Un descendant direct du divin Marquis, va révéler des aspects méconnus de la personnalité et de l'histoire de son aïeul. Le parti pris est de ne rien omettre sur l'écrivain sulfureux, philosophe finalement peu connu.
Laure, physiquement et moralement, correspond à l’idéal féminin du moyen âge. Aux yeux d’Alex, Constance est à cette image. Il n’ose pas l’aborder, car, comme Pétrarque, c’est de sa pureté qu’il est amoureux. Mais en vérité, Constance essaie de se libérer de sa "bonne éducation", elle s’inspire de la philosophie de Sade pour s’émanciper.
Jean-Luc Piacentino joue à confronter les genres. Moi, Laure de Sade est une fiction qui raconte la réalisation d’un documentaire. Mais ce documentaire n’est pas fictif : les personnes filmées dans cette enquête, le sont selon le mode du reportage. Imbriqué dans la fiction, ce documentaire va évoluer pour devenir le reflet du film qu’on est en train de voir. Cette mise en abyme ira parfois frôler l’ambiguïté : Dans lequel des deux films est-on maintenant ?
C'est essentiellement grâce aux gravures que nous sont transmis les portraits, plus ou moins imaginaires, de Laure et de Pétrarque. De même, pour illustrer ses ouvrages licencieux qui circulaient sous le manteau, Sade faisait faire de petites gravures polissonnes. C'est pourquoi dans le film, l'au-delà irréel d’où émergent Pétrarque et Sade, sera un monde très sombre, habillé d'images gravées. Ces images s'inspirent autant du style de Gustave Doré que des illustrations croustillantes des ouvrages prohibés de Sade.