Disco Afrika est le premier film malgache, réalisé par un cinéaste local, Luck Razanajaona, à accéder à un grand festival international, en l'occurrence la Berlinale ((il a aussi été présenté à Marrakech et à Toronto, entre autres). Un événement pour un film qui a bénéficié de plusieurs coproductions étrangères , au service d'un récit actuel des maux de l'île rouge, récurrents depuis plusieurs décennies, à commencer par la corruption généralisée, l'inflation, la violence de l’État pour réprimer les révoltes du peuple. Le héros de cette histoire malgache est un garçon fier qui a perdu son père des années plus tôt, à la suite d"émeutes, et qui revient dans sa ville natale de Tamatave où vivent toujours sa mère et le meilleur ami de son père. Une intrigue simple, joliment mise en lumière et accompagnée d'une musique entêtante, qui résonne comme un récit d'apprentissage tout autant qu'un portrait d'un pays qui ne parvient pas à sortir de chaos. La jeunesse, seule, peut représenter un espoir pour l'avenir mais le chemin sera long et escarpé.
Kwamé, un jeune malgache parti prospecter des saphirs, revient chez lui à Tamatave, avec la dépouille de son ami, tué par les militaires. Il retrouve sa mère qui accepte enfin de lui parler de son père, mystérieusement disparu quand Kwamé était encore enfant. Alors qu’il mène l’enquête sur les causes de son décès, Kwamé est entraîné par Idi, un ami d’enfance, dans un trafic lucratif.
Les films qui nous viennent de Madagascar sont trop rares pour être ignorés. J’avais vu en 2005 "Mahaleo", un documentaire musical, et j’ai bêtement cru que "Disco Afrika" en serait un lui aussi. Or il n’en est rien. Disco Afrika est un film de fiction dont le titre renvoie au passé du père de Kwamé, chanteur et bassiste d’un petit groupe de musique.
Le titre, décidément piégeux de ce film, n’est pas son seul handicap. La direction d’acteurs est trop lâche. Si le personnage principal, interprété par Parista Sambo, sort son épingle du jeu, les rôles secondaires sont caricaturaux : la mère éplorée, le père de substitution, le petit malfrat aux cheveux calamistrés…. Le scénario aussi est bien faiblard, qui retarde d’une bonne demi-heure le début de l’histoire alors que le film pourtant ne dure qu’une heure vingt à peine. Enfin la mise en scène manque de rythme, ce qui se ressent dans les scènes d’action.
Restent néanmoins cette langue malgache aux sonorités si étonnantes, une BOF très riche et des paysages exotiques et délicieusement dépaysants.
À Madagascar, Kwame, 20 ans, est chassé des mines clandestines où il travaille et retrouve sa ville natale. Le fantôme de son passé ressurgit, avec son lot de drames, de secrets et de blessures dans un pays meurtri par la corruption, et les règlements de comptes. Pour gagner sa vie, il rejoint une usine portuaire où il retrouve d’anciennes connaissances et où un dilemme s’impose à lui : jouer solitaire ou collectif. Un éveil politique et fraternel express pour le jeune homme. Un film magnifique sur la fougue de la jeunesse, sur la volonté collective, et sur l’histoire politique de Madagascar.
Tellement heureux que ce film sorte enfin sur les écrans français après avoir circulé à Madagascar, au Kenya, en Afrique francophone, au Royaume-Uni mais aussi en Allemagne, en Autriche et au Luxembourg ! Notre communauté a de la chance que le réalisateur fasse le déplacement, j'espère que tout le monde sera inspiré par ce récit initiatique transporté par une magnifique bande-son des années 1970.
Vu au Kenya, un film sur cette jeunesse désoeuvrée du fait de l'exploitation (coloniale et capitaliste) à l'oeuvre à Madagascar. Très bonne bande originale, comme on pouvait l'attendre du titre. Le disco est historiquement une musique de révolte dans la culture noire, cette transmission de la lutte entre le père musicien et le fils se passera-t-elle ?
Foncez le voir! Une histoire qui fait écho de manière presque troublante avec les évènements actuels a Madagascar en septembre 2025.
Il y a certes parfois un peu de manque de rythme d'où l'étoile en moins, le jeu d'acteur très cohérent au vu des conditions du monde cinématographique sur place, la beauté de certains plan, la bande originale et surtout le scénario qui tient avec précision les plus gros enjeux ( et maux malheureusement) de la société actuelle. Ce film vaut largement le détour. Bravo
Au vu du contexte de sa sortie, le film est excellent à regarder ! Il a su ouvrir les yeux sur les choses essentielles qu’on vit à Mada tel que la pauvreté, le chômage en soit il est question de l’avenir de la jeunesse finalement ! Bravo !
Fim vu en avant première à Madagascar. L'existence de ce film est un tour de force et une preuve d'opiniatreté tant les obstacles ont été nombreux. Au final c'est un pari largement réussi : belle photo, scénario bien construit et prenant et parfaite interprétation de l'acteur principal. Et bien sûr c'est une occasion unique d'ouvrir une fenêtre sur Madagascar : le quotidien, les difficultés, les troubles mais aussi les rites, la langue, et les personnalités malgaches. A voir dès que vous le pouvez car voir en salle une fiction malgache est une occasion rare !