De Cannes à Hollywood, il n'y qu'un pas, un très grand pas. Après avoir conquis le printemps dernier la croisette avec son récit ne pouvant que faire unièmement écho à l'actu avec la Russie, on aurait pu, j'aurai pu penser à un nouveau cliché sur les milliardaires qui emploi ces jeunes femmes et leur sorte toutes leur jérémiades sans que cela leur fasse quoique se soit. Puis viens les nominations ultimes et l'intérêt petit à petit pour ce film que je n'ai pas eu le temp d'aller découvrir. Son triomphe symbolique aux Oscars il y à 2 semaines aura évidement inciter les salles à le reprogrammer et confirme une fois encore ce qui pour moi, est la preuve que depuis "La vie d'Adèle" en 2013, Cannes évolue profondément dans ses sélections en choisissant des œuvres visuellement très osées. "Love", "Titane" et maintenant "Anora",
l'érotisme cru et un penchant porno par instants, cumuler à des violences visuelles et verbales accentue cette audace de montrer des récits d'auteurs cru et clash. Ici donc, comme pour "Anatomie d'une chute", on n'est pas dans un récit original mais clairement adapter. Le quotidien de cette jeune strip-teaseuse devenant escorte par moments, rencontrant cet ado russe dont on ignore tout de son passé, sa relation explosive avec ses parents retourner en Russie dont on sait rien non plus. C'est l'unique point très faible du scénario, on sait rien d'eux, ils sont riches ok, mais que font-ils ? Pourquoi refusent-ils ce mariage ? Pourquoi sont-ils comme ils sont ? Le flou total. Un récit d'auteur qui comme très peu d'autres avant lui, aura été divisé en 2 symboliques parties, la première cumulant dynamisme et perfection de jeu, direction totale, bande son démontante et succession de scènes immersive parfaites. La seconde, dès le départ en fanfare catastrophique de Zakharov (Mark Eidelstein), sera retomber dans la plus pure tradition d'indépendance, ou les longueurs (que je trouvais ironiquement absentes) ont faits surfaces mais d'une manières assez subtiles par moments, inutiles par d'autres. Le manque de budget est tellement évident (les cascades, droit de diffusion musicale, exploitation des environnements) qu'il est comblé par un profond développement des charactères. Sauf qu'à un moment donné, on rabâche tellement la même chose qu'il en devient lourd. Le jeu reste pourtant génial et c'est ça qui est lunaire, entre les scènes pas possibles et le jeu prenant de toutes et tous, ces longueurs finissent par être "minimes". Coté cast, Mikey Madison est l'incarnation totale de que vaut un oscars d'actrice, ses tripes vocales et physiques lui font honneur et livre une performance déroutante entre son univers érotique et ses instants banales. Elle fait l'hommage complet de ces femmes travailleuses d'une industrie vielle comme le monde. Mark Eidelstein performe de ce rôle d'ado capricieux, accro du gaming, des soirées XXL, alcool et drogue à gogo et vivant dans un monde que seul les jeune millionnaires ou milliardaires peuvent saisir. Le trio infernal mais tellement percutant Karren Karagulian, Iouri Borissov & Vache Tovmasyan sont la parfaite représentation des russes ou voisins influencés ou soumis à la dictature de Poutine. Une volonté ultra visible de parvenir à leur fin, par n'importe quel moyens quitte à en venir au corps à corps dans des scènes aussi verbalement explosives que visuellement lunaires. Le récit lui n'à donc rien d'original mais permet une magnifique immersion, parfaite rencontre des ces gens n'ayant pas de morale concrètes. Quant aux parents, leur venue reste tout aussi lunaire mas assez peu concrète.
Un récit aussi passionnant que moralement vorace qui offre donc à sa vedette, la consécration ultime à juste 25 ans. Une envie de là suivre évidente après sa prestation parfaite. Le plan final fut le prémice de ce que je sentais venir de loin, à la fois jolie et "forcé" il conclu 2h20 d'une manière si bien mi convaincante que bâclé. Comme toujours, que donnera le prochain Festival.