Un long métrage qui s'intitule Rotule (Kneecap), du nom d'un groupe de hip hop nord-irlandais, ne saurait être mauvais. Ce n'est pas seulement le biopic de cette formation pionnière qui fait office de scénario mais aussi un manifeste exaltant sur la survie de la langue gaélique irlandaise, le tout dans un emballage a priori foutraque et exubérant, particulièrement mal élevé et jubilatoire. Dans un Belfast et furieux où la haine de l'impérialisme anglais se révèle cinglante, l'humour et l'excès de substances planantes créent un cocktail euphorisant qui ne s'autorise aucune minute de répit. Le mérite en revient aussi à la mise en scène inspirée et inventive de Rich Peppiatt, lequel, ironiquement, est un anglais pur jus. Le film se fiche du politiquement correct et le langage y est tout sauf châtié, dans une boule d'énergie vitale qui s'étend jusqu'aux interprétations hallucinées des principaux protagonistes, dont les membres de Kneecap, mais aussi des seconds rôles féminins, un peu en retrait, mais savoureux. Quant à Michael Fassbender, ses rares apparitions montrent un charisme immédiat qui n'a pas besoin d'être développé pour rendre crédible sa prestation de symbole de la lutte irlandaise pour conserver ses valeurs et son identité, face à l'arrogant voisin d'en face.
...ça virevolte, tressaille, s'arc boute, braille et massacre à pieds joints la morale bien pensante du bon père de famille ! Et nos anti héros sniffeurs qui courent plus vite que leur ombre et qui sont interprétés par les musiciens et chanteur du groupe lui même n'en finissent pas de nous surprendre par leur talent et leur sale et belle gueule! Quel plaisir ! A conseiller à tous ceux qui ont envie de prendre des coups ( musicaux et affectifs) et de finir sur les rotules dans un rire gras irlandais !
Outre le fait qu'aimer le rap facilite forcément les choses, on constate vite que les membres du groupe ne sont pas des révolutionnaires ou des rebelles pour la cause, en tous cas au début, mais seulement deux ados voyous dealers genre parasites de n'importe quelle société. D'ailleurs, l'omniprésence, l'importance et la complaisance de la drogue dans l'histoire occulte de façon déplorable la partie justement culturelle et pro-gaélique. Dommage... Pourtant le duo fonctionne merveilleusement bien, les rappeurs jouant leur propre rôle rappelons-le exception faite du troisième membre qui a dû vouloir garder son anonymat. Dans certains aspects on pense un peu à "Trainspotting" (1996) toute proportion gardée ! On apprécie surtout la mise en scène, fluide et créative avec différents angles ou cadrages qui permet de donner de l'ampleur et du rythme. Un film qui aurait pu devenir un grand film culte si la dimension culturelle avait réellement pris le dessus sur le simple usage primaire des drogues. Ca reste un bon moment. Site : Selenie
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3,0
Publiée le 13 septembre 2024
Rich Peppiatt compare la langue irlandaise à un dodo dont il veut éviter le même sort à savoir sa disparition... Il met en scène la lutte d'une certaine partie de la population pour leur culture, pour que leur langue soit aussi respectée que l'anglais dans leur pays. Une revendication évidemment politique en raison de l'histoire, mais le réalisateur fait de "Kneecap" une comédie décalée sur ce véritable groupe de rap de Belfast. Un docudrame basé sur les événements importants de leur vie et de leur carrière de leur rencontre avec DJ Próvai à leur reconnaissance en passant par une prise de conscience et des péripéties absurdes. "Kneecap" est chaotique, dynamique et amusant, mais également très inégal. Si je pense aux différents aspects de l'histoire à savoir le processus de création musicale, le combat pour que la langue soit reconnue, le contexte politique, la relation avec le père en cavale, le rôle de la flic et autres, je trouve que rien n'est exploité correctement. D'un côté, c'est aussi ce qui rend l'histoire aussi vivante. Au final, un film semi-autobiographique sympathique même si je m'attendais à mieux.
Kneecap est un groupe de rap irlandais qui devient la figure de proue improbable d’un mouvement de défense des droits civiques…
Le film de Rich Peppiatt s’inspire de faits historiques (la colonisation de l’Irlande par l’Angleterre, avec pour conséquence l’interdiction de parler la langue irlandaise) mêlés à une histoire de hip-hop identitaire… en gaélique, il fallait oser !
Kneecap (2024) est une séduisante comédie sociétale qui nous renvoie de plein fouet dans les heures sombres du pays, à l’époque où l’IRA se battait à feu et à sang contre la Couronne Britannique. Le film est éminemment politique mais n’en reste pas moins un satire drôle et corrosive spoiler: (bien que le contexte ne prête pas à sourire lorsque l’on sait qu’il aura fallu attendre 2022 pour que le gaélique soit officiellement reconnu par les britanniques).
L’originalité du film réside dans le fait de constamment jongler entre les faits réels et la pure invention. Et bien évidemment, ce qui retient notre attention, c’est le groupe de rap Kneecap, puisqu’il existe réellement (fondé en 2017, ils ont déjà sorti 2 albums) où l’on retrouve les musiciens eux-mêmes qui jouent leur propre rôle, à savoir Naoise Ó Cairealláin aka "Móglaí Bap", Liam Óg Ó Hannaidh aka "Mo Chara" et JJ Ó Dochartaigh aka "DJ Próvai". C’est là que réside la grande force du film, le trip de Belfast incarne à merveille ces jeunes musiciens (les deux rappeurs et le professeur de musique), les sons et les paroles sont entraînants, le tout, à travers une mise en scène particulièrement soignée (couleurs vives et hallucinations sous psychotropes),
C’est rythmé et impactant, le film nous offre un tout autre regard sur la situation actuelle de l’Irlande, c’est profondément engagé et enivrant, doublé d’un bon doigt d'honneur à la Couronne Britannique.
Mémorable. Oui, on en a marre des biopic je SAIS ! Mais écoutez moi mesdames et messieurs, c'est un pur banger ce film. Et oui, parfois, 'babygirl' c'est un type en survet' en Irlande du nord qui refuse de parler anglais et qui prends de la drogue ! Oui ! Bon, j'ajoute Kneecap à la liste des choses que j'aime à propos de l'Irlande* avec : la rousseur, Paul Mescal, les farfadets, Saoirse Ronan, les petits moutons trop mignons sur les tot bags là.... etc etc. On dit qu'en sortant d'une bonne séance de ciné on se prend pour un perso du film, du coup j'ai pété des voitures sur ma route (il s'agit d'une blague les modo svp). Tout ça pour dire foutez moi là bas svp je sors de l'aesthetic frazzled englisg women c bon maintenant je suis lacoste tn gaëlic *Ulster
Pop et terriblement cool, le film de PEPPIATT prend des allures de trip euphorisant sur un groupe de musique, sa naissance, mais surtout, son origine culturel et linguistique, par le biais d'un film militant, prenant, et fun, tout simplement
"Kneecap" assez bien noté par la critique, qui a obtenu de nombreuses récompenses et citations, est une comédie dramatique musicale plaisante. Le réalisateur irlandais Rich Peppiatt propose aux spectateurs un biopic romancé sur la montée en puissance du groupe de hip-hop irlandais Kneecap, originaire de Belfast. Le film est agrémenté de performances musicales entraînantes, d'une ambiance funky et de touches humoristiques, tout en abordant des thèmes politiques, religieux et culturels importants liés à l'Irlande. On y retrouve également les véritables membres du groupe, Liam Ó Hannaidh, Naoise Ó Cairealláin et JJ "DJ Próvaí" Ó Dochartaigh, ainsi que la participation de Michael Fassbender.
Vu au festival du Film Politique de Carcassonne. Biopic d'un trio de rappeurs irlandais, le film nous emmène sans transiger dans ce que Belfast a de plus viscéral. A la manière d'un Trainspotting, la réalisation mèle montage énergique voire stromboscopique bande son boostée aux basses démentielles et aux paroles coups de poing et drogues hallucinogènes. L' humour est décalé dans l'écriture, les situations, le jeu des acteurs, et frappe assez juste. On navigue sans cesse entre une certaine sidération admirative pour le combat de ces jeunes gens qui portent haut les couleurs de leur langue paternelle. Combat pour un dialecte, mais pas seulement. Combat pour rendre fier la figure paternelle (Michael Fassbender, impressionnant de charisme), combat pour se faire entendre. Dans son pays, dans sa famille, dans l'amitié, dans l'amour, dans le sexe. L'envie de hurler, le besoin aussi, explose à l'écran grâce à un trio d'acteurs qui jouent leur propre rôle avec grâce et puissance. A ne pas rater !
Vu en avant première aux 3 Luxembourg le 18 mars 2025
Un biopic sur un groupe fou de hip hop irlandais Kneecap. Le peuple irlandais est un peuble de bon vivant, ce film en est une représentation parfaite. Pas trop accroché au film et à l’humour du film, je suis passé à côté.
Cependant, super sujet, qui je trouve est assez rare au cinéma qui est celle de la protection des langues régionales à l’image de l’irlandais.
Le groupe Kneecap est devenu célèbre au « nord de l’Irland » (North of Ireland selon l’expression utilisée par les républicains irlandais). C’est un groupe de rap volontiers provocateur qui exalte l’âme gaélique et défie l’occupant anglais. Ses chansons et ses concerts défraient la chronique musicale et judiciaire. Il forme un trio hétéroclite : un professeur de musique et deux jeunes ex-dealers. Righ Peppiatt aurait pu leur consacrer un documentaire ; mais il a opté pour un film de fiction en confiant aux trois chanteurs leur propre rôle.
Les apprentis acteurs s’en sortent très bien donnant à leurs personnages une euphorisante énergie façon "Trainspotting" et une vraie épaisseur sociale façon Ken Loach. Ils sont servis par une mise en scène punk et parfois foutraque qui emprunte à plusieurs registres : la voix off, le film d’animation, les images d’archives (on voit la marche de 2017 pour la loi sur la langue irlandaise), les inserts ludiques, les personnages en pate à modeler…
Le biopic musical que "Kneecap" raconte est éminemment politique. Il entend évoquer Belfast différemment de l’image de carte postale à laquelle l’Irlande du Nord (Northern Ireland selon le terme officiel britannique) est souvent réduite. Il décrit « les enfants du cessez-le-feu », cette génération qui a grandi après les accords du Vendredi saint de 1998 qui a mis fin à la Guerre civile en Irlande du nord. Le combat est autant culturel que social. Il passe par la promotion de la langue gaélique. Il se mène sur deux fronts que montrent bien deux personnages du film : d’un côté l’occupant britannique symbolisé par une policière sadique qui se révélera être la tante de la petite amie de l’un des chanteurs, de l’autre les Républicains « historiques » incarnés par le père d’un autre chanteur, interprété par Michael Fassbender (qui fut, on s’en souvient, un Bobby Sands de légende dans "Hunger" de Steve McQueen).
Malgré toutes ces qualités, d’où vient mon jugement bien sévère ? De ce que je me suis ennuyé devant ce film. Aussi intéressant que soit le contexte qu’il raconte, aussi sympathique que soit son trio d’acteurs, "Kneecap", sous des airs faussement révolutionnaires, m’a semblé très conventionnel. Dernier bémol hélas tellement prévisible qui explique mon manque d’enthousiasme : le rap n’est pas ma tasse de thé, ni mon verre de bière.
Il faut pour apprecier le film aimer le rap itlandais. Et pour le côté inconoclaste déjanté, si vous préférez l’original à la copie autant aller revoir l‘écossais Trainspotting