Quel bonheur de voir un film qui a du sang dans les veines. Avec Send Help, Sam Raimi revient en terrain connu… mais surtout en grande forme. Et ça se sent dès les premières minutes.
Le pitch est simple, presque banal. Mais entre les mains de Raimi, cette histoire devient un véritable terrain de jeu, un huis clos tendu, nerveux, où deux personnages suffisent à faire naître une intensité constante. Pendant près de deux heures, le film ne relâche jamais la pression et pourtant, le temps file à une vitesse folle.
Ce qui frappe immédiatement, c’est ce mélange totalement assumé des genres. Horreur, thriller, gore, humour noir, voire même cartoon par moments; Send Help navigue entre les tons avec une aisance déconcertante. On y retrouve clairement la folie visuelle de The Evil Dead et Evil Dead II, combinée à une tension plus sourde, presque malsaine, qui évoque The Grudge.
Mais au-delà du style, c’est l’énergie qui impressionne. Raimi filme avec une liberté rare aujourd’hui, caméra en mouvement constant, effets parfois outranciers, ruptures de ton… et pourtant, tout tient. Le film est imparfait, oui, parfois excessif, mais justement, il vit, il respire, il ose.
Le duo d’acteurs porte brillamment l’ensemble, avec des dialogues qui claquent et une tension qui ne retombe jamais. Dans un décor quasi unique, ils réussissent à maintenir un engagement total du spectateur preuve qu’un bon scénario et une mise en scène inspirée suffisent encore à faire du grand cinéma.
Send Help, c’est peut-être du Raimi pur jus, sans filtre ni compromis. Un film qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui a le mérite rare aujourd’hui d’avoir une vraie personnalité.
Imparfait, excessif, parfois borderline… mais terriblement vivant. Et rien que pour ça, ça fait un bien fou.