dont l’excellente Edwige Feuillère en épouse trompée mais digne, Franco Interlenghi en détestable amant jaloux ou Madeleine Barbulé en secrétaire inquiète. Il a, pour autant, franchement vieilli, notamment en raison du de son rythme pas toujours effréné. Autant-Lara multiplie, ainsi, les scènes intimes entre Gabin et Bardot au détriment d’un certain nombre d’axes scénaristiques qui aurait pu apporter un peu plus d’efficacité. J’aurai, ainsi, aimé que le film s’intéresse davantage au procès (trop rapidement éclusé) ainsi qu’aux conséquences sur les victimes. A ce titre, "La Vérité" de Henri-Georges Clouzot (avec Brigitte Bardot dans un rôle similaire) est largement supérieure puisqu’il avait su trouver cet équilibre parfait entre état des lieux sociétal et film juridique, le tout magnifié par une mise en scène en flash-backs. La mise en scène d’Autant-Lara manque incontestablement d’audace… ce qui n’a pas aidé le film à résister au temps qui passe. Et, mine de rien, aussi atypique soit-elle, la prestation de Gabin en amoureux contrarié m'a moins emballé que ses compositions habituelles. Peut-être lui manque-t-il également les dialogues de Michel Audiard. Pas indispensable donc mais très regardable...
Gabin et bardot tous deux formidables. Un avocat tombe amoureux d'une jeune jolie blonde et naïve. Il va l'entretenir mais pourra t-il conserver l'amour de la jeune femme. Un amour non-unique. Hormis s'il vous arrive un malheur, ne rater pas ce long-métrage.
Comme souligné un peu plus bas (et très justement), il n'est pas de scandales à voir dans "En cas de malheur" comme une reprise de "Voici le temps des assassins" (faudra que je le regarde à nouveau d'ailleurs, j'ai la désagréable impression d'être passé à côté de quelque chose) mais, il y a une différence notable entre les deux : la personnalité du réalisateur. Autant-Lara n'était pas du genre (encore moins que Duvivier) à marcher sur les sentiers battus. Et j'aime mieux vous dire que ça ressent fortement. Passons sur cette histoire d'amour entre un avocat quinquagénaire droit dans ses bottes et une jeune fille frivole de 22 ans qui profite de sa jeunesse et de sa beauté. Un passage est si subtilement amené qu'il en a même oublié de faire grincer les dents des vieilles mâchoires conservatrices de l'époque. Un passage qui conduit (même si, naturellement, on ne voit rien de tout ça) au sexe à trois. Nous étions en 1958 ne l'oubliez pas, il fallait vraiment n'avoir cure des convenances pour inclure ça dans un film. Et, pour donner corps à tout ça, nous retrouvons une Edwige Feuillère d'une grande sobriété, une Brigitte Bardot atypique, livrant une prestation qui l'est tout autant et un Jean Gabin tout en charisme, mais avec également beaucoup de pudeur et de fragilité. Quand je pense que les "intellectuels" de la Nouvelle Vague lui reprochaient de jouer toujours le même rôle et de toujours jouer le même film... Depuis, le temps, et c'est heureux, a fait son oeuvre. Tous ces "grands penseurs" ont été oubliés alors que Gabin, c'est à jamais qu'on l'aura de gravé, aussi bien dans la tête que dans le coeur.
un très bon film avec 2 icônes du cinéma au top. Une histoire d'amour entre un avocat de 55 ans et une jeune et magnifique occasionnelle qui va devenir sa maîtresse. Un film qui sera réservé au plus de 16 ans à sa sortie qui a très bien vieilli comme un grand cru. A voir
La sortie de cet opus de Claude Autant-Lara connut son parfum de scandale. Brigitte Bardot est encore au début d'une carrière exceptionnelle entourée par un Gabin dont le vieillissement se fait déjà sentir ( 1958).
On sait que la nouvelle vague française n'aima pas le travail de Autant-Lara, même si ce film est considéré par Truffaut comme son meilleur.
" En cas de malheur" adaptation d'un roman de Georges Simenon est ( selon moi) un film formidable et particulièrement la première heure vraiment très réussie.
Histoire d'amour tragique entre un avocat bien installé et une prostituée occasionnelle, sexy, volage, versatile qui lui fait perdre la tête.
Est elle intéressée ou est elle tout de même amoureuse ? C'est ce que la fin révélera.
La réalisation est formidable et le casting atteint des sommets dans l'interprétation. On est ici en face d'un titre de premier ordre du cinéma français et du cinéaste attaqué par les jeunes turcs. Éternelle querelle entre les modernes et les anciens.
Tavernier réhabilitera les scenaristes Aurenche et Bost contre les radicaux de la nouvelle vague et il avait bien raison ( selon moi).
Claude Autant-Lara signe ici un film assez fort et parlant sur l'hypocrisie d'une certaine bourgeoisie, que Gabin, au sommet de sa forme, reflète avec un certain cynisme. Mais en lui-même, "En cas de malheur" possède une véritable intensité mélodramatique, et qui atteint son maximum lors d'un final à la fois émouvant et cruel. Il faut dire que la très bonne interprétation de la sulfureuse Brigitte Bardot y est pour beaucoup! Derrière une très belle mise en scène, à la fois soignée et moderne, la dénonciation de la vacuité humaine que propose ce film est loin d'être innocente, quand bien même elle n'a certainement pas le même impact aujourd'hui qu'à sa sortie.
Un classique du cinéma français très bien servi par une réalisation soignée de Claude Autant-Lara qui n'avait pas hésiter encore une fois à choquer la France de l'époque avec un sujet subversif. Brigitte Bardot est magnifique et Jean Gabin est impérial, tous les deux jouent certainement un de leurs plus grands rôles, et les seconds rôles, en particulier Edwige Feuillère, Madeleine Barbulee et Nicole Berger, sont excellents. Aujourd'hui même si le film n'est plus aussi choquant que l'année de sa sortie, il reste tout même un très beau film qui a admirablement bien vieilli.