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3,0
Publiée le 27 mars 2026
Avec Send Help, Sam Raimi revient à l’os de son cinéma : deux corps, un espace clos, une hiérarchie à dynamiter. Ce survival insulaire oppose Linda, employée ultra compétente mais invisibilisée, à Bradley, supérieur charismatique, arrogant, sûr de lui. Puis survient le crash, et avec lui la possibilité d’un basculement. Le film met alors en scène un renversement des pouvoirs, mais choisit de le traiter par la farce.
Visuellement, l’artificialité assumée des effets spéciaux ne relève pas de la négligence mais du pacte esthétique. Chez Raimi, l’exagération est une signature. Le pulp revendiqué prime sur la crédibilité. Le décor naturel n’est jamais traité comme un espace à documenter, mais comme une surface à styliser, à découper, à dynamiser par des mouvements de caméra nerveux et des zooms abrupts qui cartoone la domination. Le renversement social prend alors la forme d’un slapstick cruel.
En écho, la chair est malmenée avec enthousiasme. Vomissements, blessures, chutes, le corps devient matière plastique, terrain de jeu grotesque. Cette corporalité excessive désamorce le sérieux attendu du survival classique. Pourtant, malgré ces partis pris, le film semble parfois retenir son propre délire, comme s’il n’osait pas s’abandonner totalement à cette logique burlesque.
Le duel d’acteurs vient alors complexifier l’ensemble. Rachel McAdams compose une autorité qui cesse progressivement de s’excuser d’exister. Face à elle, Bradley laisse affleurer des attitudes enfantines. Le film dessine ainsi le produit banal d’un système. Cette fissure empêche toute jouissance simple de la vengeance et laisse affleurer quelque chose de plus trouble : un pouvoir qui ne s’effondre jamais sans révéler ce qui l’a rendu possible.
La patte de Sam Raimi se voit dans chaque scène quasiment. Et l'histoire et le duo principal est plutôt "rigolo" avec des twists plutôt bienvenus et quelques moments gores d'un autre temps. Ça passe le temps et ça rappelle avec un peu de nostalgie les anciens films sans prise de tête de l'époque.
Quel bonheur de voir un film qui a du sang dans les veines. Avec Send Help, Sam Raimi revient en terrain connu… mais surtout en grande forme. Et ça se sent dès les premières minutes.
Le pitch est simple, presque banal. Mais entre les mains de Raimi, cette histoire devient un véritable terrain de jeu, un huis clos tendu, nerveux, où deux personnages suffisent à faire naître une intensité constante. Pendant près de deux heures, le film ne relâche jamais la pression et pourtant, le temps file à une vitesse folle.
Ce qui frappe immédiatement, c’est ce mélange totalement assumé des genres. Horreur, thriller, gore, humour noir, voire même cartoon par moments; Send Help navigue entre les tons avec une aisance déconcertante. On y retrouve clairement la folie visuelle de The Evil Dead et Evil Dead II, combinée à une tension plus sourde, presque malsaine, qui évoque The Grudge.
Mais au-delà du style, c’est l’énergie qui impressionne. Raimi filme avec une liberté rare aujourd’hui, caméra en mouvement constant, effets parfois outranciers, ruptures de ton… et pourtant, tout tient. Le film est imparfait, oui, parfois excessif, mais justement, il vit, il respire, il ose.
Le duo d’acteurs porte brillamment l’ensemble, avec des dialogues qui claquent et une tension qui ne retombe jamais. Dans un décor quasi unique, ils réussissent à maintenir un engagement total du spectateur preuve qu’un bon scénario et une mise en scène inspirée suffisent encore à faire du grand cinéma.
Send Help, c’est peut-être du Raimi pur jus, sans filtre ni compromis. Un film qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui a le mérite rare aujourd’hui d’avoir une vraie personnalité.
Imparfait, excessif, parfois borderline… mais terriblement vivant. Et rien que pour ça, ça fait un bien fou.
Avec "Send Help", on a plus l'impression d'être face à une œuvre signée M. Night Shyamalan que de Sam Raimi à qui l'ont doit les "Evil Dead" et "Spider-Man" des années 2000. L’histoire suit deux survivants d'une même entreprise après un crash d'avion. Alors qu'elle était régulièrement humiliée au travail, les rapports de force vont s'inverser sur l'île grâce aux compétences de cette fan de l'émission "Survivor'. Rachel McAdams livre une performance remarquable. Elle joue avec les stéréotypes de son personnage pour mieux les détourner au fil du récit. Elle apporte une énergie et une ambiguïté qui dynamisent l’ensemble du film. Si l’intrigue reste relativement convenue dans sa structure, elle trouve son intérêt dans ces renversements de dynamique entre les deux personnages.
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3,5
Publiée le 26 mars 2026
« Ne prends pas ma gentillesse pour de la faiblesse. » À la suite d'un accident d'avion, Linda se retrouve sur une île déserte avec Bradley, son goujat et arrogant de patron. Une situation qui brise l'ordre hiérarchique de leur relation et révèle encore plus les qualités de la jeune femme. Clairement, ce n'est pas une catastrophe pour tout le monde, car Linda est totalement dans son élément. Rachel McAdams se fait plaisir dans ce rôle et son entrain est communicatif. "Send Help" est vraiment amusant avec Sam Raimi qui s'amuse de l'enthousiasme de Linda et des malheurs de cet homme loin de son confort, mais pas seulement... Pour son retour derrière la caméra à la tête d'un long-métrage qui n'est pas un film de franchise, il propose quelque chose d'assez complet. Il y a différentes phases qui explorent différents genres spoiler: comme la survie, la romance, la satire, le thriller, et même l'horreur. Entre ça et les changements de dynamique entre les personnages, ce n'est jamais la même chose. J'ai un peu douté de lui quand spoiler: il y a ce rapprochement , mais le réalisateur de "Evil Dead" ne pouvait pas nous faire ça... Entre le thriller psychologique et la comédie noire, "Send Help" est finalement un bon divertissement.
Un bon Sam Raimi. Avec de l'humour et du gore. Au début du film dans le bureau du jeune patron on voie un tableau de son père décédé c'est Bruce Campbell "Ash" des Evil Dead dans le tableau :)
Sam Raimi nous offre un bon survival, avec la bonne dose d'horreur, de folie et d'hémoglobine. Le scénario n'a beau pas tenir toutes ses promesses (j'espérais encore davantage dans l'évolution du conflit, la fin est un rapide) la virtuosité de Sam Raimi et l'énergie de Rachel MacAdam nous le fait pardonner.
Après s'être perdu chez Disney, Sam Raimi revient en force avec un nouveau film original, en plus plébiscité par la critique ! Même si je l'ai loupé lors de sa sortie de sa sortie, j'avais de grosses attentes... peut-être un peu trop ! C'est ici l'histoire de Linda qui travaille dans une grosse boite dont le patron est un connard. Lors d'un voyage d'affaire, ils sont victimes d'un accident et échouent sur une île déserte. Les rapports de force vont alors bientôt s'inverser. Le film, ou du moins son sujet, n'est pas sans rappeler "Vers un destin insolite sur les flots bleus de l'été", bien que les thématiques et le contexte soient très différents, et donc, par extension, le remake tout pourri de Guy Ritchie, "À la dérive". Dans ces deux films, il est en effet question de rapports de pouvoir inversés ; le dominant devenant le dominé une fois sur l'île. Et ici, c'est plus ou moins la même chose, le contexte italien des années 70 en moins et l'aspect féministe en plus. Puisqu'ici, c'est la femme qui prend les initiatives une fois sur l'île. Et le début est particulièrement jouissif, on voit cet homme arriviste et antipathique à qui on ne pouvait rien refuser dans son petit cocon capitaliste, soudain dépossédé de ses moyens, en étant réduit à quémander de l'eau à genoux à la femme dont il se moquait quelques heures plus tôt. spoiler: Et puis ensuite, le film stagne un peu, les personnages apprennent à se connaitre, se disputent sur un ton humoristique assumé ; on est d'un coup dans "Six jours, sept nuits". Puis, le film repart ensuite dans l'autre sens pour nous montrer deux personnages finalement atroces, aussi bien que l'autre prêts à tout pour arriver à leur fin.
Et j'avoue que ça m'a un peu perdu, je me suis souvent demandé ce que le film cherchait vraiment à me raconter et où il cherchait à m'emmener. Une allégorie de l'american dream où il faut violemment monter les échelons pour arriver à ses fins ? Simplement montrer des personnages paumés chacun dans leur délire ? Une simple comédie noire ? Tout ça à la fois ? spoiler: Le fait de ne s'attacher au final à aucun des personnages a au moins le mérite de sortir des sentiers battus en étant imprévisible mais ça déstabilise également le spectateur, rendant l'ensemble presque confus ; c'est du moins mon impression. Et ainsi, si j'ai apprécié "Send Help" de par son audace et son propos sur les rapports de force, il m'a également un peu déçu de par la tournure que prennent les évènements.
Send Help, Linda et Bradley sont bien traités, leur colère renforce leur alchimie. L'instinct de survie amplifient les enjeux émotionnels. Les dialogues renforcent les traits des personnages. La capacité de survit de Linda est bien développé, ce qui le rend cohérent. Ça améliore sa perception des choses. L'horreur manque de subtilité, nuance. C'est mal fait. Ça manque de réalisme. Et ça surprend au mauvais moment. Sans tension. On voit pas assez Linda avoir peur, ce qui réduit tout la profondeur psychologique du personnage. La manière dont Linda laisse la femme de Bradley manque de traitement, c'est pas assez approfondies. Le climax manque de tension, puissance. Help : Send Help est pas mal avec un instinct de survie.
Alors moi j'ai adoré ! Une situation qui fait un peu penser à Sans filtre, où les rôles et les rangs des personnages s'inversent socialement parlant. Mais comme le patron ne l'accepte pas, ça tourne mal. Pour lui mais aussi pour elle ! C'est gore, c'est drôle, c'est plein de tension, c'est Raimi et moi j'ai trouvé ça vraiment plaisant !
la nana au départ est mal fringuée mal ceci mal cela.. on ne peut que la détester... une boite avec des cadres qui ne pensent qu'avec leur intérêt... ca bricole pas la scène avec le sanglier et très bonne ! mais le pire est terrible ensuite...
Jubilatoire, dans un rythme effréné, Sam Raimi renoue avec son premier amour, la comédie horrifique, où chaque scène et plan millimétré s'enchainent sans répit dans un cadre idyllique. Seule ombre au soleil, le scénario reste basique.
Après ses escapades chez Marvel, quel bonheur de retrouver Sam Raimi dans ce qu'il fait de mieux : l'épouvante psychologique mâtinée d'humour noir. Avec Send Help, le cinéaste prend un malin plaisir à dynamiter les codes du "survival" hollywoodien.
Une mise en scène au scalpel La réalisation est, sans surprise, impeccable. Raimi a "de la bouteille" et ça se voit à chaque plan. Il transforme une île déserte en un huis clos étouffant grâce à une caméra mobile, presque prédatrice, qui souligne l'instabilité mentale de ses protagonistes. On sent une maîtrise totale du cadre qui rend chaque ressource rare et chaque échange de regard dangereux.
L'anti-romance absolue Le coup de génie réside dans le traitement des personnages. Là où n'importe quel autre réalisateur aurait cédé à la facilité d'un rapprochement héroïque, Raimi choisit la voie du mépris persistant. On souffre pour le personnage de Rachel McAdams, méprisée jusqu'au bout, dont la solitude devient totale lorsqu'elle finit par avoir du sang sur les mains. C'est une vision de la nature humaine d'un cynisme rafraîchissant : le traumatisme ne répare pas tout, il peut aussi exacerber la mesquinerie.
Le duo de choc Enfin, impossible de ne pas souligner la partition de Danny Elfman. Sa musique est d'un dosage exemplaire : discrète quand le silence de l'île doit peser, elle se fait grinçante et ironique pour accompagner la déchéance morale des naufragés. C'est le complément parfait à la "Raimi Touch".
En résumé : Un film simple sur le papier, mais d'une exécution chirurgicale. Une leçon de cinéma de genre qui refuse les fins "feel-good" pour nous laisser avec un goût de sel et de sang dans la bouche. À voir absolument.