Send Help s’inscrit dans une veine ultra-balisée : deux naufragés que tout oppose, contraints à la cohabitation, à la survie, puis — mécaniquement — à la transformation mutuelle. Vu, revu, re-revu. Le film déroule sans surprise ce dispositif dramatique comme on suit une carte déjà pliée cent fois : chaque virage est anticipable, chaque tension programmée.
Impossible de ne pas penser à Sans filtre de Ruben Östlund, tant Send Help semble en reprendre la surface (le naufrage, le huis clos, la redistribution des rapports de force). Mais là où Östlund faisait du chaos un outil critique, un révélateur cruel des structures sociales, Send Help se contente d’un divertissement sage, aimable, mais inoffensif. Rien ne déborde vraiment. Rien ne dérange.
La mise en scène reste fonctionnelle, les personnages sont définis par des archétypes clairs, trop clairs, et leurs trajectoires psychologiques s’écrivent à l’avance. Le film avance, mais tourne aussi en rond : il répète ses enjeux sans les creuser, multiplie les variations sans jamais produire de véritable déplacement.
On regarde sans déplaisir, mais sans vertige non plus. Send Help est un film regardable, bien tenu, mais profondément attendu. Un cinéma de confort, là où le genre, pourtant, appelait au danger.