Belladone est inspiré d'une expérience personnelle d'Alanté Kavaïté. La réalisatrice confie : "L’idée de ce film est née d’un sentiment de grande impuissance face à des amis âgés et à leurs corps fragiles". Une amie médecin lui a ainsi révélé qu’elle "se trompait" en cherchant à la protéger au lieu de respecter ses désirs simples, comme par exemple boire un verre de vin.
Le film intègre des références à Aurélia de Gérard de Nerval, un texte explorant les frontières entre rêve et réalité. "J’aime cette tension entre la réalité et l’irréalité", explique Kavaïté, soulignant son désir de flirter avec le fantastique.
L’île où se déroule l’histoire de Belladone a été conçue comme une scène théâtrale dépouillée. Le chef décorateur Sebastian Vogler s’est inspiré de la peinture lumineuse de Nicolas de Staël. "Je voulais créer un monde en soi, hors des cadres religieux ou sociologiques", précise la réalisatrice.
Le casting de Belladone a été choisi en partie pour son aisance dans l’improvisation. "J’ai réservé environ 10 % des dialogues à l’improvisation", confie Kavaïté, pour insuffler de l’énergie et éviter une interprétation figée.
Le titre, Belladone, reflète la dualité du film. "C’est à la fois un poison et un remède", explique Kavaïté. Cette ambiguïté est au cœur du récit, qui oscille entre gravité et légèreté.
Le coupe-vent métallisé de Gaëlle a une signification particulière. "Il évoque un scarabée ou un papillon, entre le conte féerique et le modernisme", explique la costumière Isabelle Pannetier.