Le chemin sera long
Décidément, c’est la grosse tendance des comédies à la française, s’attaquer aux sujets graves, aux phénomènes de sociétés, aux drames de la vie quotidienne. Cette fois-ci, ce sont Hippolyte Dard et Elsa Bennett qui, sous couvert de comédie, nous parlent de l’alcoolisme au féminin. A la suite d’un accident de voiture, Suzanne perd la garde de ses trois enfants. Elle n’a plus le choix et doit se soigner dans un centre pour alcooliques. A peine arrivée, elle y rencontre Alice et Diane, deux femmes au caractère bien trempé… Denis, éducateur sportif, va tenter de les réunir autour du même objectif : participer au rallye des Dunes dans le désert marocain. Il devra s’armer de beaucoup de patience et de pédagogie pour préparer cet improbable équipage à atteindre son objectif. Ces 104 minutes sont une véritable bonne surprise.
C’est un 1er film pour le duo Hippolyte Dard et Elsa Bennett, habitués des séries télé à succès – Meurtres à…, L’Art du crime, Astrid et Raphaëlle -. Ayant été touchés tous les deux dans leur entourage proche par cette addiction, ils ont décidé d’en faire le sujet principal de leur film, d’autant que, contrairement à l’alcoolisme chez les hommes, celui des femmes a été rarement abordé au cinéma. D’autre part, le témoignage personnel de Laurence Cottet, - qu’on retrouve au casting -, a beaucoup aidé à l’écriture du scénario. Ce film qui sait à la fois être drôle et bouleversant nous décrit une « ouverture », car il n’est pas question de happy end, mais simplement de « jours meilleurs ». Rappelons à toute fin utile que l’alcool est une drogue en vente libre. Ce drame se veut donc militant et réaliste.
Valérie Bonneton, Michèle Laroque, Sabrina Ouazani, 3 actrices souvent cloisonnées dans le registre comique, sont ici formidablement utilisées à contre-emploi. C’est une parfaite réussite. Clovis Cornillac, - allo, y a-t-il encore un film français sans Cornillac à l’affiche ? -, Laurence Cottet, Sophie Leboutte et pléthores de seconds rôles féminins souvent tenus par des anciennes alcooliques. Les séquences face-caméra sont improvisées et à la frontière du documentaire lorsqu’elles racontent leur histoire. Ce film nous propose une lueur d’espoir au bout du tunnel. Mieux qu’intéressant… édifiant.