Film vu à l'Institut Lumière de Lyon dans le cadre du programme "Rétrospective FaceB". Version restaurée et ressortie en numérique le 8 novembre 2017. C'est un véritable chef-d'œuvre. Brigitte Bardot a été poussée par le réalisateur au-delà de ses limites. Les dialogues sont magnifiques, les acteurs extraordinaires, le scénario est prenant et parfaitement crédible. On est plongé dans une atmosphère pesante, avec toutefois des pointes d'humour. Je trouve que dans la manière de filmer, hormis le noir&blanc, c'est assez moderne, et donc pas sclérosé du tout ! Vraiment bravo ! On en redemande, du cinéma comme çà !
Comment une simple histoire d ' amour à t' elle pu amener Dominique à être jugée pour le meurtre de Gilbert ? Le film nous présente la jeune femme, en cour d'Assises ; on y retrouve un réel travail d'investigation, dans les questions, les témoignages passés au peigne fin, etc... Mais rien ne sera plus criant de vérité qu'avec les flashbacks : on se voit plonger dans l'histoire telle que Dominique l'a vécue, seul elle et nous détenons l'unique et seule vérité sur cette affaire. Bien sûr, que serait une cour d'assises si les questions n'étaient pas suivie d'hypothèses, vraies ou fausses. Ainsi que de témoins, mais qui croire ? N'importe qui peut prêter serment mais détourner la réalité, ou même mentir tout simplement (ce qui amène de nouvelles hypothèses). Jurer ne suffit pas pour croire. Seul les preuves comptent. Malheureusement pour la pauvre Dominique, tous semble se tourner contre elle. De par les attitudes légères dont elle faisait preuve auparavant, le public, les jurés ont du mal à penser que ce qu'elle puisse dire de son amour pour Gilbert paraisse vrai. Les doutes s'installent pour tout le monde, ainsi que pour nous simple spectateurs L' a-t-elle vraiment aimé ? Il n'y aura que les retours filmés de ses souvenirs qui emporteront nos doutes sur sa sincérité ou sur son imposture. J'ai vraiment bien aimé le film, je ne me suis pas du tout ennuyé, les 2h sont passées toute seule. C'était intéressant, bien filmé, les scènes ont un vrai sens, et ne sont pas juste là pour faire jolies. La psychologie des protagonistes retient aussi l' attention ; nous apprenons à les connaître un peu plus et à les apprécier, ou les détester , grâce aux flashbacks ... Il est notable que nos ressentiments sur certaines personnes vont changer tout au long du film. Une bonne cuvée de Clouzot !
Un bon Clouzot, dont les principales qualités tiennent à celles de son scénario, l'atmosphère dégagée par le film avec la pesanteur du gaullisme moral, et la qualité de la direction d'acteur (Bardot a une réelle dimension dramatique ce qu'on ne retrouve pas, par exemple, dans un film comme Le Mépris). La portée humaniste du film est réelle; en effet, bien que Dominique ne rentre pas dans les cases que la société a créé pour elles, elle ne dispose pas moins d'un certain nombre de ses valeurs universelles. (comme l'amour). En revanche, la structure du film ne me semble pas d'une grande originalité, et c'est quelque peu théâtral.
Henry Georges Clouzot réalise ici la photographie d'une époque, toujours juste. L'histoire de cette femme jouer magistralement par Bardot est accompagnée par des second rôle tous très bons, mention spéciale à Paul Meurisse. Le spectateur est tenu en haleine tout au long du film, emmener, de façon progressive, vers un final qui sonne comme un coup de massue!
Film de procès à flashbacks. L’intérêt principal est la réprobation morale d’une société corsetée face à une jeunesse qui veut s’émanciper. BB sensuelle et dirigée par Clouzot est plus jugée pour ses mœurs que son crime. Un peu déçu par une fin plus prévisible que dans d’autres Clouzot.
Pas le film de Clouzot le plus connu mais tout aussi réussi que les autres. Tout en nous plongeant dasn les années 60 le film n'a pas vraiment vieilli. Les acteurs sont tous excellents, même Bardot une fois n'est coutume. Le film nous tient en haleine même si la fin est un peu décevante. Un bon film tout de même du réalisateur de Quai des orfèvres, du Salaire de la peur, des Diaboliques et du Corbeau.
Un des films les plus estimés d'Henri-Georges Clouzot. Et, pour ma part, celui que j'ai le moins aimé. En effet, même s'il est essentiel de remonter le cours des événements, je trouve que cette "Vérité" se perd dans des longueurs la desservant automatiquement. Certains aspect du couple en question sont évoqués alors qu'ils n'ont que peu d'importance pour le procès. L'autre tendon d'Achille du film, et je n'en démords pas, c'est son duo d'acteurs principaux. Soyons honnêtes les gars, Brigitte Bardot n'a jamais été une remarquable actrice. Sa beauté a toujours compensé un jeu très incertain. Et Sami Frey manque sérieusement de présence. Belmondo aurait largement mieux convenu. Même si Clouzot ne s'était pas montré satisfait des prises avec lui. Mais bon, le film a quand même ses qualités hein. A commencer par une mise en scène extrêmement soignée. Clouzot n'ayant jamais été un manche. A laquelle on ajoute un caractère implacable envers les personnages, quels qu'ils soient. Et, un duo d'avocats impeccablement interprété par Paul Meurisse et Charles Vanel. C'est un bon Clouzot, mais pas un grand. D'autres films du cinéaste remportent bien plus largement mes faveurs.
Film de procès à la française, bien fait mais un peu appliquée, sans l’originalité, l’inspiration personnelle des meilleurs Clouzot, dont on reconnaît pourtant la misanthropie et une forme de démystification, dans le regard sur la comédie de la justice (la scène finale entre Vanel et Meurisse dit tout à cet égard). Le grand intérêt du film est surtout son témoignage sur une époque, la bascule entre les années 50 et 60. Clouzot nous montre une société puritaine, hypocrite et corsetée, sous surveillance constante, des logeuses, des concierges, des magistrats… Le personnage de Bardot et son milieu est l’emblème d’une forme de féminité et d’érotisme, d’une jeunesse sous l’éteignoir mais remuante. On pense évidemment en voyant « La vérité » à l’explosion de 68 qui n’était plus très loin.
Comme d'habitude avec Clouzot, la mise en scène est éblouissante, le choix des acteurs excellent. Paul Meurisse, Charles Vanel, Louis Seigner, Samy Frey, Marie José Nat et Brigitte Bardot, tous au sommet de leur art !! le N&B et le début des années 60 ajoutent ce brin de réalisme et de nostalgie qui incitent à l'abandon total devant un grand film. L'aspect le plus intéressant, vu avec plus de 50 ans d'écart, c'est probablement l'étude de mœurs ; ce qui à l'époque était choquant pour la société -juges, journalistes, concierges, logeuses..-, à savoir la vie d'une jeune femme libre, est devenu totalement banal aujourd'hui. Reste une histoire d'amour qui finit mal, car basée sur la passion, les ambiguïtés et les incompatibilités sociales. Une petite remarque malgré tout : Bardot est le plus souvent sublime dans ce rôle, mais sa choucroute et sa voix parfois trop "bardotique" sont parfois insupportables.
Un très bon film ou BB est une vraie comédienne sur la confusion entre amour et désir. Et très curieusement le mot désir n'est pas prononcé. Il n'y a pas d'amour entre eux juste pour lui un désir charnel et avec BB on le comprend et pour elle le désir de le posséder et de posséder tous les hommes....
Une petite merveille d’écriture, de mise en scène, de montage. Un hommage désabusé et sublime à la beauté libre d’une femme et une charge impeccablement menée contre la froideur de la société conservatrice et de sa justice. Un des meilleurs films français que j’ai vus, un des meilleurs films de procès aussi, sûrement le plus beau rôle de Bardot, peut-être le plus beau film de Clouzot, bref un petit chef-d’oeuvre et tous les superlatifs qui vont avec!
Beau. Vrai. Qui passe sans qu'on s'en rende compte, la belle vérité, la vérité qui fait mal, mais le problème c'est que comme toujours, la vérité n'est jamais écoutée.
En pleine libération sexuelle, la jeune Brigitte Bardot, aussi belle que spontannée, croque la vie comme les hommes. Un tempéramment de feu qui l'amenera à tuer son amant, et à subbir le proccès en public d'où part le film. D'intéressantes reflexions sur l'amour, la fidélité, les moeurs sociales, la séduction, le jugement, la vie.. En noir et blanc, mais à voir.
Décidément Clouzot déçoit rarement. Si le film peut paraitre vieillot à certains, c'est principalement la société compassée des années 50 qui donne le ton de cette peinture sociale, et au milieu la sensuelle Bardot préfigure l'arrivée de la libération des mœurs de la décennie à venir. C'est là son plus beau rôle, dans un registre différent, mais rendu crédible par ses propres tentatives de suicide dans la vie réelle! Elle n'atteint pas toutefois le cynisme et l'aplomb de Marlène Dietrich, placé dans la même position d'accusée dans Témoin à charge de Wilder sorti peu avant en 57. Le montage en flashbacks maitrisés est pertinent, tout en respectant la montée en puissance caractéristique d'une cour d'assises, alimentée par la confrontation des deux sœurs ennemies, les joutes verbales entre les deux avocats et l'ombre du disparu qui plane au-dessus de l'assemblée. Un régal en noir et blanc, en vérité. TV2 mars 20
Belle découverte d'un huis-clos fascinant de Clouzot. Bardot en tenue légère et moue boudeuse, y joue un personnage en fait plus complexe qu'il n'y parait, confrontée au tribunal d'assises. Et tient la rampe de ce rôle tragique d'une jeune femme, libérée; pour mieux se différencier de la vie rangée de sa soeur, mais dépassée par l'amour que lui porte un jeune homme bien sage. Acteurs fétiches de l'époque au sommet de leur réplique( par ex. Meurisse et C. Vanel en avocats talentueux). Si Audiard n'a pas écrit les dialogues, c'est donc son clone avec le fameux "et mon c...., c'est du poulet". TV1 - mars 2010