"Chaque mot prononcé en irlandais est une balle tirée pour la liberté de l'Irlande."
Quelque part entre le vrai-faux biopic déluré et l’œuvre contestataire, ce premier film montre la création et l'ascension de ce trio musical originaire de Belfast, et devenu le porte-étendard d'une société irlandaise résistant à l'envahisseur anglais, et en particulier dans la conservation de sa langue maternelle (le gaélique), effacée progressivement par les mesures répressives du gouvernement britannique.
Œuvre énervée et colorée, dont la mise en scène assez déjantée rappelle les premiers films de Danny Boyle ou encore de Guy Ritchie, ce «Kneecap» (référence aux punitions administrées par la Republican Action Against Drugs, qui logeaient une balle dans le genou des trafiquants) revient aux fondements même du rap comme outil de protestation, un peu comme l'avait fait ces dernières années les films «. - Straight Outta Compton» aux USA et «Suprêmes» en France. Une manière pour le trio, par le biais de la musique, de reconnecter les Irlandais, et en particulier la jeunesse, à sa langue et à son histoire, et de porter fièrement ses trois couleurs. Et de faire un gros doigt d'honneur aux "brits".
Et parallèlement à ça, l'histoire d'un fils qui va démontrer à son père absent (le trop rare Michael Fassbender) que ce n'est pas en se cachant qu'on peut renverser l'ordre établi, mais en y faisant face.
Bref, une mise en abyme anarchique et irrévérencieuse sur l'identité et la résistance qui s'assume totalement pour ce qu'elle est.
Un film auquel j'aurai voulu encore plus adhérer (la faute peut-être à un récit qui part parfois un peu trop dans tous les sens, et un côté "drugs, drugs, drugs" qui devient un peu redondant au sein de la narration), mais un film musical atypique, énergique et sans filtre qui reste clairement à découvrir.
En sortant en France la même semaine que 28 Ans Plus Tard, Kneecap met une belle claque au nouveau film de Danny Boyle en lui empruntant son style. Se démarquant de tous les habituels biopics musicaux, il faut espérer qu’il devienne une nouvelle référence du genre pour ne plus jamais voir de film tels que Better Man. Un excellent film qui donne envie de mieux connaitre le groupe Kneecap mais aussi de les revoir en tant qu’acteurs. [Lire la critique complète sur le site freakingeek]
Sans hésitation ce fut le coup de poing de la semaine durant le Festival Premiers Plans d'Angers… A condition d'accepter la violence des rappeurs et l'utilisation intensive des drogues et, pour en apprécier la portée, de connaitre l'histoire de l'Irlande depuis la "Grande Famine", ici mentionnée dans les dialogues. La guerre civile qui a duré jusqu'en 98, avec des attentats et des exécutions sommaires des traitres de part et d'autre, est l'arrière-plan historique qui façonne encore la réalité d'aujourd'hui, que le flot de parole du rap exprime à grands flots poétiques et revanchards. Transformer les mots gaéliques en balles contre l'occupant maudit, tel est le leitmotiv que le père, passé dans la clandestinité, constate qu'il a légué à son fils, malgré lui, malgré leur opposition de génération. Les acteurs sont les membres du vrai groupe Kneecap, le rôle du père est excellement joué par Michael Fassbender L'énergie de cette jeunesse, qui ne connait pas Abbey road, pète à la figure, l'écran se décompose et voyage comme les protagonistes. La partie fictionnelle ajoute du piquant avec le personnage de la méchante flic unioniste et sa fille amoureuse de l'un des rappeurs. La ficelle n'est pas nouvelle, celle de Roméo qui aime Juliette, ou de Tony et Maria, mais on ne s'en lasse pas. Les drones filment le quartier tristement célèbre des Falls, on aperçoit les grandes peintures murales de Belfast, et le désespoir de la veuve non officielle rappelle le combat de ceux qui n'ont pas rendu les armes, plusieurs décennies après, comme certains Japonais après la deuxième mondiale. AP - janvier 2025
Hilarant, engagé, Kneecap est une petite frappe qui dépoussière les oreilles et qui fait réfléchir sur la récupération de la musique à des fins politique. L'amitié, l'engagement et la fratrie étant au cœur du film..
Film très inventif par sa mise en scène lumineuse et survoltée. L'histoire part un peu dans tous les sens au début puis se laisse suivre avec plaisir. Pas très aisé de suivre des dialogues mi anglais, mi irlandais avec un sous-titrage français par contre.
Ce film qui mêle rap, drogue, sexe, amitié et politique est mené sur un rythme vif, psychédélique, coloré, on rit beaucoup alors que le sujet est plutôt grave. Les acteurs jouent leur propre rôle ce qui est d’autant plus remarquable. On n’a qu’une envie en sortant : écouter et chanter e hop hop gaélique et on se réjouit que cette langue soit enfin reconnue ! A voir
Très présent sur la scène médiatique ces derniers temps, on revient ici aux débuts du groupe Kneecap (Genoux brisés) et au combat qu'ils vont mener pour la reconnaissance de la langue gaélique. C'est très vivant avec des animations psychédéliques lors de trips mémorables. Avec un langage cru dans leurs textes, le trio de Belfast allie humour et provocation même si l'apologie des substances illicites peut choquer. Sinon, c'est l'occasion de découvrir de sacrés lascards malgré des revendications parfois douteuses. Un mélange d'un Ken Loach et d'un "Trainspotting".
Triste nouvelle : le cinéma a perdu Danny Boyle, désormais réduit à réaliser à grand peine des nunucheries zombies comme "28 ans après". Bonne nouvelle : on lui a trouvé un successeur en la personne de Rich Peppiatt. "Kneecap" est en effet une sorte d'ovni cinématographique de la trempe de "Trainspotting". C'est une façon différente de regarder le conflit en Ulster et, surtout, une façon très originale de le mettre en scène et de le filmer. C'est drôle, surprenant, déroutant (avec l'incroyable découverte de ce groupe de rap irlandais) et finalement assez fin, en mettant en avant le poids de la langue dans la construction des identités. Un film de rap... totalement punk !
Vu en Angleterre. La bande-annonce (trompeuse) condense les moments les plus drôles du film, dont les gags sont souvent téléphonés et les traits de caractère des personnages, beaucoup trop forcés. Reste une chouette photographie et un scénario basé sur une histoire vraie improbable et valant la peine d’être comptée. Plus que le film, on retiendra surtout le groupe Kneecap et leurs morceaux complètement déchaînés !
Quel film ! J'ai suivi les conseils des copinous cinéphiles et j'ai bien fait !
Je ne connaissias pas du tout ce groupe de hip hop irlandais totalement déjanté et fier de ses racines et de sa langue natale !
J'ai un profond attachement à l'Irlande : j'ai voyagé dans ce pays deux fois en deux ans et j'ai passé là-bas les meilleurs moments de la vie ! C'est un endroit baigné de musique, les paysages sont incroyables et les gens sont d'une gentillesse incroyable !
Ce qui est fou dans ce film c'est que les membres du groupe jouent leur propre rôle ! Alors je vois rassure, ils ont fictiviser certains passages pour notre plus grand plaisir !
Il m'a fait penser à Trainspotting : des personnages atypiques, paumés, shootés mais profondément attachants.
J'ai beaucoup aimé cette façon particulière de tourner qui est efficace et non-conventionnelle : Chaque plan est surprenant et inventif !
Un film qui prône la ferveur des langues régionales et l'importance de la conservation des traditions ! Une lutte d'indépendance par la musique qui est intéressante et marquante !
Petit bonus : la présence de Michael Fassbender pour mon plus grand plaisir !
Vous ne pouvez pas passer à côté de ce film : il est à voir absolument !
Après avoir surmonté la barrière difficile de la langue irlandaise, on finit par entrer dans ce film qui nous dévoile l’Irlande sous un tout autre angle. Et cela en vaut vraiment la peine.
C'est drôle, énergique, original, créatif, culotté et en + on apprend des choses sur l'histoire de l'Irlande du Nord, son combat linguistique. Un très bon moment même si on n'est pas fan de rap et hip hop
Je hais le rap que l on entends en France, mais j aime les films irlandais, les films déjantés, les films qui ont de l humour, un peu militants ET j ai adoré la musique de ce film, du rap en gaélique ! Ambiance "Belgica" de 2016
Film à mettre entre toutes les mains : au lycée et dans les écoles un peu partout dans le monde. Dans les prisons. Aux pères, mères et famille de gamin•es turbulant•es (pour comprendre leur enfant atteint de "troubles). Aux médecins et soignant•es du monde entier. La musique, le cinéma, les livres vont sauver le monde. Et bon dieu qu'il est temps de remettre un peu de beauté dans ce monde. Vive Belfast, long live Kneecap 李懶