Avec Send Help, Sam Raimi signe un retour magistral au cinéma de genre qui l’a rendu culte : une mise en scène nerveuse, un humour corrosif et cette capacité unique à mélanger le grotesque et la tension avec une jubilation communicative. Ce qui aurait pu n’être qu’un simple survival sur une île déserte devient rapidement un duel psychologique féroce, imprévisible et délicieusement excessif.
Le film joue avec un postulat classique — deux survivants que tout oppose après un crash — pour mieux le dynamiter. La dynamique entre les personnages évolue sans cesse, renversant les rapports de force avec une ironie grinçante et un sens du spectacle assumé. L’humour surgit souvent au pire moment, les scènes gores sont aussi choquantes que jubilatoires, et les jumpscares sont parfaitement dosés. Oui, c’est parfois tiré par les cheveux, mais c’est précisément ce qui rend l’expérience aussi grisante. Raimi assume l’excès et le transforme en pur divertissement.
La véritable révélation du film reste toutefois Rachel McAdams. Elle livre une performance impressionnante, passant d’une employée effacée à une survivante imprévisible avec une aisance bluffante. Son évolution est surprenante, parfois dérangeante, toujours captivante. Elle est tour à tour drôle, touchante, inquiétante et terriblement intense. Face à elle, Dylan O’Brien compose un contrepoint efficace, et leur relation devient le cœur vibrant du récit : tension, manipulation, complicité ambiguë…
Le rythme ne faiblit jamais. On rit, on grimace, on sursaute, on est happé. Il y a de l’action, de la romance, du rire et une bonne dose de folie. Le climax est totalement dément, et le final, grinçant et immoral, conclut l’ensemble avec cohérence.
Send Help est un film généreux, furieux, excessif et profondément divertissant. Un pur rollercoaster cinématographique qui rappelle pourquoi on aime tant le cinéma de genre. Un 4,5 étoiles sans hésiter.