Incroyable Richard Linklater, il retranscrit parfaitement les personnages clé de la nouvelle vague avec leur ton hautain et prétentieux, surtout l'imbuvable Godard. Richard Linklater se confirme peu à peu comme le Woody Allen de notre époque.
J'ai tout aimé dans ce film, la réalisation, le casting, le scénario, vraiment quelle fraicheur alors que faire un film sur Godart c'est pas très moderne, c'est plus un film sur le cinéma d'ailleurs, c'est un bel hommage, à montrer à un public vieux pour qu'il comprenne, à montrer à un public plus âgé pour qu'il se rappelle ...
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3,5
Publiée le 11 décembre 2025
« La meilleure façon de critiquer un film est de faire un film. » Critique cinéma pour les "Cahiers du cinéma", Jean-Luc Godard décide de franchir le pas et de réaliser son premier film. Un peu tard pour lui, car tous ses collègues et amis sont déjà passés derrière la caméra, mais il est enfin décidé à assouvir ce besoin. Richard Linklater nous fait donc vivre le tournage de "À bout de souffle" tout en portant un regard sur cette époque si importante dans l'histoire du cinéma français. Les plus grands sont incarnés, mais c'est évidemment le futur célèbre cinéaste qui tire son épingle du jeu. On découvre un homme qui sait s'y prendre pour obtenir ce qu'il veut. Ça commence avec le producteur qui s'engage à l'aveugle au même titre que les acteurs découvrent les choses au fur et à mesure. Il y a parfois de l'exaspération chez chacun d'eux, mais c'est surtout l'énergie collective qui prend le dessus. On a l'impression de voir des potes faire un petit film et c'est le cas. Un tournage atypique placé sous le signe de la liberté créative et de la spontanéité. Pas de répétitions, des prises uniques la plupart du temps et un désintérêt pour les faux raccords. On comprend en le voyant à l'œuvre pourquoi ils étaient tous en panique. Son je-m'en-foutisme, qui est surtout dans la confiance en soi, est amusant et le film est d'ailleurs très drôle, ce à quoi je ne m'attendais pas. Bref, un film fascinant et très bien incarné notamment Guillaume Marbeck qui est excellent. Et bravo à Richard Linklater d'avoir respecté la langue d'origine.
film assez caricarural. je trouve qu’il sonne faux comme beaucoup de biopics. ce ne sont pas des dialogues. C’est un catalogue de citations de JLG. Aucun personnage n’est vraiment incarné. Bravo à l’image et aux effets spéciaux numérique exeptionnels.
Film frais et vivant, à la mise en scène fine et on plonge avec plaisir dans cette époque créatrice à la base d'un tournant qui continue de marquer la cinématographie mondiale et d'inspirer les ré du monde entier. Belle idée de film ce making-off d'A bout de souffle. Une vraie belle réussite !
Comment Linklater peut se dire qu'il va rendre hommage à quelqu'un d'aussi débridé, fou, créatif que Godard en faisant le film le plus plan plan qui soit ? Le tout empestant le formol tant ça sent la reconstitution, la singerie, la décalque, le clin d’œil lourdingue, mais jamais la moindre idée de cinéma. Parce que Guillaume Marbeck qui imite JLG il faut se le taper pendant quasiment deux heures... JLG dont le propre n'était pas d'imiter... Ce film est un concours d'anecdotes sur Godard, une sorte de best of... Godard savait marcher sur les mains, Godard marche sur les mains dans le film... Godard fait des citations... Godard ne parlera qu'en citation... Chaque scène, chaque dialogue font penser à un truc qu'il a pu dire en interview... C'est épuisant. On a des films carte postale sur Paris et bien là on a un film carte postale sur Godard. Je suis persuadé qu'il aurait détesté.
Je ne vois pas comment on peut aimer Godard, ce qu'il représente et aimer ce film... à l'inverse ceux qui n'aiment pas Godard, comme pour le Redoutable, risquent d'adorer, tant c'est à l'opposé de ce qu'il faisait.
Reconnaissons quand même à Linkltater d'avoir fait un film un peu moins de droite que le Hazanabidus, puisqu'il n'essaye pas d'expliquer que Godard est devenu trop politique, trop engagé que c'était mieux avant lorsqu'il était plus consensuel. Mais en même temps Linklater fait un film sur la partie la plus consensuelle de sa carrière...
Outre l'extrême vacuité du film, on ne voit jamais en quoi le cinéma de Godard est censé être génial, la figure de Godard est assez dérangeante tant c'est juste un cliché d'artiste fou un brin attachant dans sa folie... Ils n'ont pas osé le rendre antipathique, c'est lisse. C'est juste un film joyeux sur un tournage, avec une farandole de caméo pour que le cinéphile se dise : ah trop bien on voit Rohmer 2s en arrière plan. Personnellement j'appelle ça de l'anti cinéma.
Je ne comprends pas le projet. Si c'est un hommage, c'est raté, si c'est pour donner aux gens envie de voir du Godard, c'est raté tant c'est l'opposé de ce qu'est le cinéma de Godard...
En plus on tente artificiellement de créer du conflit avec l'actrice, avec le producteur, sans que ça ne soit jamais réellement exploité. On dirait que Linklater s'est dit que dans un bon scénario il y a forcément des opposants qui empêchent le héros d'accomplir sa quête, donc voilà, on va en mettre un peu... Sauf qu'il n'en fait rien, c'est jamais exploité... C'est rien...
C'est donc juste une succession de scènes de tournage, où les gens se moquent un peu, mais toujours gentiment, du génie de Godard... Mais ça ne dit rien sur la création artistique, sur la vision qu'avait Godard du cinéma... Et je suis désolé mais voir les amis de Godard le réconforter et lui dire qu'on peut faire quelque chose de révolutionnaire au montage, comme s'il ne le savait pas, ça me déprime profondément.
On est sur un film, bien gentil, bien sage, qui ne déborde pas de sa case commerciale de petite comédie branchouille pour cinéphiles de 14 ans. C'est triste. Bref je n'aime pas Linklater, le mec a des idées en or, mais n'en fait jamais rien, il se vautre systématiquement dans l'exécution par manque de talent, d'audace et par conformisme là où il fallait de la folie.
Un film comme un autre donc pour Linklater...
Pour s'en rendre compte il suffit de voir le dernier film de Godard sorti fin d'année dernière et de comparer avec ça...
Bravo à Richard Linklater qui a su rendre l'esprit libertaire et fatétieux de l'époque avec des interprètes amoureux des personnages du film de Godard. J'ai vraiment passé un bon moment en leur compagnie en me disant que peut-être on pourrait vivre un tel moment de renouveau pour le cinéma qui en a grand besoin. Après tout c'est déjà arrivé au tournant des années 20 où une bande de critiques, vexcés devant les succès du cinéma allemand de l'époque, avaient magnifiquement relancé le cinéma français (Marcel L'Herbier en tête).
Film documentaire dans sa forme tourné en noir et blanc a chaque apparition d'un nouveau personnage son nom apparait a l'écran. A la fois les limites et le charme de ce film.
Charme car au travers du choix du noir et blanc et la grande qualité de celui-ci, les plans sont parfaits on est donc pris par la reconstitution historique. Limites car les intervenants les uns après les autres sont glorifiés le film frôle l'apologie.
Film documentaire ou film de propagande? Pas la réponse mais un film qui se laisse voir sans déplaisir surtout si on aime le noir et blanc et que l'on a peut être un certain âge...
Voilà une sympathique petite comédie sur l’histoire de La nouvelle vague, mouvement cinématographique qui, dans les années 60, vit arriver une flopée de nouveaux réalisateurs (Truffaut, Chabrol, Godard) et avec eux de nouvelles manières de faire des films. Ici le film se concentre sur le tournage du film “A bout de souffle� du controversé Jean-Luc Godard, dont l’élocution et le sourire sont repris à la perfection par Guillaume Marbeck. La ressemblance entre Aubry Dullin et Belmondo est également saisissante, et il en va de même pour tout le casting, uniquement composé d’acteurs peu connus sélectionnés pour leur ressemblance avec les personnages qu’ils incarnent. Afin de coller à l’ambiance des choix pertinents sont faits comme le noir et blanc, les taches sur l’écran, un certain style BD avec l’apparition des noms des personnages et la numérotation des jours de tournage. Quelque chose qui déroute est un certain aspect “Jeux d’acteurs et dialogues mauvais� par moment, probablement dû au fait que le réalisateur, Richard Linklater, soit américain et donc ait pu éprouver quelques difficultés à mettre en scène un tournage français, les cinémas français et américain étant deux mondes différents. Intéressant choix de musique aussi, mélangeant l’esprit de l’époque (Jazz, Dalida) et quelques thèmes musicaux de La nouvelle vague (“Les quatre cent coups� notamment). Pour ce qui est du film “A bout de souffle�, que je venais tout juste de voir (c’est donc un délice de voir comment ils ont tourné chaque scène, leurs souvenirs encore très frais dans ma tête) on trouve certaines pistes d’explication à cet ovni devenu un classique du cinéma français : une recherche d’anarchisme moral, de réalité/naturel/authenticité capturé sans artifices (Godard ne voulait pas que les acteurs apprennent leurs textes et annulait les horaires de tournage à tout bout de champs quand il ne se sentait pas inspiré), de dynamisme (les coupures), de suprématie de la forme sur le fond. Le personnage de Godard est montré comme profondément extravagant, toujours en décalage avec les autres (cigarettes, lunettes noires, seul à porter une cravate dans certaines scènes), tout en débordant d’humour et de bonne humeur envers ses acteurs qu’il n’hésite pas à taquiner à sa manière très spéciale. L’humour est présent partout dans le film par de légers gags, des détails amusants, des répliques savoureuses, une bonne humeur générale, qui contribue à mettre en scène une jeunesse tardive chez les acteurs de la Nouvelle Vague. Enfin, pour ce qui est des gens qui veulent faire des films plus tard, le film donne une idée intéressante de la démarche de chacun sur les tournages, des idées amusantes comme le chariot-caméra qui permet de gagner des figurants gratuits et authentiques, en bref le film possède un véritable côté tutoriel, ainsi qu’une riche galerie de citations en tout genre sur l’art (souvent humoristiques).
Le « Nouvelle Vague » de Richard Linklater est un film assez chiant, comme tous les mauvais biopics... Il pompe tout d'« A bout de souffle », dont 10 minutes de film contiennent bien plus d'idées de cinéma que dans tout le long métrage de Linklater. Dommage de rendre hommage à un film révolutionnaire à travers un résultat aussi convenu. Tout est très lisse sur le fond et la forme, comme dans tout long métrage hollywoodien contemporain. Un bon cliché de carte postale de ce que fut la Nouvelle Vague.
Néanmoins je ne peux pas haïr ce film. Déjà car l'hommage est sincère. Ensuite car on rit pas mal, notamment de Jean-Luc Godard, génialement horripilant, très probablement égal au personnage qu'il fut dans la vraie vie. Je dois dire que Guillaume Marbeck est très bon en JLG. Il restitue bien son intonation de voix et son phrasé, si reconnaissables... et si énervants haha... Zoey Deutch est plutôt bien en Jean Seberg. Si Aubry Dullin fait illusion en Jean-Paul Belmondo au début, bien assez vite il se révèle agaçant en surjouant, trop dans le pastiche à côté de la plaque, Belmondo étant de toute façon inimitable. Je me suis toujours demandé pourquoi ils n'ont pas fait jouer Victor Belmondo pour ce rôle... Outre la ressemblance physique avec son grand-père, ça aurait eu davantage de sens... Il semble qu’il ait candidaté pour le film mais que Richard Linklater ne l’ait pas retenu. Vu le résultat du film, je me dis que ce n’est peut-être pas plus mal pour Victor de ne pas s’être embarqué dans cette galère.
Le « Nouvelle Vague » de Linklater est aussi un long métrage sur un film en train de se faire, restituant en partie l'énergie et l'ingénuité d'un tournage : en cela il est réjouissant. Au point de donner envie de tourner son propre film ! On sent que le cinéaste américain, malgré une carrière assez longue derrière lui, reste passionné. Ça fait plaisir à voir ! Malgré tout, son film est un peu trop empesé et enfermé dans le carcan d'un mimétisme avec ce qu'a semblé être le tournage d'« A bout de souffle » pour nous emporter totalement. L'essai est sympathique, mais n'est pas transformé. A la fin du film, on veut juste revoir le film original de Godard. Signe du semi-échec de Linklater : il donnera envie aux jeunes (ou moins jeunes) spectateurs de revoir la filmographie du réalisateur français, ce qui est plutôt une bonne chose (même si celle-ci est très inégale, soit dit en passant). Mais jamais Richard Linklater n'arrive à justifier l'existence de son film. Comme bien souvent, l'original est mille fois préférable à la copie...
Et puis c'est quoi cette manie de faire des films sur les grands chefs-d'œuvre du cinéma, pour mieux les vampiriser... Après le « Mank » tout aussi raté de David Fincher sur « Citizen Kane », et ce « Nouvelle Vague », à quoi va-t-on avoir le droit ? Un film sur « Casablanca » ? Un autre sur « La Dolce Vita », avec des pseudo sosies de Marcello Mastroianni et Anita Ekberg ? Et on rejouera la scène de la Fontaine de Trevi ? Ah, on me dit dans l'oreillette que Christophe Honoré l'a déjà fait... C'est donc bien une mode actuelle...
Déjà, ces grands chefs-d’œuvre se suffisent à eux-mêmes, en montrer les coulisses aussi platement, ça n'a rien d'intéressant. Si Linklater et compagnie n'ont rien à dire de plus que ce qui est déjà dans ces films, alors qu'ils s'effacent sans amoindrir les œuvres d'origine avec leur vision étriquée... Et puis quand le cinéma se regarde le nombril à ce point, c'est le signe qu'il ne va plus très bien... Quand les copieurs pullulent aux dépens des artistes, ça n'est pas bon signe... Je suis un peu dur avec Richard Linklater, qui a l'air très sympathique et francophile. Mais s'il veut rendre hommage à la France et à la Nouvelle Vague, qu'il fasse plutôt des films personnels, qu'il crée de vraies œuvres originales, pleines de vie et d'imagination ! C'est ça l'esprit de la Nouvelle Vague !
Muséification. Dans Nouvelle Vague, Linklater reconstitue le tournage du premier film de Jean-Luc Godard « A bout de souffle ». Le film part de l’année ou Truffaut reçoit son prix à Cannes pour « Les 400 coups » et se clôt en 1960 au terme du montage quand le réalisateur genevois présente son film à son producteur et à Chabrol et Truffaut. On imagine que ce film est destiné au cinéphile soucieux de connaître les conditions matérielles et humaines de la création d’un « chef d’œuvre » et plus largement à un public amoureux du cinéma d’auteur. Le projet était intéressant, tourner, comme Truffaut, l’avait fait dans « La Nuit américaine », un film dans le film. Le résultat tutoie hélas le grotesque. Dans un Paris de carte postale, aseptisé au possible, on suit pas à pas les 20 jours du tournage et le créateur dans ses affres. Les acteurs, véritables copies des originaux, singent leurs glorieux anciens, dans un cirque, la Piste aux étoiles, d’une platitude incroyable d’où sourd un ennui incoercible. Les clichés s’égrènent — ah le Paris de Greco, ah le génie de Godard, ah Rossellini, Melville (et son chapeau) et Bresson — dans un noir et blanc d’école digne d’un clip publicitaire pour Chanel. Linklater n’est pas à bout de souffle car son film n’en a jamais eu. Tout est compassé et sentencieux. Godard pontifie, Belmondo grimace, Seberg cabotine, Chabrol fume sa pipe, Truffaut trompe sa femme. Tout est momifié, même la prétendue révolte esthétique et politique à l’origine du mouvement. Guerre d’Algérie, pas un mot. Gaullisme pas un mot. Politique pas un mot. Ce film chic est complètement hors sol et curieusement éteint. Avec un paradoxe qui, tels les messages à Ethan Hunt aux commencements des Missions impossibles, l’autodétruit progressivement : comment célébrer une œuvre qui se proposait d’incarner sur le plan formel et existentiel une révolte contre la société de l’époque de la manière la plus académique et conformiste qui soit. Le seul intérêt du film réside dans l’envie qu’il peut susciter de voir ou de revoir « A bout de souffle ». Pour se rendre compte d’abord que le peignoir de bain de Leonardo Di Caprio dans « A battle after another » vient directement d’A bout de souffle, mais peut-être que ce chef d’œuvre autoproclamé est surfait, et que son réalisateur n’est rien d’autre qu’un demi-habile, qui plus est antipathique, sentencieux, dilettante et creux. Opportuniste aussi puisqu’il épousera la mode maoïste pour devenir selon Debord, « le plus con des Suisses prochinois » et rompra ses relations avec Truffaut plus tard de manière odieuse.
Richard Linklater (Boyhood, Apollo 10 ½...) rend un formidable hommage à la Nouvelle Vague et à Jean-Luc Godard, à travers un biopic plutôt original. Un film drôle, léger, extrêmement bien documenté, bourré de clins d’œil et de références, dans lequel il raconte le tournage mouvementé et parfois lunaire de À bout de souffle en 1959.
Un moment clé pour le cinéma, montrant la naissance d’un nouveau genre porté par des jeunes gens désireux de casser les codes en vigueur et de révolutionner un univers qu’ils trouvaient poussiéreux. Fidèle à celui qui l’a inspiré, Linklater nous montre combien cette fin des années 50 fut importante pour le cinéma français, et combien Godard, par sa non-méthode de travail mais aussi par ses principes, était autant une curiosité qu’un artiste en devenir.
Pour l’accompagner, Linklater a réuni autour de lui une ribambelle de jeunes comédiens - mention spéciale à Zoey Deutch épatante dans le rôle de Jean Seberg, incarnant des figures mythiques telles que Belmondo, Godard, Truffaut, Chabrol, Rissient, le chef opérateur Raoul Coutard ou encore le producteur Georges de Beauregard. Tous jouant avec une légèreté et un bonheur contagieux ces icônes du cinéma, cette bande d’amis incroyable.
Nouvelle Vague est un film pétillant, réjouissant, que l’on regarde le sourire aux lèvres, épaté par la spontanéité, la joie et l’insouciance avec lesquelles les personnages s’ébattent autour d’un film bricolé au jour le jour, auquel personne ne croyait, et qui deviendra pourtant une référence du septième art... tout comme son auteur, JLG, personnage unique en son genre, figure lunaire, intellectuelle, fidèle à ses principes, auxquels il dérogera rarement tout au long de sa carrière. /