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Gérard Delteil
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4,5
Publiée le 2 avril 2014
Ce qui frappe, c'est comme le dit un critique, la modernité de ce film qui n'a pas vieilli d'un pouce. Seul le célèbre chignon-choucroute de Bardot a pris un coup de vieux. Les acteurs, notamment Paul Meurisse et Charles Vanel, en avocats cyniques, sont extraordinaires, mais aussi le jeune Samy Frey. Bardot sort de ses rôle habituels de poupée pour s'élever jusqu'à la tragédie. On notera une certaine ressemblance entre la peinture de la faune du quartier latin et celle réalisée dans Les tricheurs par Carné deux ans plus tôt. On retrouve le même personnage de philosophe de comptoir qui était interprété par Laurent Terzief dans les tricheurs, bien que le comédien soit un peu moins bon. Samy Frey comme Jacques Charrier incarnent en revanche des caractères de jeunes bourgeois assez sages, par leur tenue vestimentaire comme par leurs comportements, qui sont confrontés à des femmes "libérées" mais finissent par se plier aux codes de leur milieu social. La vérité dénonce clairement le puritanisme et donne la parole à une jeunesse contestataire, du moins sur le plan des moeurs, qui préfigure mai 68. A ce titre, ce film est non seulement un chef d'oeuvre mais un véritable document sur les sixties.
Film épatant d'un des plus grands réalisateurs français. Première originalité : le doute sur l'auteur du crime n'est pas permis, seule une question se pose. Dominique a-t-elle tué son ancien amant (Samy Frey, qui signe là une interprétation incroyable, qui laisse sans voix) par passion ou avec prémiditation? La différence en terme de peine est grande, et les deux avocats sont se combattre férocement, plus par esprit de compétition que par désir de comprendre ce geste désespéré (pas sans rappeler L'affaire Petterson, un docu signé De Lestrade).
Bien plus que l'histoire d'un procès, il s'agit d'une stigmatisation du conflit générationnel et social qui couve, comme si, 8 ans avant, Clouzot avait deviné Mai 68 (Michel, l'ami "penseur", hilarant, est l'incarnation de cette jeunesse qui se dégage de tout l'héritage des anciennes générations). La description de la vie de Dominique, racontée un peu à la Sex and the city (ce qui choque l'auditoire du procès, et surement également le public de l'époque), montre l'inadaptation de toute une partie de la jeune génération, et les conflits inévitables qui en découlent. Impossible de se caser dans le monde de leurs parents, ces jeunes n'ont que deux choix possible, en sortir ou le changer. Brillant à tous les niveaux.
L’histoire est racontée sous forme de flash-back, on jongle entre le procès de Dominique et sa vie avant. L’intensité dramatique est présente dans tout le film tout en faisant réfléchir sur les mœurs de la société de l’époque. Paul Meurisse et Charles Vanel en avocat sont superbes et nous plonge dans la vie de Dominique. Grâce à Clouzot, Brigitte Bardot joue un un nouveau rôle, finit les cruches, bonjour l’actrice dramatique. Le film est une très grande réussite, parfois drôle, parfois émouvant, parfois intense mais touchant et captivant tout le long.
Un bon Clouzot mais franchement, j’ai un peu de mal avec Brigitte Bardot qui donne l’impression de rejouer encore et toujours son rôle de jolie fille sensuelle et incomprise.
Je dois avouer que ce vieux drame m'a marqué par sa qualité. Il alterne durant tout le long entre des scènes de procès et des flash-backs où l'on aperçoit la vie de l'accusée. Le scénario est impeccable, très cohérant, poignant même. Le suspens ne se fait pas attendre, et l'intensité dramatique monte en flèche. Seulement voilà, difficile de saisir le message du film: critique de la dureté des tribunaux? De l'insensibilité de certains hommes? De la paresse des étudiants? La scène finale ne convainc pas vraiment. Un film certes culte, mais pas un chef d'oeuvre.
Je suis loin d'être un fan de BB. Son jeu et sa voix ont tendances à vite m'agacé mais je reconnais qu'elle joue assez bien dans ce film, très lent et ayant pris un coup de vieux certain aujourd'hui, surtout dans ses scènes et ses longueurs administratives du tribunal pour reconstituer les faits et discuter avec l'accusée. C'est vite monotone mais le dernier quart d'heure est génial et très réaliste dans son jeu et ses dialogues. C'est la scène à retenir et à voir du film.
Dans ce film de procès Clouzot montre surtout l'état d'esprit des années 60 et de sa jeunesse,qui va bientôt se libérer de chaperon. Le vérité est plus un témoignage de l'époque car pour qui le verra aujourd'hui il ne peut que lui paraitre ultra daté,tant dans ses mœurs que dans les dialogues tombés en désuétudes. Bardot est l'actrice parfaite pour incarner ce changement de mœurs est Clouzot a bien compris ce qu'elle allait représenté comme symbole pour cette jeunesse. L'image est toujours impeccable avec un parfait noir et blanc mais la vérité est trop encré dans une époque pour ne pas sentir la poussière.
Une femme est jugée en procès d'assise pour l'assassinat de son amant. Un film révolutionnaire dans le sens ou il critique des codes sociaux de l'époque et est un véritable manifeste pour la liberté de la femme et des moeurs. Les acteurs sont prodigieux Bardot, Frey, Vanel et Meurisse. Ce qui rend le film historique c'est la qualité du scénario et de la réalisation. un chef d'oeuvre !
La maîtrise de la réalisation de Henri Georges Clouzot n'est plus à démontrer , il nous le prouve une fois de plus ; un procès filmé de façon passionnante avec ces nombreux flash-back et bien sur le casting tout simplement exceptionnel .
J’avais ce film dans ma Watchlist depuis un petit bout de temps, car j’avais ouï dire qu’il s’agissait du meilleur rôle de Brigitte Bardot, dirigée par un HG Clouzot au faîte de sa gloire dans un grand film de procès. Et le film est effectivement un petit bijou. D’abord, la restauration en 4K est superbe, magnifiant le jeu des ombres et des lumières (sur les visages de BB et de Sami Frey, en particulier). Le casting est parfait, avec une mention spéciale à Paul Meurisse, inégalable dans son rôle de l’avocat Eparvier. Les scènes s’enchaînent parfaitement entre le spectacle de la cour et les affres de cœur de Dominique / BB, et l’on reste dans l’attente de la fin des plaidoyers pour savoir le fin mot de ce drame, qui oscille entre crime passionnel et aveuglement amoureux. Avant un final dramatique…a découvrir au bout des 2h de ce grand film noir du début des années 60.
« La Vérité » est un film de procès, un genre rare dans le cinéma français. L’intrigue se construit entre les joutes verbales du tribunal et les flash-backs révélant la réalité des faits. On y suit Dominique, une jeune femme accusée de meurtre, dont le procès interroge : s’agit-il d’un crime passionnel ou d’un assassinat prémédité ? Brigitte Bardot y livre une performance d’une intensité rare, incarnant avec justesse la fragilité et la détermination de son personnage. Face à elle, Paul Meurisse, avocat de la défense, se montre implacable, n’hésitant pas à salir la réputation de Dominique pour servir sa cause. Ses échanges avec Charles Vanel, qui tente de défendre tant bien que mal sa cliente, ajoutent une tension palpable au procès. Les dialogues, ciselés, et les confrontations entre Meurisse et Bardot captivent le spectateur, rendant chaque réplique chargée d’émotion. Au-delà de l’affaire judiciaire, le film explore un conflit de générations : la jeunesse des années 1960, avide d’émancipation, se heurte aux valeurs conservatrices et aux bonnes mœurs imposées par leurs aînés. Ce choc des mentalités donne au récit une profondeur sociale qui dépasse le simple cadre du thriller judiciaire. Porté par des interprétations magistrales et une mise en scène habile, « La Vérité » s’impose comme un grand film, à la fois captivant et profondément humain.
Les américains nous ont pondu “12 hommes en colère” pendant que nous on sortait “La vérité” un autre grand film de procès à travers son aspect documenté sur la manière dont se déroule la justice, justice écrasante dans laquelle tout le monde écrase tout le monde dans le but de servir ses propres intérêts au nom d’une objectivité inexistante. La vérité est partout et nulle part à la fois, on ne sait plus ce qu’on cherche au juste, et le drame final achève de conférer au procès un caractère d’inutilité totale, si ce n’est que les joutes verbales entre le procureur et l’avocat constituent un plaisir coupable. Ce qui maintenant questionne est de savoir comment la justice détient autant de détails sur l’affaire, les agissements des concernés à chaque instant de leurs vies ? Car bien que les flashbacks montrés tout du long semblent nous être dirigés à nous spectateurs, vraisemblablement pour que nous seuls soyons témoins de la vérité, il semble qu’après chaque flashback les jurés débattent sur lui dans les détails comme si ça avait été projeté en grand devant la cour. L’iconique Brigitte Bardot -paix à son âme- incarne un grande adolescente un peu simplette très libertine qui semble avoir grandement influencé son image dans la vie réelle. Le film offre pour moi au moins une scène magnifique, celle des retrouvailles de Dominique et Gilbert sous le -ici sublime- final de “L’oiseau de feu” de Stravinsky.
En pleine ascension de la Nouvelle Vague, Clouzot nous offre une leçon magistrale de ce que pouvait toujours être le “cinéma à l'ancienne”. C'est brillant, exemplaire, et particulièrement émouvant. Les dialogues sont de très haute tenue, particulièrement dans les affrontements entre les avocats, Paul Meurisse et Charles Vanel. Quant à Brigitte Bardot, elle interprète ici ce qui restera comme étant son meilleur rôle. Touchante, fragile et forte à la fois, elle emporte le spectateur avec elle.
Le film de procès est un genre risqué car il peut rapidement devenir trop long. Mais lorsque celui-ci est dirigé par un metteur en scène de la trempe d’Henri-Georges Clouzot nous sommes face à une totale réussite passionnante de bout en bout. Le cinéaste offre comme toujours une réalisation parfaite bénéficiant d’un noir et blanc sublime et d’un scénario sans faille (coécrit par Véra Clouzot) alternant entre les séquences de procès et les flashbacks retraçant le déroulé de l’affaire. Mais si l’ensemble est aussi fort, c’est que le film est porté par un casting impressionnant et sans faille (Sami Frey, Marie-José Nat, Charles Vanel, Paul Meurisse, Louis Seigner, Jacques Perrin, Claude Berri, Fernand Ledoux ou encore une Jackie Sardou créditée sous le nom de Jackie Rollin) mais celle qui domine l’ensemble (et qui prouve qu’elle peut être une excellente actrice quand elle est bien dirigée) est clairement Brigitte Bardot. La Vérité est donc un film de procès incontournable qui permet aussi de décrire l’évolution de la société et le fossé entre les générations en ce début des années 60.