Le groupe Kneecap est devenu célèbre au « nord de l’Irland » (North of Ireland selon l’expression utilisée par les républicains irlandais). C’est un groupe de rap volontiers provocateur qui exalte l’âme gaélique et défie l’occupant anglais. Ses chansons et ses concerts défraient la chronique musicale et judiciaire. Il forme un trio hétéroclite : un professeur de musique et deux jeunes ex-dealers. Righ Peppiatt aurait pu leur consacrer un documentaire ; mais il a opté pour un film de fiction en confiant aux trois chanteurs leur propre rôle.
Les apprentis acteurs s’en sortent très bien donnant à leurs personnages une euphorisante énergie façon "Trainspotting" et une vraie épaisseur sociale façon Ken Loach. Ils sont servis par une mise en scène punk et parfois foutraque qui emprunte à plusieurs registres : la voix off, le film d’animation, les images d’archives (on voit la marche de 2017 pour la loi sur la langue irlandaise), les inserts ludiques, les personnages en pate à modeler…
Le biopic musical que "Kneecap" raconte est éminemment politique. Il entend évoquer Belfast différemment de l’image de carte postale à laquelle l’Irlande du Nord (Northern Ireland selon le terme officiel britannique) est souvent réduite. Il décrit « les enfants du cessez-le-feu », cette génération qui a grandi après les accords du Vendredi saint de 1998 qui a mis fin à la Guerre civile en Irlande du nord. Le combat est autant culturel que social. Il passe par la promotion de la langue gaélique. Il se mène sur deux fronts que montrent bien deux personnages du film : d’un côté l’occupant britannique symbolisé par une policière sadique qui se révélera être la tante de la petite amie de l’un des chanteurs, de l’autre les Républicains « historiques » incarnés par le père d’un autre chanteur, interprété par Michael Fassbender (qui fut, on s’en souvient, un Bobby Sands de légende dans "Hunger" de Steve McQueen).
Malgré toutes ces qualités, d’où vient mon jugement bien sévère ? De ce que je me suis ennuyé devant ce film. Aussi intéressant que soit le contexte qu’il raconte, aussi sympathique que soit son trio d’acteurs, "Kneecap", sous des airs faussement révolutionnaires, m’a semblé très conventionnel. Dernier bémol hélas tellement prévisible qui explique mon manque d’enthousiasme : le rap n’est pas ma tasse de thé, ni mon verre de bière.
Sans hésitation ce fut le coup de poing de la semaine durant le Festival Premiers Plans d'Angers… A condition d'accepter la violence des rappeurs et l'utilisation intensive des drogues et, pour en apprécier la portée, de connaitre l'histoire de l'Irlande depuis la "Grande Famine", ici mentionnée dans les dialogues. La guerre civile qui a duré jusqu'en 98, avec des attentats et des exécutions sommaires des traitres de part et d'autre, est l'arrière-plan historique qui façonne encore la réalité d'aujourd'hui, que le flot de parole du rap exprime à grands flots poétiques et revanchards. Transformer les mots gaéliques en balles contre l'occupant maudit, tel est le leitmotiv que le père, passé dans la clandestinité, constate qu'il a légué à son fils, malgré lui, malgré leur opposition de génération. Les acteurs sont les membres du vrai groupe Kneecap, le rôle du père est excellement joué par Michael Fassbender L'énergie de cette jeunesse, qui ne connait pas Abbey road, pète à la figure, l'écran se décompose et voyage comme les protagonistes. La partie fictionnelle ajoute du piquant avec le personnage de la méchante flic unioniste et sa fille amoureuse de l'un des rappeurs. La ficelle n'est pas nouvelle, celle de Roméo qui aime Juliette, ou de Tony et Maria, mais on ne s'en lasse pas. Les drones filment le quartier tristement célèbre des Falls, on aperçoit les grandes peintures murales de Belfast, et le désespoir de la veuve non officielle rappelle le combat de ceux qui n'ont pas rendu les armes, plusieurs décennies après, comme certains Japonais après la deuxième mondiale. AP - janvier 2025
Il faut pour apprecier le film aimer le rap itlandais. Et pour le côté inconoclaste déjanté, si vous préférez l’original à la copie autant aller revoir l‘écossais Trainspotting
...ça virevolte, tressaille, s'arc boute, braille et massacre à pieds joints la morale bien pensante du bon père de famille ! Et nos anti héros sniffeurs qui courent plus vite que leur ombre et qui sont interprétés par les musiciens et chanteur du groupe lui même n'en finissent pas de nous surprendre par leur talent et leur sale et belle gueule! Quel plaisir ! A conseiller à tous ceux qui ont envie de prendre des coups ( musicaux et affectifs) et de finir sur les rotules dans un rire gras irlandais !
Vu en Angleterre, avant-premiere. Le film nous tient tout le long. j'ai apprécié la photo, le scénario, la musique, le jeu d'acteurs. Le sérieux de l'histoire Nord-Irlandaise n'est pas trop pesant, au contraire, c'est un filigrane important et intéressant
Pop et terriblement cool, le film de PEPPIATT prend des allures de trip euphorisant sur un groupe de musique, sa naissance, mais surtout, son origine culturel et linguistique, par le biais d'un film militant, prenant, et fun, tout simplement
Je l’ai vu en avant première grâce au festival Cinédison de Lorgues et je m’attendais pas du tout à ça, franchement il était super bien. L’ambiance et même les musique sont vraiment propre à leur univers, ça m’a directement impacté, merci pour ça.
très bon film, j'ai beaucoup rigolé et découvert un super groupe de rap! c'est un film aussi très révolutionnaire vis a vis de la liberté d'expression en Irlande, bravo.
Kneecap est un groupe de rap irlandais qui devient la figure de proue improbable d’un mouvement de défense des droits civiques…
Le film de Rich Peppiatt s’inspire de faits historiques (la colonisation de l’Irlande par l’Angleterre, avec pour conséquence l’interdiction de parler la langue irlandaise) mêlés à une histoire de hip-hop identitaire… en gaélique, il fallait oser !
Kneecap (2024) est une séduisante comédie sociétale qui nous renvoie de plein fouet dans les heures sombres du pays, à l’époque où l’IRA se battait à feu et à sang contre la Couronne Britannique. Le film est éminemment politique mais n’en reste pas moins un satire drôle et corrosive spoiler: (bien que le contexte ne prête pas à sourire lorsque l’on sait qu’il aura fallu attendre 2022 pour que le gaélique soit officiellement reconnu par les britanniques).
L’originalité du film réside dans le fait de constamment jongler entre les faits réels et la pure invention. Et bien évidemment, ce qui retient notre attention, c’est le groupe de rap Kneecap, puisqu’il existe réellement (fondé en 2017, ils ont déjà sorti 2 albums) où l’on retrouve les musiciens eux-mêmes qui jouent leur propre rôle, à savoir Naoise Ó Cairealláin aka "Móglaí Bap", Liam Óg Ó Hannaidh aka "Mo Chara" et JJ Ó Dochartaigh aka "DJ Próvai". C’est là que réside la grande force du film, le trip de Belfast incarne à merveille ces jeunes musiciens (les deux rappeurs et le professeur de musique), les sons et les paroles sont entraînants, le tout, à travers une mise en scène particulièrement soignée (couleurs vives et hallucinations sous psychotropes),
C’est rythmé et impactant, le film nous offre un tout autre regard sur la situation actuelle de l’Irlande, c’est profondément engagé et enivrant, doublé d’un bon doigt d'honneur à la Couronne Britannique.
Juste parfait. Tout était super dans le film, que ce soit l’image, l’histoire et même les musiques qui se retrouvent désormais dans ma playlist Spotify. Je le recommande, et je suis particulièrement heureux de l’avoir vu en avant-première.